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S'IL Y EN A UN 33 tout ce que le Frère venait de voir et d'entendre.
Aussitôt avertis, les Supérieurs firent enlever le cadavre, le jugeant indigne de la sépulture ecclésiastique.
La Courtisane de Naples.
Saint François de Girolamo, célèbre missionnaire de la Compagnie de Jésus au commencement du dix-huitième siècle, avait été chargé de diriger les missions dans le royaume de Naples, un jour qu’il prêchait sur une place de Naples, quelques femmes de mauvaise vie,que l’une d’entre elles, nommée Catheyine, avait réunies, s’efforçaient de troubler le sermon par leurs chants et leurs bruyantes exclamations, pour forcer le Père à se retirer; mais il n’en continua pas moins son dis Cours, sans paraitre s'apercevoir de leurs insolence:.
Quelque temps après, il revint prêcher sur la même place. Voyant la porte de Catherine fermée et toute la maison. ordinairement si bruyante, dans un profond silence : “ Eh bien ! dit le Saint, qu’est-il
# donc arrivé à Catherine ?—Est-ce que le
Père ne sait pas? Hier soir la malheuse est morte. sans pouvoir prononcer une arole—Catherine est morte ? reprend le aint ; elle est morte subitement ? Entrons:
et voyors. ” On ouvre la porte ; le Saint monte l’es-
calier et entre, suivi de I foule, dans ja salle où le cadavre était étendu à terre, sur un drap, avec quatre cierges, suivant l'usage du pays. Il le regarde quelque temps avec des yeux épouvantés ; puis il dit d’une voix solennelle : “ Catherine, où êtes-vous maintenant ?” Le cadavre reste muet. Le Saint reprit encore : “ Catherine, dites-moi, où êtes-vous maintenant ? Je vous commande de me dire où vous êtes. ”
Alors, au grand saisissement de tout le monde, les yeux du cadavre s’ouvrirent.
ses lèvres s’agitèrent convulsivement, et une voix caverneuse et profonde répondit : ‘ Dans l'enfer! je suis dans l’enfer ! ”
À ces mots, la foule des assistants s’enfuit épouvantée et le Saint redescendit avec eux, en répétant: ‘“ Dans l'enfer!
O Dreu terrible! Dans l'enfer! L'avezvous entendue? Dans l'enfer ! ”
L'impression de ce prodige fut si vive, que bon nombre de ceux qui en furent témoins n’osèrent poin: rentrer chez eux sans avoir été se cor:fesser.
L'ami du comte Orloff.
Dans notre siècle, trois faits du méme genre, plus authentiques les uns que les autres, sont parvenus à ma Connaissance.
Le premier s’est passé presque dans ma famille.
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dans la | terre.
suivant uelque puis il herine, adavre : (Camaintedire où
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C'était en Russie, à Moscou, peu de temps avant l’horrible camgagne de 181:.
Mon grand-père maternel, le comte Rostopchine, gouverneur militaire de Moscou, était fort lié avec le général comte Orloff, célèbre par sa bravoure, mais aussi impie qu'il était brave.
Un jour, à la suite d’un souper fin, ar rosé de copieusces libations, le comte Or loff et un de ses amis, le général V., voi tairien comme lui, s'étaient mis à se moquer affreusement de la Religion, et surtout de l'enfer. “ Et si, par hazard, dit Orloff, si par hazard il y avait quel-
ue chose de l’autre côté du rideau ?...—
h bien ! répartit le général V., celui de nous deux qui s’en ira le premier reviendra en avertir l’autre. Est-ce convenu ?— Excellente idée!” répondit le comte Orloff, et tous deux, bien qu’à moitié gris, ils se donnèrent très-sérieusement leur parole d'honneur de ne pas manquer à eur engagemeut.
Quelques semaines plus tard, éclata
* une de ces grandes guerres comme Napo-
léon avait le don d’en susciter alors;
# l'armée russe entra en campaone, et le
énéral V. reçut l’ordre de parür immélatement pour prendre un commande-
| | ment important.
