ACTE TROISIÈME
REMOUSSIN.
Tant pis. J'ai fait autre chose encore. J'ai été chez le banquier, j'ai pris un arrangement avec lui, et je lui ai donné l'ordre d'envoyer les 25.000 francs à Paris.
iLECARDONNEL.
Ah! bon Dieu ! si c'est vrai !
Mme REMOUSSIN.
Mais il faut l'enfermer, mais ...
REMOUSSIN.
Cet argent n'était pas à moi ! je l'ai rendu !
LECARDONNEL.
C'est un vol, ce que vous avez fait là ! C'est comme si vous preniez 25.000 francs dans ma poche.
M"ie REMOUSSIN.
Si tu t'étais tenu tranquille, nous aurions 25.000 frde plus, et nous ne serions pas déshonorés.
LECARDONNEL.
C'est vrai, ça, au fait, il n'y a pas que notre argent, il y a notre honneur.
M'"^ REMOUSSIN.
Il est tellement borné qu'il a cru qu'on lui en saurait gré d'avoir remboursé!
LECARDONNEL.
Et au contraire, pendant que tous les autres so promèneront les mains dans les poches, il sera h l'ombre, lui, car il n'y aura que lui de condamné!
130 L'ENGRtNAGt:
REMOUSSIN,
Tout ce que vous pourrez me dire et rien, c'est la même chose. J'ai reconquis ma propre estime, et je suis en paix avec moi-même, ça me suffit.
LECARDONNEL.
Enfin, répondez, répondez !... Pourquoi avez-vous fait ça ! Pourquoi ! Pourquoi !
LÉONlE, (sans éclat de voix).
Parlez moins haut, monsieur Lecardonnel. Vous n'êtes pas encore chez vous, ici... Et puisque vous ne comprenez pas pourquoi mon père a agi comme il Ta fait, je vous prie de sortir.
LECARDONNEL.
Vous me priez...
De sortir. Il y a ici des gens qui ont pu pu faillir, mais que leur repentir a relevés, et qui sont d'honnêtes gens. Cette société n'est pas celle qui vous convient. Sortez.
LECARDONNEL.
Eh bien... j'aime beaucoup mieux cela. Adieu.
LÉONIE
Bonsoir.