‹ L'enfant perdu et retrouvé ou Pierre Cholet [microforme]Chapitre 2 sur 26 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

dignes de confiance, qui habitaient dans le voisinage de M. Hyacinthe Cholet, lors de l'enlèvement ; leurs réponses sont venus confirmer les dires de notre héros. Je donne ces lettres dans leur simplicité charmante.

M. HYACINTHE CHOLET :—-" Je, soussigné, “ Hyacinthe Cholet, père de Pierre Cholet, “ enfant perdu et retrouvé, certifie que le 7 “ juillet 1845, un vendredi après-midi, mes . “ deux fils Pierre et Toussaint, avec Pierre “ Doucet, le petit garçon de mon voisin, ont “ disparu de la maison, à mon insu, après le “ passage d’un colporteur, qui, je crois, leur “ avait jeté un sort. Aussitôt on se mit à # leur recherche, avec l’aide des voisins. On “ chercha partout, et ce fut sans succès. Le “ dimanche suivant, M. Robert, alors curé “ de St-Polycarpe, ne dit qu'une basse ‘ messe, et il recommanda à ses paroissiens ‘ d'aller à la recherche des enfants perdus “ Au-delà de cinq cents personnes se mi- “rent à battre les bois. De temps à autre, on “entendait le son triste de la cloche qui “ nous servait de boussole dans la forêt, “ pour nous empêcher de nous égarer nous- “ mêmes. Les recherches furent poussées “jusqu'à Beauharnois et Châteauguay du- “ rant quinze jours consécutifs, mais toujours “ sans résultat. On finit par désespérer de “ réussir, c’est alors qu’une mer d’amertume “ s’abattit sur nous. Trente-cinq ans après, “ Pierre était retrouvé, en septembre 1880.

“ En foi de quoi, j'ai déposé ma signature.”

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MME ANTOINE DOUCET, mère de Pierre Doucet, enlevé à l’âge de six ans, en même temps que Pierre Cholet, son petit cousin :

“ Je certifie que mon fils Pierre s’est perdu “ dans les mêmes circonstances, et a été “ cherché avec les mêmes soins, qui sont “ racontés dans la lettre de M. Hyacinthe “ Cholet, dont on vient de me faire la lec- “ture. [nutile d'essayer à vous dépeindre “ ma douleur, lorsque ce malheur vint me “ frapper ; je demeurai inconsolable pendant “trente-cinq ans. Cela m'a soulagé d’ap- “ prendre, de la bouche de M. Pierre Cholet, “ comment mon pauvre enfant était mort.”

M. Isate HAMELIN : “Je suis un de ceux “ qui ont cherché, lorsque les enfants se “ sont perdus. Ils ont manqué dans l’après- “ midi. Aussitôt que j’eus appris la nouvelle “ de leur disparition, je me suis mis à leur “recherche avec les parents. Le monde venait. ‘“ pour chercher, de tous bords et de tous “ côtés. Le bois était grand dans ce temps-là. “ Nous nous mettions les uns à côté des au- ‘tres, à une distance d'environ cinq pieds ; “ puis, ainsi disposés, nous traversions le “ bois. Quelques-uns avaient des fusils, ils “en tiraient de temps en temps. D’autres ‘“ avaient emporté des porte-voix. On n’en- ‘““tendait qu'un cri toute la journée, et la “ nuit de même. On allumait des petits feux, “ d'endroit en endroit. On traversait le bois “ d’un rang à l’autre. L'heure des repas arri- “ vée, on mangeait aux maisons des habi-

PRÉFACE xt

“ {ants, là où on se trouvait ; aussitôt le repas # fini, on repartait sur un autre bord, et cela ‘“ pendant 15 jours. Si j'ai bonne mémoire, # voilà quarante-deux ans que ce malheur “ est arrivé ; j'ai trouvé cela si triste, que je “ ne l’ai pas oublié.”

MME IsaiE HAaMErxuN, Sophie Cédilot :

‘“ Quand les petits enfants se sont perdus, je “ restais chez le voisin de M. Hyacinthe “ Cholet ; je les ai vus élever tout le temps *“ qu'ils ont demeuré avec leurs parents. Ils “ ont manqué dans l'après-midi ; leurs mères “ pensaient qu'ils étaient allés aux fraises. “ Il était passé un petit marchand dans la “ journée, et la mère Cholet avait marchandé ‘“ de la dentelle, sans en acheter ; le petit “ marchand s’est trouvé mécontent, il lui a “ dit : “ Tu te souviendras de moi.” D'abord “la mère ne fit pas de cas de l’absence de “ ses enfants ; mais quand le soir fut arrivé, “ comme ils n'étaient pas encore revenus, on “ commença à s'inquiéter. Antoine Doucet, ‘‘le père du petit Doucet qui s'est perdu “ avec les deux petits Cholet. m'a crié de sa “ maison : ‘ Les enfants sont-ils chez vous.” “ Je lui répondis que non. Ils avaient l'ha- “ bitude de venir presque tous les jours. On “ commença à les chercher de voisin en voi- “ sin, personne ne les avait vus. Antoine “ Doucet alla voir chez son frère Pierre “ Doucat, à la Rivière - à - Delile, pensant “qu'ils auraient pu se rendre jusque là ; il “ revint seul. Les deux mères fondaient en

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