I avait quitté Moscou depuis deux ou
2 trois semaines, lorsqu'un matin, de très-
bonne heure, pendant que mon grand- à père faisait sa toilette, la porte de sa à chambre s'ouvre brusquement. C'était le corate Orloff, en robe de chambre, en À ponts les cheveux hérissés, l'œil à agard, pâle comme un mort. “Quoi! * Orloff, c'est vous ? à cette heure ? et dans un costume pareil? Qu'avez-vous donc ?
Qu'est-il arrivé ? — Mon cher, répond le »
comte Orloff, je crois que je deviens fou. # Je viens de voir le général V.—Le général V.? Il est donc revenu ?—Eh non!
reprend Orloff, en se jetant sur un canapé eten se prenant la tête à deux mains, non, il n'est pas revenu !et c’est là ce qui # m'épouvante. ” pi Mon grand-père n’y comprenait rien. 4 Il cherchait à le calmer. ‘Racontez-moi 4 donc, lui dit-il, ce qui vous est arrivé et & ce que tout cela veut dire.” Alors, s’effor- M cant de dominer son émotion, le comte Crloff raconta ce qui s'iit :
‘ Mon cher Rostopchine, il y a quelque temps, V. et moi, nous nous étions juré # mutucllèment que le premier de nous # qui mourrait viendrait dire à l’autre s’il y a quelque chose de lautre côté du ri- & deau. Or, ce matin, il y a une dermi- & Teure à peine, j'étais tranquillement dans mon lit, éveillé depuis iongtemps, ne + pensant nullement à mon ami, lorsque + tout à coup les deux rideaux de mon lit |}
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se sont brusquement ouverts, et je vois, à deux pas de moi, le général V., debout, pâle, la main Groite sur sa poitrine, me disant : «Il y a un enfer, et j'y suis!» et ii disparut. Je suis-venu vous irouver de suite. Ma tête part! Quelle chose étrange ! Je ne sais qu’en penser ! »
Mon grand-père le calma comme il put.
Ce n’était pas chose facile. Il parla d’hallucinations, de cauchemars ; peut-être dormait-il. Il y a bien des choses extraordinaires, inexplicables ; et autres banalités de ce genre, qui font la consolation des esprits forts. Puis, il fit atteler ses chevaux et recenduire le comte Orloïf à son hôtel.
Or, dix ou douze jous après cet étrange incident, ua courrier de l’armée apportait à mon grand-père, entre autres nouvelles, celle de la mort du général V. Le matin même du jour où le comte Orloff l'avait vu et entendu, à la mêine heure où il lui était apparu à Moscou, l'infortuné général, sorti pour reconnaître la position de l'ennemi, avait eu la poitrine traversée par un boulet et était tombé raide mort !.…
«Il y a un enfer; et j'y suis!l» Voilà
les paroles de quelqu'un qui «en est re-
venu.)
La Dame au bracelet d'or.
En ta je rapportais ce faii ? un prè
tre fort distingué, Supérieur d’une importante Communauté. ‘ C'est effrayant, me dit-il, mais cela ne m'étonne pas extraordinairemént. Les faits de ce genre sont moins rares qu’on ne pense; seulement on a toujours plus ou moins d’intérêt à les garder secrets, soit pour l’honneur du ‘revenu ” soit pour l’honneur de sa famille. Pour ma part, voici ce que j'ai su de source certaine, il y a deux ou trois ans, d'un très-proche parent de la personne à qui la chose est arrivée.
Au moment où je vous parle (Noël 1859), cette dame vit encore ; elle à un peu plus de quarante ans. |
‘* Elle était à Londres, dans l'hiver de 1847 à 1848. Elle était veuve, âgée d’environ vingt-neuf ane, fort mondaine, fort riche et très-agréable de visage. Parmi les élégants qui fréquentaient son salon, on remarquait un jeune lord, dont les assiduités la compromettaient singuièrement et dont la conduite, d’ailleurs, n’était rien moins qu'édifiante
‘ Uu soir ou plutôt une nuit {car il était plus de minui), elle lisait dans son lit je ne sais qual roman, en attendant le sommeil. Une haure vint à sonner à sa pendule ; elle souffla sa bougie. Elle allait s'endormir quand. à son grand étonnement, colle remarqua qu'une lueur blafar.
de, étrange, qui paraissait venir de fa
rayant, pas ex-
e d’enne, fort Parmi salon, ont les UiIèrers, 1’é-
(car il ins son dant le er à sa e allait ‘tonne:
blafar.
