ACTE TROISIÈME
par coffrer les meneurs, et la grève n'irait pas plus loin... (Un silence.) Je ne comprends pas que ma femme ne soit pas encore de retour.
Elle est à Paris?
REMOUSSIN.
Oui, chez notre chère cousine Bourdier, où elle attend les nouvelles.
MORIN
11 y a un autre train qui arrive dans une heure.
REMOUSSIN.
Mais c'est celui qu'elle a dû prendre... Et de cet imbécile vous n'avez pas entendu reparler?
MORIN
Quel imbécile ?
"Votre marquis de Storn parbleu ! de qui voulezvous que je parle!
MORIN
Je crois qu'il a pu gagner l'Angleterre.
REMOUSSIN.
C'est ce qu'il avait de mieux à faire... Ah ! bon sang de bon sang, si c'était à recommencer, ce que je lui torcherais le nez avec son chèque, à celui-là!
MORIN
Qu'est-ce qu'il vous a fait?
REMOUSSIN.
Ce qu'il m'a fait? je vous dis qu'on n'est pas bête
comme ça! On ne se laisse pas berner à ce point! On n'est pas assez idiot pour garder des copies de lettres, et des talons de chèques... S'il n'avait compromis que lui, par son imbécillité, je le laisserais tranquille ; mais lorsqu'on a la garde de la réputation et de l'honneur de plusieurs familles, et qu'on se conduit comme lui, on est pis qu'un abruti, on est un criminel !
Mon cher, vous allez comprendre... Lorsque de Storn...
REMOUSSIX.
Ah ! voilà ma femme...
Entre Mme Remoussin.