‹ L'Enfer (volume 2)Chapitre 30 sur 40 · TA MO X · texte numérisé non relu

TA MO X

Siio cimiloro da questa parte hanno Con Epicuro tutti i suoi seguasi, Che r anima col corpo morta fanno.

Perù alla dimanda, che mi faci, Quinc' entro soddisfatto sarai tosto, Ed al disio ancor, che tu mi taci.

Ed io : buon Duca, non tegno nascosto A te mio cor, se non per dicer poco; Et tu m' hai non pur ora a ciô disposto.

0 Tosco, fche per la Città del foco Vivo ten vai cosi parlandi onesto , Piacciati di restare in questo loco.

La tua loquela ti fa manifesto Di quella nobil patria natio , Alla quai forse fui troppe molesto.

Subitamente questo suono uscio

D' una deir arche: perô m' accostai,

Temendo, un poco più al Duca mio.

Ed ei mi disse : voltigi , che fai?

Vedi là Farinata , che s' è dritto :

Dalla cintola in su tutto '1 vedrai.

cil A. M X. 155

Par ici sont couchés dans même scpiillurc Kpicure et tous ceux qui, suivant l^picuiv, Disent qu'avec le corps l'àme aussi doit mourir.

A ton désir ici tu pourras satisfaire,

Comme au vœu plus secret que lu voudrais me taire

Et qu'au fond de ton cœur je sais bien découvrir.»

— « Si je n'ai pas ouvert, maître, le cœur qui l'aime, C'est pour être plus bref en paroles; loi-mênie, Tout à l'heure, à parler tu ne m'engageais pas.»

— « 0 Toscan qui , vivant, dans la cité funeste T'avances en tenant ce langage modeste,

Un instant dans ce lieu daigne arrêter tes pas!

Ton langage te fait clairement reconnaître. C'est mon noble pays qui doit t'avoir vu naître, Cette patrie à qui j'ai dû sembler pesant.»

Ainsi retentissait au fond des catacombes

l ne voix qui soilait de l'une de ces tombes :

Je me serrai plus près de mon maître en tremblant.

— « Contre moi, » me dit-il , « quelle terreur le presse? Vois, c'est Farinata, son ombre (lui se dresse

De la ceinture au front, dans toute sa hauteur.»

lo avea già '1 mio viso nel suo fitto : Ed ei s' ergea col petto o con la Ironie, Corne avesse lo 'nferno in gran dispitto :

E r animose man del Duca e pronte Mi pinscr tra le sepolture a lui, Dicendo : le parole tue sien conte.

Tosto ch' al piè délia sua tomba fui, Guardommi un poco ; e poi , quasi sdegnoso , Mi dimando : clii fur gli niaggior tui?

lo, ch' era d' ubbidir disideroso, Non gliel celai, ma tutto gliele apersi; Ond' ei levô le ciglia un poco in soso.

Poi disse : fieramente furo avversi

A me , ed a miei primi, ed a mia parte;

Si che per due fiate gli dispersi.

S' ei fur cacciati, ei tornar d' ogni parte, Risposi lui, e V una e 1' altra fiata; Ma i vostri non apreser ben queir arte.

Allor surse alla vista scoperchiata

Un' ombra lungo questa infino al mento :

Credo che s' era inginocchion levata.

cil A M" X. 157

Sur cette ombre déjà ma vue était li\ée. De la tète et des reius elle s'était liaussée, Kt semblait dédaigner l'Enfer et sa douleur.

A travers les tombeaux, d'une main co^ilianle,

Mon guide nje poussa vers l'ombre impatiente :

(i \a, (lit-il, (jue tes mots soient comptés, si lu peux.»

A peine j'arrivais au pied du sarcophage, Abaissant un instant ses yeux sur mon visage :

— « Tes aïeux, (jucls sont-ils?» lit res4)rit dédaigneux.

Empressé d'obéir et de le satisfaire , Je répondis sans lien déguiser, ni rien taire. . Il me parut lever des yeux plus courroucés:

— «Ta race fut,» dit-il , «au sein de ma patrie. De moi-même et des miens l'implacable ennemie; Mais aussi par deux fois ce bras les a chassés (1). »

— « S'ils ont été chassés , les hommes de ma race,

i*ar deux fois, » répondis-je , « ils sont rentrés en masse : Les vôtres ont appris cet art moins bien que nous. »

In autre esprit sorlant de cette sépulture

Panil; on ne voyait de lui ([iie sa ligure;

Je crois bien (pi'il s'élait levé sni' ses genoux.

l]^ CAM'O X.