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orte du salon, se répandait peu à peu Mans sa chambre et augmentait d’instants Æn instants. Stupéfaite, elle ouvrait de &rands yeux, ne sachant ce que cela voufait dire. Elle commençait à s’effraycr, rsqu’elle vit s'ouvrir lentement la porte u ‘salon et entrer dans sa chambre le une lord, complice de ses désordres.
vant qu’elle n’eût pu lui dire un seul Mot, i! était près d'elle, il lui saisissait le ras gauche au poignet, et, d’une voix ‘Btridente, il lui dit en anglais: “Il ya Mn enfer! La douleur qu’elle ressentit au Abras fut telle, qu'elle en perdit connaisdBalice.
% Quand elle revint à elle, une demi- “heure après, elle sonna sa femme de “Chambre. Celle-ci sentit en entrant une ‘forte odeur de brûlé ; s’approchant de sa aîtresse, «ui pouvait à peine parler, elle Mconstala : . ncignei une brülure si pro- ‘fonde que los était à découvert et les Pichairs presque ccnsumées ; cette brûlure Havait la largeur d'une main d'homme.
De plus, elle remarqua que de la porte du salon jusqu'au lt, et du lit à cette fimême porte, le tapis portait l'empreinte ide pas d'homme, qui avaient brûlé la trame cd: nart en part. Par l’ordre & sa maitresse, elle ouvrit la porte du salon.
:@Plus de traces sur les tapis.
#æ ‘“ Le lendemain, la malheureuse dame
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apprit, avec une terreur facile à conce voir, que cette nuit-là même, vers und heure du matin, son lord avait été trouvék ivre-mort sous la table, que ses serviteurs l'avaient rapporté dans sa chambre et qu'il y avait expiré entre leurs bras.
‘“ J’ignore, ajouta le Supérieur, si cette terrible leçon a converti tout de bon J'infortunée ;: mais ce que je sais, C’est qu'elle vit ei: :; seulement, pour dé:
rober aux regu: 5 les traces de sa sinistre brûlure, elle porte au poignet gauche, en guise de bracelet, une large bande d’or,} qu'elle ne quitte ni jour ni nuit. |
‘ Je Le répète, je tiens tous ces détails de son proche parent, chrétien sérieux, à la parole duquel j'attache la foi la plus entière. Dans la famille même, on n’enk parle jamais ; et moi-même je vous les} confie qu’en taisant tout nom propre.”
Malgré le voile dont cette apparition a êté et a dù être enveloppée, il me paraît impossible d’en révoquer en doute. la redoutable authenticité. A coup sûr, ce n’est pas la dame au bracelet qui aurait besoin qu'on vint lui prouver quil y a vraiment un enfer.
La fille perdue de Rome.
En l’année 1873, quelques jours avant l’Assomption, eut lieu à Rome une de ees terribles apparitions d'outre-tombe qui
conce ers und trouvé viteurs bre et S. | si cette e bon s, C’est ur dé.
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détails lieux, à la plus on n’enÀ ous les} re.” nation à ) paraît è.la resûr, ce aurait il y 2
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corroborent si efficacement la vérité de l'enfer.
Dans une de ces maisons mal famées que l'invasion sacrilége du domaine temporel du Pape a fait ouvrir à Rome en tant de lieux, une malheureuse fille s’étant blessée à la main, dut être transportée à l’hôpital de la Consolation. Soit que son sang vicié par l’inconduite eùt amené une dégénérescence de la plaie, soi à cause d’une complication inattendue, elle mourut subitement pendant la nuit.
Au même moment,une de ses compagnes, qui ignorait certainement ce qui venait de se passer à l'hôpital, s’est mise à pousser des cris désespérés, au point déveiller les habitants du quartier, de mettre en émoi les misérables créatures de cette maison, et de provoquer l'intervention de la police.
