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cis. J’ai ainsi tous les chiffres de 1902 à 1912 inclusivement.
Dans l’année 1912, la France a envoyé en Allemagne pour 814 millions de francs de marchandises, mais elle en a reçu pour plus de 981 millions : c’est donc, au désavantage de son industrie, une différence de plus de 467 millions. |
Avant d’aller plus loin, constatons que la France est un pays d'importation, c’est-à-dire qui achète plus qu’il ne vend. Dans la même période, elle a acheté au total près de huit milliards de marchandises et n’en a vendu que pour six milliards six cent trente-six millions, et elle a ainsi envoyé à l’étranger treize cents millions de francs. Dans ce total d'importation, l’Allemagne ne vient qu’en seconde ligne : l'Angleterre y figure pour un peu plus d’un milliard, les États-Unis pour 874 millions, la petite Belgique pour près de 525, la Russie pour 416, la République Argentine pour près de 3923, etc... Les seuls pays où la France ait envoyé plus qu’elle n’a reçu sont l'Angleterre, la Belgique, la Suisse et l'Italie. Il n’en reste pas moins que 167 millions d'argent français sont allés en Allemagne : voilà le fait. À l’analyser, que trouvons-nous ?
La France est un pays de culture; elle produit peu de houille; elle ne s’était pas révélée, jusqu’à présent, comme un pays de mines. Or, l’Allemagne possède un sous-sol abondant en houille, et sa terre est, en de nombreuses parties, pauvre; partant, le plus gros de son activité et de sa force s’est rejeté vers l’industrie.
Les conséquences, les voici, brutalement inscrites dans quelques chiffres. La France, produisant peu de houille, en a acheté, dans le temps que nous consi-
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dérons, c’est-à-dire du 1* janvier au 31 décembre 19192, pour 458 millions de francs. Ses fournisseurs prineipaux, pour ainsi dire les’ seuls, sont l’Angleterre, l’AIlemagne et la Belgique; elle en a acheté : à l'Angleterre, pour 206 millions; à l’Allemagne, 136 1/2; à la Belgique, 105 1/2; soit, à la Belgique, environ 23 pour 100 de sa consommation générale; à l'Angleterre, 45 pour 100; à lAllemagne, près de 30 pour 100. L’Angleterre n’a pas à se plaindre. car les charbons belges et allemands, plus voisins, coûtent moins cher à la France que le charbon anglais.
L'industrie allemande, trouvant sur place son charbon et le payant moins cher, produit à meilleur compte et se développe davantage : loi économique contre laquelle nulle tentative, individuelle ou sociale, ne peut rien. Îl en résulte que, tandis que la France ne vend à l'Allemagne que pour 8634000 francs (en augmentation de 300000 francs sur 1911) de machines et mécaniques et 5 600000 francs d’outils et ouvrages en métaux, elle lui achète pour près de 132 millions de machines et près de 41 millions d'outils, soit des machines agricoles, des machinesoutils, des locomotives, des dynamos, des machines à coudre, des métiers à tisser, etc... Qu’'y pouvonsnous? N’avons-nous pas vu, naguère, l'État obligé de commander à l’industrie allemande des locomotives, que l’industrie française se reconnaissait impuissante à lui livrer dans le temps prescrit? Avons-nous aussi du cuivre? L’Allemagne nous en vend pour près de 13 millions.
Parvenus en ce point, arrêtons-nous un instant et faisons une addition. La France achète à l’Allemagne et ne peut pas ne pas lui acheter, et, la délaissant,
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