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traire de leur vieille compétition, à leur rapacité.
Incapable successeur de ce grand politique, le fanatique et corrompu Frédéric-Guillaume II ne se Soucia pas plus de réfréner le slavisme que de suivre les hautes conceptions de son oncle; mais, léna venu, les hommes qui se levèrent alors dans la Prusse écrasée comprirent que le salut était dans le retour à la tradition créée par Frédéric. C'est en se souvenant de ses leçons qu’ils redressèrent la patrie. Cependant la direction que les circonstances, autant que l'ambition, devaient bientôt imposer au royaume, ne lui permirent pas tou- Jours, durant le dix-neuvième siècle, de demeurer ferme dans son rôle de chien de garde en surveillance contre le slavisme. Il y eut même des moments où, pour l’accomplissement de ses desseins, elle fut réduite à s’assurer l’aide de son vieux rival. Le besoin de puissance, la prétention à la suprématie germanique, la volonté dé refaire l'unité par la restauration de l’empire, poussent la Prusse de Bismarck à violer, en 1864, le traité de Londres et à entreprendre contre le Danemark la guerre des duchés; en 1866, à se jeter dans la campagne de Bohême; en 1870, à accepter sans regret le conflit avec la France, sinon à y aider. Mais par là que fait Bismarck, sinon d’abaisser encore — définitivement cette fois — et de découronner l'Autriche, et d’affaiblir ainsi la digue su-
prême que Frédéric voulait maintenir entre lui et le slavisme?
Du même coup, il doit fermer les yeux à la poussée slave. Tandis qu’il est occupé au Danemark, en Bohême ou en France, la Russie ne perd pas son temps. Elle descend, elle se glisse, elle s'impose dans les Balkans, et, libre du côté de la jeune Allemagne, qui digère en paix sa rude victoire, elle y agit, aux dépens de l’Autriche, contre la Turquie. Par elle, le Serbe, bientôt écrasé par le Turc, est sauvé; par elle, la Bulgarie naît à la vie. Tous les Slaves des Balkans se raniment; ils sentent l'espérance danser de nouveau dans leurs cœurs; de proche en proche, lallégresse grandit, gagnant jusqu aux Slaves d'Autriche, qui, vaincus, étouités, broyés, à leur tour relèvent la tête. Et ïl se trouve que la Prusse germanique et antislave du grand Frédéric, créatrice et patronne de l’Allemagne de Bismarck, toujours et de plus en plus menacée par le « voisin redoutable » qu'avait démasqué le roi philosophe, militaire et politique, devenue maintenant l’alliée et l’amie de cette Autriche abattue et humiliée par elle, n’est plus en réalité que l’amie d’un empire où le germanisme, chaque jour, perd pied davantage, et l’alliée de 24 millions de ces Slaves inquiétants, contre lesquels Frédéric avait senti la nécessité de rassembler toutes les énergies de son peuple! Éloquente
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