‹ L'énigme allemandeChapitre 62 sur 106 · HU · texte numérisé non relu

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sés, en quelques jours de marches victorieuses, par les Grecs, les Serbes, les Bulgares et ce peuple minuscule contre lequel on a vu toute l’Europe, noblement, se liguer, les Monténégrins.

Ce furent des coups sensibles, non seulement pour l'empire allemand, protecteur, instructeur et fournisseur de la Turquie, mais pour le germanisme, atteint soudain dans son prestige par une irrésistible levée de slaves : la presse russe, la presse française, puis la presse anglaise — mais avec plus de réserve — prirent soin que nul dans le monde ne l'ignorât. Et l'Allemagne, dévouée par tempérament au culte de la force, ne tarda point, avec cette rudesse de décision à laquelle l'univers na pu encore s'accoutumer, à tirer de ces événements une conclusion brutale : d’un grand effort, auprès duquel celui de 1912 ne fut qu'un jeu, elle augmentait son budget militaire de plus de deux cents millions de marks et son armée de paix de cent cinquante mille hommes.

À cette nouvelle, 1l y eut, à travers le monde, de la stupeur et de l’émoi. Mais une seule chose im porte : les risques de choc sont-ils accrus? Pourquoi le seraient-ils? Si l'Allemagne a des raisons profondes de tenir à la paix, il n’est rien, dans la distribution nouvelle de l'Europe, qui puisse l'incliner à s’en déprendre. Et si l'Allemagne belliqueuse est en quête d'une occasion de conflit, que

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