SCÈNE IX
Les Mêmes, CLAIRE.
CL AI II K , du fond.
Apres qui donc en avez-vous?
JUSTIN
C'est elle... ah ! mon Dieu!..
M"* THIÊRY.
C'est un pauvre diable à qui j’avons permis de passer la nuit à la ferme, et qui ne veut plus partir...
CLAIRE, en descendaut la scèuc.
Laissez-moi lui parler... (M** Tbiéry sort.)
* JUSTIN, à part.
De la pitié!..
CLAIRF..
Il est Jeune... il parait souffrant... (a Jusüu.) Si vous avez besoin de secours...
JUSTIN
Claire...
CLAIRE , surprise.
Vous savez mon nom? qui êtes-vous?..
Vous ne me reconnaissez pas?..
L’ENFANT PRODIGUE
CLAIRE
Ciel! Justin!..
JUSTIN , courbant la li'te.
Oui» Justin...
CLAIRE
Ce n’est pas une erreur! vous!
JUSTIN
Accablé de misère et de repentir... mais mon père! parta-moi de lui... il vit... oui! mon Dieu! je le remercie...
CLAIRE
Il est ici... „
JUSTIN
Ici ! ali ! le ciel n’a pas été sourd à mes prières!.. Pour m'attacher à la vie, il me fallait revoir mon père... il me fallait les souvenirs de mon enfance... il me fallait le pardon ! je viens l'implorer de tous ceux que j’ai offensés... ne me repoussez pas! si vous saviez combien j’ai souffert... mes torts sont expiés !.. si vous saviez ce qu'ils ont lait de moi, ces amis perfides I après m'avoir arraché de la maison paternelle, après m’avoir dévoré mes richesses,., ils m’ont trahi lâchement , ils ont détourné la télé à mon aspect! ils m'ont refusé le pain de la pitié la plus vulgaire!.. humilié... dépossédé... la rougeur sur le front , j’ai dù fuir...
Ata: t’»i une Grec.
Triste jouet tics hommes et du sort.
Loin de l’aris, j’ai caché ma misère,
Au Dieu dément, je demandais la mort.
Et son courroux m’attachait & la terre...
L’erreur toujours eufante le malheur!
Sans avenir... regrettant mon enfance...
Pas de repos, pas de bonheur...
ltien ne peut soulager le cœur,
Sans la paix de la conscience...
L'espoir nait de la conscience!
CLAIRE
Et vous n’étes point accouru? et vous avez douté de notre tendresse?..
JUSTIN
Mon cœur avait perdu la plus douce espérance... et puis la honte ! la boule... que vous dirai-je?., j'ai appelé à mon aide ma jeunesse... mon courage... ma fierté... j’ai voulu braver l'adversité, soutenir la misère... j’ai quitté ma patrie... j'ai voulu tromper mes regrets... endormir mes remords... mais la douleur a trahi mon espoir... je u'ai pu vivre et je n’ai pu mourir... alors, j’ai tourné les yeux de ce côté... j'ai tendu les bras vers mon père... et me voici !..
CLAIRE
Pauvre Justiu!..
JUSTIN
Ai* du &l de U Vierge.
Et vous que faisiez-vous pendaut ma longue ah-
(scuce ?
Chaque jour à son cœur, j’ai plaidé votre cause, Sans lui parler.
JUSTIN
Après des jours lieurcux , j’ai vu gronder l’orage.
CLAIRE
Cédons au sort.
JUSTIN
J’ai lutte vainement au milieu du naufrage!
CLAIRE
Voici le port.
JUSTIN
Partout, de ma douleur, j’ai dévoré la flamme ! CLAIRE.
Dieu vous entend !
Enfin, le repentir est entré dans votre âme?
JUSTIN
En vous voyant !
Ne m’abandonnez pas, Claire... ouvrez-moi le cœur et les bras de mon père...
CLAIRE, l'entraînant.
Venez, venez...
JUSTIN
Dans cet état, puis-je paraître devant lui sans rougir?..
claire.
Oui , oui... vous avez raison... il faut le préparer... une émotion brusque lui serait funeste..* altendez-moi... espérez... comptez sur votre amie... comptez sur votre sœur... (A M“* Thiéry. qui entre.) Ayez les plus grands égards pour ce jeune homme , il ne part plus...
(Elle sort vivement.)