La morte de l'hôpital lui était apparue entourée de flammes. et lui avait dit : «Je suis damnée; et, si tu ne veux pas l'être comme moi, sors de ce lieu d'infamie, et reviens à Dieu que tu as abandonné. »
Rien n’a pu calmer le désespoir et la terreur do cette fille qui, dès l'aube du jour, s’éloigna, laissant toute la maison
longée dans la stupeur dès qu’on y sut
a mort de celle de l'hôpital.
Sur ces entrefaites, la maîtresse du lieu, une (xaribaldienne exaltée, et connue pour telle parmi les frères et amis, tomba ma-
La L’ENFER
lade. Elle fit demander bientôt le curé de de l'église voisine, Saint-Julien des Banchi. W to Avant de se rendre dans une pareille 2 maison, le vénérable prêtre consulta l'au- 15 Te torité ecclésiastique, ne délégua à M PO cet effet un digne Prélat, Mgr. Sirolli, # € curé de la paroisse de Saint-Sauveur in Lauro. à Celui-ci, muni d'instructions spéciales, ?
se présenta et exigea avant tout de la ma:
lade, en présence de plusieurs témoins, # la pleine et entière rétraction des scanda- ! les de «2 vie, de ses blasphèmes contre # l'autorité du Souverain-Pontife, et de # tout le mal qu’elle avait fait aux autres.
La malheureuse le fit sans hésiter, se confessa et reçut le Saint-Viatique avez: de P#. grands sentiments de repeniir et d'hu- | milité. +.
Se sentant mourir, elle supplia avec #£ larmes le bon curé de ne pas l’abandonner, # épouvantée qu'elle était toujours de ce # qui s'était passé sous ses yeux. Mais la © nuit approchaït, et Mgr. Sirolli, partagé Re entre la charité qui lui disait de rester et | les convenances qui lui faisaient un devoir | de ne point passer la nuit en un tel lieu, + fit demander à la police deux agents, qui M vinrent, fermèrent la maison, et demeu- + rèrent jusqu'à ce que l’agonisante eût + :
rendu le dernier soupir. ha Tout Rome connut bientôt les détails |
“uré de de ces tragiques évènements. Comme Banchi. toujours, les impies et les libertins s’en pareille moquèrent, se gardant bien d'aller aux ta l'au- 8 renseignements ; les bons en rofitèrent égua à M pour ve: à a Era et plus fidèles nn; encore à leurs devoirs.
nor di s # Devant de pareils faits, dont la liste éciales, PRpourrait peut-être s’allonger beaucoup, je ; Jama: demande au lecteur de bonne foi s’il est moins, M raisonnable de a a 48 la foule des scanda- Métourdis, la fameuse phrase stéréotypée: contre le" S'il y a vraiment un enfer, comment se et de | fait-il que personne n'en soit jamais autres. Mrevenu ir :
secon- D. Mais lors mème qu’à tort ou a raison nd tte lon ne voudrait point admettre les faits, ex d'hu- F5! authentiques cependant, que je viens Mde rapporter, la certitude absolue de l’ex- ‘istence de l'enfer ren resterait pas moins
See
bte fanébranlable. En effet, notre foi sur l’enfer s de ce ee repose pas sur ces prodiges, qui ne Mais la | sont pas de foi, mais sur les raisons de partagé à bon sens que nous exposions tout à 1 heure, Lester et Met Pardessus tout, sur le témoignage divin, n devoir Me aillible, de JÉsus-Canisr, fe ses Protel Heu bhètes et de ses Apôtres, ainsi que sur nts qui | enseignement formel, invariable, inviodemeu- M ble, de l'Église catholique.
A Les prodiges peuvent corroborer notre
ante eût ‘401 et la raviver ; et voilà pourquoi nous
L détails MPVOns cru devoir en citer ici quelques-uns,
em
Éte > A rt CORRE ce
très-capables de fermer la bouche à ceux qui osent dire: « Il n’y à pas d’enfer ;» de confirmer dans la foi ceux qui seraient tentés de se dire : « Y a-t-il un enfer ?» et enfin, de consoler et d'éclairer davantage encore les bons fidèles qui disent avec
l'Église : « Il y a un enfer. »