‹ L'énigme allemandeChapitre 92 sur 106 · CREER · texte numérisé non relu

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(4) En 1909, la France a vendu à l'étranger pour 92 598 000 francs de vêtements pour femmes; en 1940, 117 756 000 francs; en

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biles, cycles, plus de 17 millions contre un peu plus de 6... Nous achetons à l’Allemagne pour 3 902 000 francs de bière, c'est vrai, mais qu’est cela, en regard des 33 245 000 francs de vin que nous lui avons vendu dans le même temps? Et le chiffre le plus flamboyant me reste à fournir. Les Allemands nous ont expédié pour 11 484 000 francs de colis postaux; en même temps, ils en recevaient de nous pour 128 503 000 francs, qui se décomposent ainsi : près de 23 millions pour les tissus de soie, 105 millions et demi pour les autres marchandises. Quelles marchandises? En partie, des fleurs et des primeurs, qui sont, par wagons, envoyées en Allemagne; mais, en très grande majorité, des objets manufacturés.

Qui donc parle d’invasion économique? Parce que la nécessité nous oblige à acheter à l’Allemagne, en un an, pour 136 millions de francs de charbon, et que ce premier tribut, imposé par la nature, en entraîne un autre, que l’on peut sans excès estimer à près de 200 millions; parce que les pauvres gens achètent des montres en doublé, parce que nos verriers, nos papetiers se laissent distancer dans la concurrence internationale, parce que la fabrication des machines, des outils, des produits chimiques à pris un grand essor dans un pays de houille, parce que les tissus alsaciens n’ont pas oublié le chemin de Pancienne patrie, faut-il fermer les yeux à l'évidence et nier le fait ?

La douane nous dit et nous prouve que l'industrie et le commerce français, bien loin d’être étouffés, dans

1914, 132 636 000 francs, soit, constate M. A. Picard, 43 pour 100 d'augmentation en deux ans.

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les échanges franco-allemands, par l'Allemagne, sont encore les véritables bénéficiaires du voisinage des deux nations. Ni lois ni ligue ne feront jamais que la France soit un pays de charbon. Mais des lois qui. ailleurs, seraient établies contre elle, des ligues qui soulèveraient contre elle l’opinion d’un peuple voisin, pourraient douloureusement retentir sur sa prospérité : y a-t-on réfléchi?

Sait-on quels discours pourrait tenir un pangermaniste exalté par la concurrence française?

— Ce cheval que vous attelez à votre voiture, diraitil, cette soie dont vous vous vêtissez, ces légumes dont vous vous régalez, ce vin que vous buvez. ces fourrures de luxe, tout cela vient de France. Le soleil que ce raisin met sur votre table est du soleil de France. Ce que vous respirez en vous penchant audessus de ce vase, c’est un parfum de fleurs de France. Allez-vous coudre plus longtemps avec du fil de France? Si vous êtes patriote, madame, faut-il que vous pariez votre corps de linge français, et que vous montriez, dans votre automobile française, un chapeau français, une robe française, une hermine française? Faut-il que vous lisiez ce livre qui est français, et ne viderez-vous point votre appartement de ses meubles français, de toute sa tabletterie française, de tout ce qu’ils appellent des articles parisiens ?.….

Même s’il hésite à s’exprimer avec cette véhémence, oublie-t-on qu’il suffit d'un hasard qui fait stationner dans une gare d’embranchement un wagon de fleurs, de volailles ou de fruits un peu plus longtemps qu'il ne faut, pour que son chargement soit perdu; et que ce hasard n’a besoin de se reproduire que cinq ou six

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