‹ L'enfant perdu et retrouvé ou Pierre Cholet [microforme]Chapitre 6 sur 26 · COMMENT JE PASSAI LES ANNÉES DE MA CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

COMMENT JE PASSAI LES ANNÉES DE MA CAPTIVITÉ

SI Mon éducation.

Nous passâmes, mon frère et moi, no-

tre enfance à St-Malo. On nous plaça

chez un vieillard nommé Cottin ; c'était le frère du capitaine, mort sur mer, et l'oncle du Second, qui devint capitaine à la place de son père. Il restait en face des quais, un peu en dehors de la ville.

Nous passâmes chez lui huit ou neuf ans.

Il était assez bon pour nous ; mais se vieille était bien mauvaise.

M. Cottin faisait l’école à une vingtaine de petits garçons. Sept ou huit ap- | partenaient, comme nous, à la compagnie, et demeuraient dans sa maison ; les au- À tres étaient les enfants des officiers du | bord, ils habitaient à l'extérieur, et ils À ne venaient nous rejoindre que pour le à temps des classes. Nous étions gardés # à vue d'œil ; il ne nous était point per- à mis de sortir de la cour, où nous jouions, excepté pour aller sur les vaisseaux, quand il y en avait en rade; souvent!

nous prenions là nos repas et notre som-} meil. Pendant huit ans, il ne m'est arrivé!

que deux fois d'aller dans la ville, qui n’é-f tait qu'à trois pas, et encore sous ia garde du père Cottin. De loin en loin,i le capitaine venait nous voir, et s’informait de notre santé, de nos progrès.

A l’école, outre la lecture, j'appris un peu d'orthographe, d'arithmétique, de gé-# ographie, et mon catéchisme. Je fis mal première communion à bord d’un steamerk

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appartenant à ia compagnie, sur lequel se trouvait un chapelain ; il s'appelait M.

Arpin. Nous allions quelquefois à la messe sur le pont des navires, mais Jamais dans les églises de la ville. En réalité nous étions de petits prisonniers.

Nous savions déjà que nous avions été des enfants volés ; par certains mots, échappés par ci, par là, à nos surveillants, nous apprîmes que nos parents étaient du Canada ; cependant ni alors, ni plus tard, nous n’osâmes parler de ce sujet au capitaine, sachant que nous serions fort mal

VEnus,.

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