‹ L'enfer, s'il y en a un, ce que c'est, comment l'éviter [microforme]Chapitre 18 sur 20 · EVITER AVEC UN GRAND SOIN LES OCCASIONS DANGEREUSES ET LES ILLUSIONS · texte numérisé non relu

EVITER AVEC UN GRAND SOIN LES OCCASIONS DANGEREUSES ET LES ILLUSIONS

Mais il ne s’agit pas seulement de ne pas demeurer dans l’état de péché mortel quand on a eu le maïllieur d'y tomber ; il faut porter plus loin le zèle de notre salut éternel, et prendre des précautions plus sérieuses. Il ne faut pas se contenter de sortir au plus vite de la voie de l'enfer ; il faut en outre éviter de s’y engager. Il faut à tout prix éviter les occasions de chute, surtout celles dont une triste expérience n0..5 a démontré le danger. Un chrétien, un homme qui a le sens commun sacrifie tout, affronte tout, supporte tout pour échapper au feu de l'enfer. Dreu lui-même n’a-t-1l pas dit: «Si votre main

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COMMENT L’ÉVITER 133 droite, si votre pied, si votre œil, si ce que vous avez de plus cher au monde est pour vous une occasion de péché, arrachez-le, retranchez-le sans hésiter ; il vaut mieux entrer, n'importe à quelles conditions, dans le rovaume de Dreu et dans la vie éternelle plutôt que d’être jeté dans Pabîme de feu, dans le feu éternel, où le remords ne meurt point et où le feu ne s'éteint jamais.»

Pas d'illusions à cet égard! Les illusions sont le «mouvement tournant» par lequel lennemi de notre pauvre âme cherche à la surprendre, lorsque une attaque de front n'offre point de garanties suffisantes. Et que ces illusions sont perfides, subtiles, multiples, fréquentes !

Elles portent sur tout, mais plus particulièrement sur l’égoïisme avec ses froids calculs et ses raffinements ; sur toutes les nuances des insurrections de l'esprit contre la foi, contre l'entière soumission due à l'autorité du Saint-Siége et de l’Église ; sur les prétendues nécessités de santé ou d'habitude, qui font glisser insensiblement dans la boue de l’impureté ; sur les usages et convenances du monde au milieu duquel on vit, et qui vous entraînent si facilement dans le tourbillon du plaisir, de la vanité, de l'oubli de Dru, et de la négligence de la vie chrétienne: enfin, sur l’aveuglement de la cupidité, qui

pousse tant de gens à voler, sous prétexte de nécessités de commerce, de coutume générale dans les affaires, de sage prévoyance pour l'avenir des siens, etc. Je le répète, gare les illusions ! Combien de réprouvés sont aujourd'hui en enfer, qui n’y sont entrés que par cette porte de derrière! On peut se séduire soi même, du moins dans une mesure; mais on ne saurait tromper le regard de Drew.

* La vie religieuse elle-même ne suffit as toujours pour en préserver. Sachonse bien, il y a des religieux en enfer ; il y en a peu, je l'espère, mais enfin il y en a.

Et comment en sont-ils arrivés là? Par le chemin fatal des illusions. Illusions touchant l’obéissance, illusions touchant la piété, illusions touchant la pauvreté, la chasteté, la mortification, illusions touchant l’usage de la science ; que saisje? Il est si large, ce chemin des illusions. Je n’en citerai ici qu'un seul exemple, tiré de la vie de saint François d’Assise.

Parmi les Provinciaux de l'Ordre naissant des Fères-Mineurs, était un certain Frère Jean de Strachia, dont la passion pour la science menaçait de faire dévier ses Religieux de la simplicité et de la sainteté de leur vocation. Saint François l'avait averti à plusieurs reprises; mais toujours en vain. Justement effrayé de la funeste influence qu’exerçait ce Provincial, il le

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déposa en plein chapitre, déclarant que Notre-Seigneur lui avait révélé qu'il fallait en agir avec cette rigueur, parce que l’orgueuil de cet homme avait attiré sur lui la malédiction de Drevu. L'avenir le fit bientôt voir. Le malheureux mourut, en effet, au milieu du plus horrible déserpoir, en criant : « Je suis damné et maudit pour l'éternité 1» Et d’affreuses circonstances qui suivirent sa mort confirmèrent cette sentence.

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