BAREAU
Voilà qui est raisonnable, mon ami. Et c'est ce que je disais tantôt à votre femme : il faut, en ces choses, être indulgent; l'amour ne se régente pas, et l'on doit comprendre toutes ses faiblesses, tous ses entraînements, et tout ce qu'on appelle ses fautes. Vous ne pouvez que pardonner.
DEBON, solennel.
Oh! mon cher, de grâce, pas de vos théories de morale facile. C'est une exception que je fais, sans pour cela reconnaître vos règles et abandonner mes principes. Vous savez ce que je pense à cet égard ; et Flore a failli. Mais je faiblis, que voulez-vous? c'est l'enfant de Louise, c'est donc un peu le mien aussi, et je n'ai pas le courage de condamner.
LOUISE
Pourtant, si nous pouvionb savoir qui? Elle ne veut pas dire, et je ne sais que penser.
DEBON, bonhomme.
Elle ne veut pas? Eh bien, il ne faut pas la torturer. Si elle ne dit pas, c'est proljablement qu'elle sait qu'il n'y a pas d'issue possible. Et peut-être, ma pauvre amie, cela vaut-il mieux : nous allons vieillir, et si Flore nous quittait, nous serions bien seuls. El puisque cet enfant va venir, mon Dieu ! acceptons-le, peut-ôlre nous donnera-l-il des joies qui compenseront la tristesse de sa naissance.
BAEEAU (ravi).
Mais qu'est-ce donc qui vous a transformé, mon cher? Comme vous voilà facilement raisonnable.
DEBON.
C'est probablement, mon ami, l'indulgence des grand'pères...