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— Maintenant? Voici... Quarante-deux ans sont passés depuis la guerre. Vous nous regardez, et vous pensez sans cesse : Quel mauvais coup médi-
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tent-ils? Car vous n'admettez pas que nous n'occupions sans répit nos esprits à préparer contre vous quelque maléfice. La plupart des Français n’ont jamais consenti à nous considérer objectivement. Il leur arrivera de parler d’un Espagnol, d’un Américain, d’un nègre, je ne dis pas avec bienveillance, mais avec équité; à l'égard d’un
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Allemand, on n’a que parti pris, préjugé, passion, aveuglement. Certains traits de notre caractère vous choquent, je le veux bien, et certes je ne défends pas l'Allemand dans toutes ses manifesta-
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tions ; mais cet Espagnol, cet Américain, ce nègre sont-ils donc, à vos yeux, accomplis en toutes choses? Que n’avons-nous entendu, des bouches françaises, avant la réconciliation, sur les mœurs et le caractère anglais? Que ne pensez-vous des Russes? Que n'en dites-vous pas entre vous?
Croyez-vous que le tempérament français, si riche et si séduisant que je le reconnaisse, agrée uniformément, dans tous ses aspects, à l'univers? Prétendez-vous supprimer les différences que les races, les coutumes, les religions, le développement historique ont mises entre les peuples? Sans tolérance réciproque, concevez-vous, entre les individus, une vie sociale, entre les nations, une vie internationale ?
« Mais la passion vous aveugle. Je ne me permettrai pas de condamner des sentiments dignes de tout respect; pour les comprendre, 1l me suffit d'imaginer quelle douleur eût été celle de mon pays, si la fortune l’eût abandonné : entre peuples fiers, l’orgueil parle un langage qui est toujours entendu. Cependant, après cinquante ans bientôt, nous est-il interdit de souhaiter de votre part un effort de critique raisonnable et de justice? Alors que notre évolution historique nous a jetés les uns contre les autres, en des chocs répétés, avec des destins contraires, faut-il que vous vous obstiniez à ne retenir que la dernière de ces rencontres et à
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