ACTE PREMIER
REMOUSSIN, à sa fille.
Celait pour toi ?
LÉONIË.
En ce qui me concerne, je me sens très bien ici. Seulement, mon fiancé . . . N'est-ce pas Henri ?
LEGARDOXNEL.
Évidemment, mais c'est surtout le désir de votre mère qui me faisait parler.
REMOUSSin, remettant ses manchettes pendant ce qui suit
Je me demande ce que nous aurions fait à Paris où nous ne connaissons personne.
Mme REMOUSSIN.
Oli! personne. . .
Personne. . . 11 y a bien la cousine Bourdier, mais je ne suppose pas que vous aviez l'intention d'aller la voir, si riche qu'elle soit.
LÉONIE
Certes non . . .
REMOUSSIN, à sa femme.
Une femme qui vit avec un homme sans être mariée. . .
M™e REMOUSSIN
C'est évident . . . Mais rien ne nous retient ici, où nous n'avons plus de famille.
REMOUSSIN.
Eh bien ; et nos relations ?
4 L'KNGRtNAGH:
"le REMOUSSIN.
Peuh ! Des gens de province. . . J'en ai assez. On frappe à la porte.
REMOUSSIN,
Entrez !
UN DOMESTIQUE
Monsieur, c"eslM. Morin, le sénateur.
REMOUSSIX.
Une minute.
Nous le laissons.
REMOUSSIN.
C'est ça !. . Et ne rêvez plus de Paris. ( il les reconduit à gauche, tout en causant et remettant son veston.) Les électeurs veulent dj gâchis, ils l'auront. Qu'ils se débarbouillent. Moi, je ne me mêle plus de rien.
LECARDONNEL.
Ah ! si vous aviez su faire voire élection ! . . ,
REMOUSSIN.
J'ai voulu la mener honnêtement, c'est pour ça que j'ai été battu, je le sais bien. mais ce n'estpas à mon âge qu'on se refait le caractère. . . Allons, à tantôt.
Ils sortent. Roinoussin va à la porte du fond et l'ouvre
à M. Morin qui entre (50 ans, correct, décoré).