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lecon d'histoire qui, du progrès et des victoires du
Slavisme, a fait la rancon des victoires du Germanisme! Au congrès de Berlin, Bismarck, réveillé enfin, se retourne vers l'Orient négligé, et, redevenu le protecteur du Turc, rentre dans la tradition prussienne. Trop tard... Des graines, que sa main n'a pas su ou pu arrêter à temps, sont en travail dans le sol, et c’est elles dont nous voyons à cette heure, de leurs enveloppes éclatées, surgir les premières germinations.
C’est, au temps présent, le combat ancien qui continue, c’est la même œuvre de dissolution qui, tantôt lente et tantôt accélérée, ne s'est jamais interrompue; mais quel changement dans les forces en présence! Comme jadis, le germanisme représente, contre le flot asiatique, le progrès, la civilisation, la culture, le sens moderne de la vie; devant l'aigle à deux têtes, il est ce que furent devant lui, trois siècles durant, les aigles romaines, porteuses de lumière et de justice, porteuses de défaite; mais en face d'une Allemagne de 65 millions d’habitants, et qui fait un grand effort pour aligner près de 900 000 soldats, regardez cette Russie formidable, qui a 160 millions d’âmes, 1 400 000 hommes dans ses régiments, 1 800 000, quand il Iui plaît, comme en janvier dernier, de retenir sous les drapeaux sa classe libérable, qui va compléter ses lignes de mobilisation, et qui, sa réorganisation
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terminée, n'aurait qu'à ouvrir sur l'Allemagne ses robinets, pour la noyer sous le déluge de ses armées. L'Allemagne, quand elle nous considère, se montre très vaine de ses facultés prolifiques et de la richesse de son industrie; mais la Russie, pays tout neuf, pays fertile, gorgé de minerai, est à la veille de connaître une activité industrielle et agricole sans égale dans le monde, et, quand l'Allemagne s'accroît chaque année de 7 ou 800 000 enfants, la Russie en compte plus d'un million et demi. M. Alfred Kerr, interprète des arrogances prussiennes, me disait avec superbe : « On pense chez nous que l'heure allemande est venue; mais, plus tard sans doute, il faudra que nous cédions le pas à des barbares nouveaux... » Il me parlait ainsi avant que les tonnerres de la guerre balkanique eussent retenti : n'est1l pas d'avis à présent que l'heure allemande, avant d’avoir sonné, risque d’être bousculée par l'heure slave (1)?
En regard de telles conjonctures, quel jeu périmé que de se demander si l'Allemagne songe ou
(4) En 1893, devant la commission du budget du Reichstag, le chancelier de Caprivi prononçait les paroles suivantes :
« La Russie est en voie de développement. Ce pays est bien éloigné d’avoir atteint son point culminant aux points de vue économique et militaire. Grâce à ses ressources en céréales, charbon, etc.…., il peut devenir, au point de vue économique l'Etat le plus indépendant et, au point de vue militaire, l'Etat le plus puissant de toute l'Europe. »
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