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n a-t-elle saisi celle qui s’offrait? Cette occasion pouvait tenter. L'Autriche et la Roumanie étaient prêtes à engager à fond douze cent mille hommes de bonnes troupes; la France, occupée à instruire ses recrues, n'avait à lui opposer en première ligne que deux cent mille hommes à peine; et ce n'est pas un secret que la Russie, malgré un appareil mihtaire déjà redoutable, n’a pas achevé sa réorganisation : chances remarquables pour une attaque de surprise contre la Triple Entente. Cependant cette fortune qui se proposait, l'Allemagne l’a dédaignée, et nous l’avons vue au contraire, des mois durant, par l'organe de sa diplomatie, par sa presse, par l’action même du Kaiser, obstinée dans un effort pacifique pour retenir la compromettante alliée autrichienne.
Sur les intentions de l’Allemagne, on discutera longtemps, et cette dispute sera vaine. Rien d'autre ne compte que les faits et les intérêts. En fait, l'Allemagne pratique la paix. A-t-elle des raisons de lui préférer la guerre? Question liminaire, quand il s agit d'un peuple que ne dirige pas sa sensibilité. Que l’on y réfléchisse avec soin et que l'on conclue : c'est facile, car les intérêts sont ostensibles et forment une matière qui se pèse et se dose. Un économiste très instruit des choses européennes, M. Arthur Raffalovich, a écrit « L'organisation économique de l'Allemagne est