‹ L'enfant perdu et retrouvé ou Pierre Cholet [microforme]Chapitre 3 sur 26 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

‘ larmes, et se lamentaient beaucoup. Nous “ sommes partis avec les autres voisins, et “ on s’est mis à les chercher. Ce même soir, “tard dans la veillée, papa arriva du lac; “ en entrant il nous dit : ‘ Je ne sais pas ce “ qu'il y a dans la côte, tout le monde, ici et “ ]à, crie à tue-tête.” Nous lui apprîimes que “ les enfants étaient perdus.”

M. HoNORÉ LAUZON : ‘‘ Je, soussigné, cer- ‘“’tifie que, sur une recommandation du “ Révérend M. Roux, curé de St-Joseph des ‘ Cèdres, je suis parti de la dite paroisse “ pour venir chercher dans la paroisse de St- ‘“ Polycarpe, alors peu défrichée, les trois enfants qui avaient été perdus, Pierre “ Cholet, Toussaint Choiet et Pierre Doucet : ‘* c'était dans le mois de juillet 1845.”

M. AUGUSTIN BÉLANGER: “Je certifie ‘“ que j'ai marché moi-même à la recherche “ des enfants. J'ai entendu la cloche sonner “ la détresse : dans notre bande, nous n’étions “ pas moins de deux cents hommes. La der- “ nière fois que j'ai vu les enfants, le jour de “ leur disparition, ils étaient tous les trois “ dans le chemin, s'amusant à faire des petits “ fours dans le sable, Pierre Giroux était ‘“ avec moi.”

M. RoGEr DucKETT, maître de poste de Côteau-Station : ‘“ Je me souviens fort bien “ qu'en l’année 1845, il s’est perdu dans la un Gôte de Ste-Marie, paroisse de St-Poly- “ carpe, trois petits enfants du nom de “ Cholet et Doucet, que j'ai entendu sonner

PRÉFACE xHI

la cloche de la dite paroisse, appelant le monde, sans doute, à leur recherche : et que mon père a envoyé ses hommes chercher avec les autres.”

M. ANTOINE GiRoOUx : “ Je suis un ancien ‘qui n'ai jamais quitté la place, et je de- ‘* meure le quatrième voisin de M. Hyacinthe “ Cholet. Quand les enfants ont été perdus.

‘on s’est mis à chercher du côté du sud, ‘‘ puis on passa au nord de la côte. Au-des- “ sus de quatre cents personnes, marchant “en ligne de quatre pieds en quatre pieds, ‘ont pris part aux recherches pendant plus “ de quinze jours.”

Assez en fait de citations, je pourrais les multiplier à satiété. De ce qui précède, il ressort, je crois, jusqu'à l’évidence, que cette histoire n'est ni une fiction, ni un conte, ni une légende, ni même ce qu’on est convenu d'appeler un roman historique, mais bel et bien, dans toute ia force du terme, le récit exact d'événements réels, tels qu'ils se sont passés, sans fard ni couleurs. Je me suis fait un scrupule de ne rien ajouter à la vérité nue, de n’y rien retrancher. Je n'ai pas voulu demander des émotions à une imagination surexcitée ; le simple exposé de ces tristes aventures me paraissait suffisant pour attacher les esprits et toucher les cœurs.

J'ai laissé la parole au héros lui-même, me contentant de mettre de l’ordre et de la proportion dans ses développements, de donner à sa phrase la correction grammaticale. J'ai

XIV PRÉFAOE

cru devoir laisser dans sa bouche un certain nombre de mots canadiens, le lecteur me saura gré, je l'espère, de n'avoir pas fait disparaître du récit cette couleur locale, cette émanation du terroir laurentien ; seulement, pour l'intelligence des étrangers qui n'en saisiraient pas très bien la nuance, j'ai donné l'explication ou l’origine de ces expressions, dans de courtes notes au bas des pages.

Ami lecteur, sois-moi indulgent ; pour ta récréation, j'ai poussé avant dans la nuit plusieurs veillées sans sommeil. Si tu rencontre dans ces pages quelques fautes, ne soit pas trop sévère. Un auteur ame à se corriger sur les feuillets de son livre, au fur et à mesure qu'ils sortent de l'impression.

Or, quand le mien sera imprimé, je serai bien loin d'ici, parcourant, avec Mgr Lorrain, les forêts sauvages qui recouvrent la hauteur des terres, entre la Province de Québec et le territoire de la Baie d'Hudson.

Donné à St-Raphaël de l'Isle Bizard, ce 24 mai 1887, noces d'or de Victoria, reine de la Grande-Bretagne, fête encore plus solenuelle de Marie, reine des anges et des hommes : Auxtilium christianorum, ora pro nobis.

J. B. Prourx, Ptre.

ou

PiERRE CHOLET

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