D' intorno mi guardù, corne talento Avesse di veder s' altri era rrieco; Ma, poi clic '1 suspicar fu tutto spento,

Piangendo disse : se per qiiesto cieco Carcere vai pcr altezza d' ingegno, Mio figlio ov' è, c perciic non è teco?

Ed io a lui : da me stesso non vegno : Colui, ch' attende là, per qui me mena, Forse cui Guido vostro ebbe a disdeguo.

Le sue parole, e 'l modo délia pena M' avevan di costui gia letto il nome; Pero fu la risposta cosi piena.

Di subito drizzato grido : come

Dicesti : egli ebbe? non viv' egli ancora?

Non fiere gli occhi suoi lo dolce lome?

Quando s' accorse d' alcuna dimora, Ch' io faceva dinanzi alla risposla.

Supin ricadde, e più non parve fuora.

Ma queir altro magnanimo, a cui posta Restato m' era, non mutô aspetto, Ne mosse collo, ne piegô sua costa :

rnAM X. I 59

Autour (le moi ses vimix avec iiKiuiétude Clieirliaient quelqu'un, et quand il eut la cerliludo Que celui <iu'ii aimait n'élait pas près de moi,

Il me (lit en pliMirant : « Si c'est par ton génie Que tu viens aux cachots d'éternelle agonie, Mon lils, où donc est-il? pounjuoi pas avec toi?»

— ((Je ne viens pas ici par moi-même, )> lui dis-je, 0 (lehii {jui m'attend là me mène et me dirige;

l'our (jui votre Guido peut-être eut peu d'amour (i!). »

Ses paroles autant que son genre de peine M'avaient fait deviner le nom de l'ombre humaine, l'^t j'avais répondu sans etloil ni détour.

— «Comment! » cria l'esprit, se dressant dans sa bière, « N'as-lu pas dit : il na'f Est-il mort? La lumière ^'éclaire-t-elle plus les regards de mon lils?»

Kt comme ma réponse à venir était lente , l/ombre accablée au fond de sa prison brûlante Tombait à la renverse, et plus ne la revis.

Mais cet autre héros de la tombe infernale Kt près de qui j'étais resté dans l'intevallc, 11 n'avait pas plié ni le cou ni le flanc:

{,{) CANÏO X.

E se, continuando al primo dctto,

Egli han quell' arte, disse, maie appresa,

Cio mi tormenta più che questo letto.

Ma non cinquanta volte fia raccesa La faccia délia Donna che qui regge, Che tu saprai quanto quell' arte pesa

E se tu mai nel dolce mondo regge, Dimmi : perché quel popolo è si empio Incontr' a' miei ciascuna sua legge?

Ond' io a lui : lo strazio, e '1 grande scempio, Che fece V Arbia colorata in rosso, Taie orazion fa far nel nostro tempio.

Poi ch' ebbe sospirando il capo scosso : A ciô non fu' io sol, disse, ne cerlo Senza cagion sarei con gli altri mosso;

Ma fu' io sol cola, dove sofferto

Fu per ciascun di torre via Fiorenza ,

Colui, che la difese a viso aperto.

Deh se riposi mai vostra semenza, Prega' io lui, solvetemi quel nodo, Che qui ha inviluppata mia sentenza.

— «Si,») (lit-il, relevant ma dernière parole,

« Les miens ont mal appris cet art à votre école, Tu me fais plus de mal que ce lit tout brûlant.

Mais avant que Fa reine Hécate, la fatale,

Ait pu cinquante fois rallumer son front paie ,

De cet art malaisé tu connaîtras le prix.

Et dis-moi qu'en retour tu vives au doux monde! D'où vient que contre moi la liaine est si profonde, Le peuple si cruel à tous les miens proscrits?»

Je répondis : « Le sang qu'a versé votre rage , Les flots de l'Arbia rouges de ce carnag»; Font maudire vous mort et les vôtres absents.

Alors en soupirant l'ombre pencha la tète :

— « .le n'étais i)as le seul à celte horrible fête, » Dit-il, «et n'y fus pas sans des motifs puissants.

