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courir davantage au crédit, et la Banque a dû taii'e lace à des besoins sans })r()i)()i'tions avec ceu\ d'autrefois. Quant à la prétention de soumettre le taux de l'escompte à un maximum, ou de le faire régler par l'État, sous prétexte que la Banque de lM"ance jouit d'un monopole, c'est une prétention (|ui ne soutient pas la discussion. On peut imposer un tarif maximum à une compagnie de chemin de fer ou à toute autre entreprise industrielle qui a un monopole; ces entreprises, à la rigueur, ont le moyen de se développer en proportion des besoins: si le tarif qu'on leur impose est trop bas, tant pis pour elles, elles seront ruinées; mais ce ne sera (ju'un malheur privé dont le [)ublic ne souffrira pas, ou dont il soulTrira peu.
Il n'en est pas de même avec la Banque de France. Les ressources de la Banque de France reposent sur la confiance du public ; elles ne peuvent pas se développer indéfiniment en |)roportion des besoins, et le jour où le taux de l'intérêt dépasserait celui qu'il est permis à la Banque d'établir, le jour où les demandes aftlueraient, elle n'aurait plus qu'à fermer ses caisses. Ce jour-là, les autres établissements, n'étant plus gênés par la concurrence de la Banque de France, et privés
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d'ailleurs des ressources qu'ils trouvaient cliezelle, élèveraient le taux de l'escompte à des prix fabuleux ; on s'apercevrait alors des services que rend la Banque de France. Si la Banque voulait abuser de son monopole et élever arbitrairement le taux de l'escompte au delà du cours réel, elle en serait la première victime ; ses opérations diminueraient. 11 y a à côté d'elle de nombreux établissements de crédit qui lui enlèveraient tout le papier de commerce. Sait-on à quel moment elle élève le taux de son escompte ? C'est lorsqu'elle voit venir à elle du papier qui n'y vient pas d'ordinaire. Elle a la démonstration qu'en dehors d'elle l'argent est plus cher qu'elle ne le fait payer, et, si elle ne s'empressait pas de se mettre au niveau du marché, elle n'aurait bientôt plus de ressources.
La Banque, il est vrai, a de plus que les autres établissements le droit d'émission; mais ce droit n'est pas sans compensation. Elle est soumise à plus de charges, elle a une plus grande responsabilité vis-à-vis du public. Le banquier ordinaire, pour une raison ou pour une autre, peut choisir ses cliens, il peut même fermer ses guichets quand cela lui convient et refuser l'escompte; la Banque de France ne choisit pas ses clients, elle est obli-
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gée d'admettre tout le inonde aux conditions fixées |)ar son règlement, et non-seulement elle est obligée d'admettre tout le monde, de prêter le crédit le plus large qui existe, mais ce crédit, elle ne peut pas le suspendre, l'arrêter, sous peine d'un cataclysme effroyable. Je ne connais pas de moyen qui lui permette d'accomplir ce devoir en dehors de l'élévation facultative du taux de l'escompte.
Maintenant, après cet examen des principales questions soulevées par le questionnaire de l'enquête, (pielle conclusion doit-on en tirer? La conclusion à en tirer, c'est que la Banque de France a été injustement attaquée, et qu'elle était complètement étrangère aux causes qui ont amené la crise de 1863 et de 186/i. En élevant le taux de son escompte, elle s'est comportée vis-à-vis de cette crise comme le médecin qui voit le mal et (jui s'applique à le guérir avant qu'il ait pris des proportions ti'op graves. Elle devra donc, à part ([uelques détails insignifiants, sortir triomphante de l'enquête. Seulement, ce qui paraîtra bizarre, c'est que le premier mot de cette enquête soit parti de l'établissement qui a la plus grosse responsabilité dans la dernière crise. N'est-ce pas en effet le Crédit mobilier, pour l'appelei- par son nom.
qui a provoqué plus ({iraucun autre la mauvaise direction des capitaux qui sont allés se perdre dans des entreprises douteuses, tant à l'intérieur qu'à l'étranger? >j 'est-ce pas lui qui soutient par un crédit factice les dépenses exagérées que Ton fait pour la transformation des villes? Et quand toutes ces tentatives aventureuses ont produit leur conséquence naturelle, qui est l'élévation du prix de l'argent, il est encore le premier à se plaindre et à déchaîner contre la Banque de France, par des déclamations stériles, les passions et les intérêts. Il serait grand temps d'en finir avec ces déclamations, qui n'ont d'autre elfet que d'agiter le public et de lui donner le change sur la cause des maux dont il soulTre. Espérons que l'enquête qui se poursuit nous rendra ce service ; espérons que la commission qui la dirige, lorsqu'elle aura bien entendu tous les témoignages, bien pesé toutes les opinions, saura faire justice des expédients ridicules qui se produisent chaque fois que l'argent est cher, et qu'elle dira énergiquement ce qu'il faut en penser.
PARIS.— J. CLAYK, I M 1' K 1 M E U K , ", K U li S A 1 N T- B E N 0 1 T,
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