‹ L'énigme allemandeChapitre 13 sur 106 · P-$ LE · texte numérisé non relu

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prendrait pas, si l’on ne tenait compte de l'état d'esprit du Prussien. Le Prussien est volontiers arrogant et vantard; il a fait l'Allemagne moderne et ne permet pas que son orgueil cesse un instant de s’en souvenir. Ce ne serait rien encore, s'il n’était, à un degré singulier, privé de ces grâces de l’esprit qui, chez d’autres, se répandent en nuances subtiles à travers la conversation. Défauts déplaisants, mais qui ne doivent pas faire oublier les qualités viriles d’une race bien trempée. Elle fut pauvre, malheureuse, et mena par nécessité une vie d’âpre travail; elle n’est arrivée au bien-être que depuis peu, et n’y parvint que par la force : elle croit à la force et ne se relâche pas de serrer les poings.

Je savais cela. Et cependant, quittant M. Alfred Kerr, je me trouvais dans les sentiments incertains et troubles où l’on sera sans doute au récit de notre entretien. Les propos que je venais d’entendre étaient extraordinaires, les plus rudes qu’une bouche allemande ait devant moi proférés. C'était comme si l'âme ancienne de la Prusse avait soudain exhalé tout son orgueil et toute sa haine. Mais quel visage ne prenait-elle pas! Je n'avais devant moi ni un partisan ombrageux, ni un fanatique, ni un malappris; mais un logicien, au nom de la sociologie, marquait, sans colère, sans passion, sans souci de faire un compte de torts, ce

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