SCÈNE DERNIÈRE
LÉONIE, Mme REMOUSSIN, REMOUSSIN.
LÉONIE
Maintenant que nous sommes entre nous... Remoussin, accablé est toujours assis près de son bureau à droite. Mme Remoussin entraîne sa fille à gauche.
n^^ REMOUSSIN à mi-voix.
C'est cela, te voilà contente.... parce que tu as agi comme clans les romans... où retrouveras-tu un mari, maintenant... Ah! vous êtes bien pareils tous les deux.
LÉONIE, toujours sans éclat et détaillé.
Ecoute, mère, et pardonne-moi ce que je vais te dire... Es-tu bien certaine que ni toi, ni moi, nous n'avons aucune responsabilité dans la faute que mon père a commise ?
M^e REMOUSSIN, troublée-
Mais. .. i»
11 est déjà assez malheureux.
Mme REMOUSSIN.
Enfin, n'est-ce pas sa faute?...
LÉONIE
Rappelle-toi. Père ne voulait pas se présenter... c'est toi... c'est nous qui l'y avons poussé... Nous avons été des ambitieuses et nous sommes bien coupables, nous aussi.
i32 l' ENGRENAGE
j^me REMOUSSIN, de plus en plus troublée.
Oui, je vois à présent. Je me rappelle... oui... je vois tous mes torts... (Klle va vers son mari.) C'est moi qui t'ai forcé à accepter le ch...
REMOUSSIN, qui écoutait depuis quelques instants. Bas à sa femme.
Tais-toi... Il ne faut pas qu'elle ait à rougir de nous deux.
ivime REMOUSSIN, lui serrant la main à la dérobée. Bas
Oh ! comme tu es bon ! Merci (Un silence.) Ecoute...
LE PEUPLE, au dehors sur l'air des lampions.
Ré-mous-sin! Le vo-leur ! Ré-mous «sin! Le voleur !
REMOUSSIN.
Mais j'ai restitué ! J'ai restitué ! Je ne suis pas un voleur puisque j'ai restitué ! Ils ne comprennent pas... ils ne savent pas... Je vais leur parler.
REMOUSSIN, allant ouvrir la fenêtre. Mes amis !
Une explosion de huées et de sifflets lui répond.
M™« REMOUSSIN, refermant la fenêtre.
Je t'en prie ! Je t'en prie !
REMOUSSIN.
Gabrielle ! Ne t'approche pas I
M"» REMOUSSN.
Ils ne me voient pas !... (Elle regarde) . Ils sont tous là, ceux qui t'acclamaient il y a un an ! Et le père Taulard, le voilà au premier rang !