ACTE TROISIÈME
Mme REMOUSSIN.
C'est officiel !
MORIN
Pourvu qu'il n'aille pas parler !
Mme REMOUSSIN.
Une demande d'enquête sera déposée demain à la Chambre...
REMOUSSIN, ironique.
Allons, ça va bien! ça va bien ! Vous ne vous frottez pas les mains, vous, l'homme fort ? Vous pouvez faire votre paquet pour Mazas !
MORIN, furieux.
Mon cher ami, je vous prie de ne pas prononcer ces mots-là devant moi, vous entendez I
Mme REMOUSSIN.
Ah ! ne faites pas attention à mon mari, monsieur Morin, si je n'étais pas là...
Il faut convenir, mon cher, que vous avez des mots malheureux.
REMOUSSIN.
Mettons que je n'ai rien dit! (A sa femme.) Qu'estce que tu sais encore ?
Mme REMOUSSIN.
Le gouvernement acceptera l'enquête, mais le ministre a affirmé h madame Bourdier qu'aucun nom ne serait publié.
1 00 l'exgrenagk
MORIN
Voilà qui me rassure un peu.
M"ie REMOUSSL\.
Lecardonnel revient par le train suivant, il nous apportera les nouvelles, madame Bourdier est allée en chercher.
Ah ! ça vous rassure, vous... Vous avez de la chance.
MORIN
Je vais voir chez moi si je n'ai pas de dépêche. J'avais dit qu'on m'apporte ici celles qui pourraient arriver.
REMOUSSIN.
Mais attendez donc un peu !... Pour ce qu'elles vous apprendront vos dépêches, vous le saurez bien assez tôt... Parlons de ce qui se passe... Savezvous où ça nous mènera ça? Ça nous mènera au mépris de toute autorité, à l'oubli de tous les respects. Le jour où vous aurez compromis la dignité du Parlement par des enquêtes, des jugements et cœtera.vous aurez porté atteinte à la Souveraineté nationale et la France sera mûre pour le tyran ou pour l'anarchie !
MORIN
C'est absolument juste... Je vais voir chez moi si je n'ai pas de dépêche.
REMOUSSIN, très inquiet et arrogant.
Vous revenez, hein ?