‹ L'engrenage; comédie en trois actesChapitre 6 sur 84 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

REMOUSSIN. MORIN.

REMOUSSIN.

Bonjour, mon cher monsieur Morin.

M. MORIN

Bonjour, Rémoussin... Dites-moi, ce n'est pas sérieux Je bruit qui court... Vous vous représentez, liein ?

REMOUSSIN.

Non. Vous savez que je n'avais pas demandé à être candidat.

M. MORIN

On a eu assez de peine à vous décider, en effet.

REMOUSSIN, très sincère.

Après trente-cinq ans de vie honnête et laborieuse je n'ai pu réussir à faire fortune. Certes, ma filature marche bien, mais si j'avais été élu, je ne sais ce qu'il en serait advenu. En acceptant de me présenter aux sulfrages de mes concitoyens, je leur faisais, je vous assure, le sacrifice de mes intérêts.

M. MORIN

Si vous gériez mieux votre affaire !... Mais vous êtes un singulier industriel, vous faites particioer vos ouvriers aux bénéfices... Et l'a commande Simpson... Est-il vrai que vous lavez refusée ?

« LENGRENAGE

REMOUSSIN.

Oui.

M. MORIN

C'était 20,000 de bénéfice assurés...

REMOUSSIN.

Oui, mais transformer des matières avariées c'était me rendre complice d'un vol.

Enfin ! ça vous regarde.

REMOUSSIN.

Je ne suis qu'un industriel, mais j'ai mon point d'honneur. Depuis trente-cinq ans, ma signature n'a jamais été protestée... Jamais, vous entendez! Il n'y a pas un homme sur terre qui puisse dire que je lui ai fait tort d'un sou, et quand on parle de moi on dit : Rémoussin l'honnête homme. De m'entehdre appeler comme ça, je suis aussi fier que si on me disait : Monsieur le marquis I

Evidemment.

M. MORIN

REMOUSSIN.

. Quant à la participation aux bénéfices, c'est dans tous nos programmes.

M. MORIN

Je ne dis pas non.

REMOUSSIN.

Alors?

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