‹ L'enfer, s'il y en a un, ce que c'est, comment l'éviter [microforme]Chapitre 4 sur 20 · L'ENFER N’A PAS ÉTÉ INVENTÉ ET N’A PAS PU L’'ETRE · texte numérisé non relu

L'ENFER N’A PAS ÉTÉ INVENTÉ ET N’A PAS PU L’'ETRE

Nous venons de voir que, dans tous les temps, tous les peuples ont cru à l'enfer.

Cela seul prouve déjà qu’il n’est pas d'invention humaine.

Supposons un instant le monde vivant bien tranquille, au milieu des plaisirs, et abandonné sans crainte à toutes les passions. Un beau que un homme, un philosophe, vient lui dire: “IL y a un enfer, un lieu de tourments éternels, où Du vous punira si vous continuez à faire le mal ; un enfer de feu, où vous brülerez sans fin, si vous ne changez de vie.

Vous figurez-vous l'effet qu'aurait produit une pareille annonce ?

D'abord personne n’y aurait cru, “Que venez-vaus nous prêcher là? aurait-on

dit à cet inventeur de l'enfer. Où avezvous pris cela ? Quelles preuves nous en apportez-vous ? Vous n'êtes qu’un rêveur, un prophète de malheur.” Je le répète, on ne l'aurait pas cru.

On ne l’aurait pas cru, parce que tout, dans l’homme corrompu, se cabre instinctivement contre l’idée de l'enfer. De même que tout coupable repousse tant qu’il peut l’idée du châtiment, de même, et cent fois plus, l'homme coupable re.

pousse la perspective de ce feu vengeur, éternel, qui doit punir si impitoyablement toutes ses fautes, même ses fautes secrètes.

Et surtout dans une société, comme nous la supposons un moment, où personne n'aurait jamais èntendu parler de l'enfer, la révolte des préjugés serait . venue se joindre à la révolte des passions. Non-seulement on n'aurait pas voulu en croire cet inventeur malencontreux, mais on l’eût chassé avec colère, on l’eût lapidé, si bien que l'envie de recommencer ne serait plus jamais venue à personne.

Que si, par impossible, on eût ajouté foi à cette étrange invention ; si, par une impossibilité bien plus évidente encore, tous les peuples se fussent mis à croire à l'enfer, sur la parole du susdit philosophe, quel événement, je vous le demande! Le nom de l'inventeur, le siècle, le pays où il aurait vécu, eussent-ils pu ne pas êtra consignés dans l’histoire ?

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Or, rien de tout ce-la. Quelqu'un a-t-il jamais été signalé comme ayant introduit dans le monde cette doctrine effrayante, si contraire aux passions les plus enracinées de l'esprit humain, du cœur, des sens ?

Donc l'enfer n’a pas été inventé.

Il n’a pas él6 inventé, parce qu'il n’a as pu l'être. L’éternité des peines de ‘enfer est un dome que la raison ne

peut comprendre; elle peut le connaître, mais non pas le comprendre, parce qu'il est au-dessus de la raison. Ce que l’homme ne peut comprendre, comment voulezvous qu’il ait pu l’inventer ?

C'est précisément parce que l'enfer, l'enfer éternel, ne peut être compris par la raison, que la raison s’insurge contre lui, dès qu'elle n’est point éclairée et relevée par les lumières surnaturelles de la foi. Comme nous le verrons plus loin, la raison crie à l'injustice, à la barbarie, et par conséquent à l’impossibilité.

Le dogme de l'enfer est ce que l’on appelle « une vérité innée, » c’est-à-dire une de ces lumières d’origine divine qui luit en nous, malgré nous ; qui est au fond de notre conscience, incrustée dans les profondeurs de notre âme, comme un diamant noir, qui brille d'un sombre éclat. Personne ne peut l'en arracher, parce que c’est Dieu même qui l’a mis là. On peut couvrir ce diamant et ses sombres feux ;

on peut en détourner ses regards et l’ou- dé blier pour un temps; on peut le nier en de paroles ; mais on y croit malgré soi, et la k conscience ne cesse de le proclamer. a

Les impies qui se moquent de l'enfer toi en ont, au fond, une peur terrible. Ceux tér qui disent qu’il est démontré pour eux foi qu’il n’y a point d’enfer, se mentent à l'a:

eux-mêmes et mentent aux autres. C'est un vœu impie du cœur, plutôt qu'une der négation raisonnée de l'esprit. Au dernier tab siècle, un de ces insolents écrivait à no Voltaire qu'il avait découvért la preuve k 1 métaphysique de la non-existence de ses l'enfer : « Vous êtes bienheureux, lui ré- Vo

pondit le vieux patriarche des incrédules ; bor moi, je suis loin d'en être là.»

Non, l’homme n’a pas inventé l'enfer.

Il ne l’a pas inventé, et il n’a pas pu l’inventer. Le dogme d’un enfer éternel de feu remonte à Dreu même. Il fait partie d'à de cette grande révélation primitive qui 1 est la base de la Religion et de la vie morale du genre humain.

Donc, il y a un enfer.

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IL Y A UN ENFER: À DIEU LuI-MÊKE NOUS EN A RÉVÉLÉ | tein L'EXISTENCE.

