‹ L'enfer: satire "dans le goût de Sancy"Chapitre 9 sur 20 · I . Regnaut de Beau ne · texte numérisé non relu

I . Regnaut de Beau ne

n'est-il permis à nul seigneur ny prince de tenir plus grand train en Tautre monde), dont Tun etoit habillé de blanc et l'autre de noir. Je luy demanday si je pouvois librement parler devant eux ; il me dit qu'ouy, et qu'il n'avoit jamais faict en sa vie chose si secrette dont ils n'eussent eu connoissance. • Or çà, Monsieur^ luy dis-je, parlons franchement et en amys ; par votre foy, n'estes-vouspas bien fasché d'estre mort? — Ma foy, dit-il, ouy, pour deux ou trois petites choses. — Comme quoy? dis-je. — Il faut que je vous confesse le vray, dit-il. Cela m'eût fait grand bien de braver un peu mon antagoniste Monsieur de Rohan ; et de fait j'entrois en chemin de contrequarrer tous les escuz de son beau-pere*, car, m'etant fait catholique, il est impossible de croire combien je me fortifîois tant du corps que de l'esprit Vous savez que Rohan-Laval, Laval-Rohan, n'ont pas plus d'advantage l'un sur Tautre que deux moitiés d'une gregue, devant que d'être cousues ensemble. Nos maisons sont les deux pôles sur lesquels tourne toute la Bretagne. La noblesse du pays ne vise qu'à se fortifier de la &veur de Tune ou de l'autre, et par conséquent elle fortifie le parti duquel elle s'advoue. C'est au chef de ces deux maisons de se gagner les coeurs, de secou-

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