Maïs je me montrais seul dans la même occurrence, Quand , chacun proposant de détruire Florence, Moi je la défendis, visage découvert. »

— M Dieu, » dis-je , « donne un jour la paix ù votre race! Défaites, je vous prie, un nœud qui m'embarrasse.

In doute dont je sens que j'ai l'esprit couvert.

E' par che voi veggiate, se ben odo, Dinanzi quoi che '1 tempo seco adduce, E nel présente tenete altro modo.

Noi veggiam , come quel ch' ha mala luce, Le cose, disse, che ne son lontano; Cotanlo ancor ne splende '1 sommo Duce :

Quando s' appressano, o son , tutto è vano Nostro 'ntelletto, e s' altri nol ci apporta, Nulla sapem di vostro stato umano.

Perô comprender puoi, che tutta morta Fia nostra conoscenza da quel punto, Che del futuro fia chiusa la porta.

Allor, come di mia colpa compunto,

Diss' io : ora direte a quel caduto,

Che '1 suo nato è coi vivi ancor congiunto.

E s' io fu' dianzi alla risposta muto, Fat' ei saper, che '1 fei, perché pensava Già neir error, che m' avete soluto.

E già '1 Maestro mio mi richiamava :

Porch' io pregai Io spirito più avaccio. Che mi dicesse, chi con lui si stava.

Il paraît, si j'ai bien entendu, (jiie d'avaiiee

\ons pouvez pénétrer du temps la chaîne immense,

Tandis que le présent reste voilé pour vous?»

— «Semblables au presbyte à la vue incertaine , Nous distinguons,» dil-il, (donle chose lointaine; C'est un dernier rayon que Dieu jette sur nous.

Ouand un événement s'approche ou (ju'il existe, \iiiuc. est cette clarté; si nul ne nous assiste, Nous ne savons plus rien de votre humanité.

Par ainsi ces lueurs à jamais seront mortes, Lorsque de l'avenir Dieu fermera les portes Et fixera le monde en son éternité (3). »

Lors je sentis ma faute et dis : «Faites connaître A celui que j'ai vu si vite disparaître, Que son fils est encore aux vivants réuni.

Si je restai muet au moment de répondre. Dites lui que déjà je me sentais confondre Sous ce doute qu'enfin vous avez éclairci. »

Comme je m'entendais rappeler par mon guide.

Très de Farinata j'insistai, plus avide,

Pour savoir quels étaient ses autres compagnons.

64 CAISTO X.

Dissemi : qui con più di mille giaccio : Qua entro ô lo secondo Federico , E '1 Cardinale, c degli allri mi taceio :

Indi s' ascose; ed io inver 1' antico

Poeta volsi i passi, ripensando

A quel parlar, che mi parea nemico.

Egli si mosse; e poi, cosi in andando, Mi disse : perché se' lu si smarrito?

Ed io gli soddisfeci al suo dimando.

La mente tua conservi quel ch' udito Hai contra te, mi comandô quel Saggio, Ed or altendi qui; e drizzô '1 dito.

Quando sarai dinanzi al dolce raggio Di quella, il cui bell' occhio tutto vede, Da lei saprai di tua vita il viaggio.

Appresso volse a man sinistra il piede; Lasciammo il muro, e gimmo inver lo mezzo Per un sentier, ch' ad una valle fiede,

Che 'nfin lassù facea spiacer suo lezzo.

«Je suis couché,)) dit-il, «parmi des milliers d'àuies : Le second Frédéric (4) ^\i ici dans ces flammes, Et là, le cardinal (5). Je tais les autres noms. )>

Il disparut, et moi, vers l'antique poëte Je revins, repassant dans mon âme inquiète Cet oracle ennemi que j'avais entendu.

Virgile s'était mis en marche, et dans la route : «Qu'est-ce donc qui si tort te trouble et (e déroute? » A cette question lorsque j'eus répondu :

(i Prends soin de retenir cet hostile présage

Kt dans ton souvenir grave-le,» dit le sage;

«Mais pour l'heure marchons;» et puis, le doigt levé,

« Quand tu seras devant le doux regard de celle Dont le bel œil voit tout (G), tu connaîtras par elle De tes jours tout entiers l'oracle inachevé.))

Nous laissâmes alors le mur à notre droite. Vers le centre marchant par une pente étroite. In nouveau cercle ouvert tout à l'extrémité

Exhalait jusqu'à nous un miasme empesté.

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