SCENE VIII
REMOUSSIN, MORIN.
MORlN.
Dites-moi... le marquis de Storn... vous savez, de la compagnie de Simplon...
REMOUSSIN.
Oui.
Il désire vous être présenté... Il a besoin de vous parler d'une question sérieuse. J'ai pris la liberté de lui dire de venir ici vers trois heures, cela ne vous contrarie pas ?
REMOUSSIN.
Pas le moins du monde.
Je vais donc l'attendre en vous répétant tousmes compliments.
Le ministre de l'intérieur me félicitait, lui aussi, il n'y a pas une heure...
MORIN
Vous allez chez le ministre ?... Allons, allons, vous vous formez... Le fait est que votre discours était vraiment très bien.
REMOUSSIN.
Vous êtes trop aimable. A quoi tiennent les choses, pourtant !... Mon Dieu, vous ne l'ignorez pas, vous, lorsque dans les réunions publiques, j'ai commencé à demander de nouveaux droits sur les blés, je le faisais malgré moi, et disons le mot, je parlais contre ma pensée. Eh bien, mon cher, la force de la vérité est telle qu'au fur et à mesure que les arguments me venaient aux lèvres, j'en apercevais toute la valeur, j'en constatais toute la solidité. Et si j'ai parlé hier avec quelque éloquence, si mon raisonnement a pu convaincre les autres, je ne puis en être surpris, puisqu'il avait commencé par me convaincre moi-même.
MORlN.
Et sur les maïs ?
REMOUSSIN.
Je voterai les droits.
MORIN
Comment, vous voterez les droits I
REMOUSSIN.
Mon cher, la protection est un bloc...