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s'offrent à eux, vont-ils les repousser? « La nature a placé côte à côte deux grandes nations, la gauloise et la germaine, toutes deux ayant reçu l’empreinte de la civilisation romaine et s'étant développées un peu différemment, sans doute, à cause de leurs sols et de leurs climats différents. Ces deux races sont faites pour s'aimer, pour se compléter, pour former un tout d’une puissance qui n'a jamais été égalée dans le monde. » Et Le vieux patriote qui, au soir de ses jours, ne cesse pas de demander que l'Allemagne généreuse interroge la volonté des deux provinces, conclut par ce serment : « Le jour où nous serons consultés sur notre nationalité, comme en 1859 on a consulté les populations de Nice et de la Savoie, nous jurons de devenir le lien nécessaire entre la race française et la race germanique, nous jurons de fonder d’une facon indestructible l’amitié entre deux grands peuples qu'on n'aurait pas dû diviser! »
Il y a peu de semaines, au mois de février 1913, à la tribune du Reïichstag, un député alsacien, l'abbé Hægy, faisait à son tour entendre de graves paroles : « Mon parti et moi, nous considérons que les députés alsaciens ont pour devoir d'exercer sur les rapports franco-allemands une influence concihante. Des conférences d’Alsaciens en France ne peuvent avoir qu'une action favorable, car elles sont susceptibles d’atténuer là-bas des influences
excentriques..… En pacifistes convaincus, ajoutaitil, nous regrettons que la question d’Alsace-Lorraine reparaisse sans cesse comme un élément de trouble dans les rapports des deux pays. A notre avis, la guerre de 1870 devrait être la dernière entre les deux nations civilisées. Nous ne voulons pas que le sol de notre pays soit de nouveau souillé du sang de peuples faits pour coopérer côte à côte à l’œuvre de civilisation. Personnellement, nous combattons avec la dernière énergie toutes les tendances belliqueuses, toutes les velléités de revanche. »
ÂA-t-on oublié aussi quel noble accent anima, le 17 février 1913, la parole de M. Jacques Preiss, ancien député protestataire d'Alsace-Lorraine au Reichstag, lorsque, dans la salle de la Société de céographie, à Paris, il vint raconter à des Francais la poignante histoire de quarante ans de domination allemande (1)? « C'est la faillite, la faillite complète, absolue, disait-il, de l'œuvre d’assimilation entreprise par le conquérant; dans le for intérieur, dans la conscience intime, l’antagonisme des deux races, des deux mentalités, n'a jamais été plus profond qu'aujourd'hui. » Avec ses compatriotes, 1l réclamait, « sur le terrain du fait accompli », l’autonomie, « la complète égalité avec les
(1) V. Appendice.