. Les quelques passages de l’Ancien-Testament que j'ai cités pius haut, montrent

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déjà que le dogme de l’enfer a ét6 révélé de Du même aux Patriarches, aux Prophètes et à l’ancien Israël. En effet, ce ne sont pas seulement des témoignages historiques ; ce sont encore et surtout des témoignages divins, qui commandent la foi, quis’imposent à notre conscience, avec l'autorité infaillible de vérités révélées.

Notre-Seigneur JEsvs-Carisr a solennellement confirmé cette révélation redoutable ; et quatorze fois dans l'Évangile il nous parle de l'enfer.

Nous ne rapporterons point ici toutes ses paroles, pour ne pas nous répéter.

Voici les principales. N'oubliez pas, mon bon lecteur, que c’est Dreu même qui parle ici, et qu'il a dit : « Le ciel et la terre passe- «ront, mais mes paroles ne passeront point.»

Peu après son admirable transfiguration sur le mont Thabor, NotreSeigneur disait à ses disciples et aux multitudes qui le suivaient : «Si votre main (c’est-à-dire ce que vous avez de plus précieux) est pour vous une occasion de péché, coupez-là :

il vaut mieux entrer dans l’autre vie avec une seule main, que d'aller avec ses deux mains dans l’enfer, dans le feu qui ne s’éteint point, où le ver du remords ne meurt point, et où le feu ne cessera jamais.

« Si votre pied ou votre œil est pour vous une occasion de chute, coupez-le arrachez-le, et jetez-le loin de vous: i

vaut mieux entrer dans la vie éternelle avec un seul pied ou un seul œil, que d’être jeté avec vos deux pieds ou avec vos deux yeux, dans la prison de feu éternel, in gehennam ignis inextinguibilis, où le remords ne cesse point et où le feu ne s'éteint pas, el ignis non extinguitur.»

Il parle de ce qui arrivera à la fin des temps, et dit : « Alors le Fils de l’homme enverra ses Anges, et ils saisiront ceux qui auront fait le mal, pour les jeter dans la fournaise de feu, in caminum ignis, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.»

Lorsque le Fils de Dreu prédit le jugement dernier, au vingt cinquième chapitre de l’évangile de saint Matthieu, il nous fait connaître d'avance lui-même les propres termes de la sentence qu’il prononcera contre les réprouvés: « Retirez-vous de moi, maudits, au feu éternel, discedite a me, maledicti, in ignem æternum.» Et il ajoute: « Et ceux-ci iront dans le supplice éternel, in supplicium æternum.» Je vous le demande, y at-il rien de plus formel ?

Les Apôtres, chargés par le Sauveur de développer sa doctrine et de compléter ses révélations, nous parlent de l'enfer et de ses flammes éternelles d’une manière non moins explicite.

Pour ne citer que quelques-unes de

leurs paroles, nous rappellerons saint Paul qui dit aux chrétiens de Thessalo.

nique, en leur prêchant le jugement dernier, que le Fils de Dreu ‘ tirera vengeance dans la flamme du feu, în flamma ignis, des impies qui n'ont point voulu reconnaître Dreu et qui n’obéissent point à l'Évangile de NotreSeigneur Jésus.

Curisr ; ils auront à subir des peines éternelles dans la mort, loin de la face du Seigneur, pœnas dabunt in interitu æternas.” |

L’Apôtre saint Pierre dit que les méchants partageront le châtiment des mauvais anges, que le Seigneur a précipités dans les profondeurs de l'enfer, dans les supplices du Tartare, rudentibus inferni detractos in Tartarum tradidit cruciandos.” Il les appelle ‘ des fils de malédiction, maledictionis filii, à qui sont réservées les horreurs des ténèbres.”

Saint Jean nous parle également de l'enfer et de ses feux éternels. Au sujet de l'Antechrist et de son faux prophète, il dit : Ils seront jetés vivants dans l’abime embrasé de feu et de souffre, in stagnum ignis ardentis sulphure, pour y être tourmentés jour et nuit dans tous les siècles des siècles, cruciabuntur die ac nocte in sæcula sæculorum.”

Enfin, l’Apôtre saint Jude nous parle à son tour de l'enfer, nous montrant les

démons et les réprouvés ‘ enchaînés pour l'éternité dans les ténèbres, et subissant les peines du feu éternel, ignis æterni pœænam sustinentes.” |

Et, dans tous le cours de leurs Epiîtres inspirées, les Apôtres reviennent sans cesse sur la crainte des jugements de Dieu et sur les châtiments éternels qui attendent les pécheurs impénitents.

Après des enseignements aussi clairs, faut-il s'étonner que l'Eglise nous présente l'éternité des peines et du feu de l'enfer comme un dogme de foi proprement dit ?

de telle sorte que ceiui qui oserait le nier, ou en douter seulement, serait par là même hérétique.

Donc l'existence de l'enfer est un article de foi catholique, et nous en sommes aussi sûrs que de l'existence de Drew.

Donc, il y a un enfer.

En résumé : le témoignage du genre humain tout entier et de ses plus antiques traditions ; le témoignage de la nature humaine, de la droite raison, du cœur et de la conscience, et, par-dessus tout, le témoignage de l’enseignement infaillible de Dreu lui-même et de son Église, s’unissent pour nous attester, avec une certitude absolue, qu'il y a un enfer, un enfer de feu et de ténèbres, un enfer éternel, pour le châtiment des impies et des pécheurs impénitents.

Je vons le demande, cher lecteur, une vérité peut-elle être établie d’une manière plus péremptoire ?

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