‹ L'énigme de CharleroiChapitre 14 sur 53 · LE PIÈGE ALLEMAND · texte numérisé non relu

LE PIÈGE ALLEMAND

Hausen (région de Laroche), armée von Bûlow (Sud de la Meuse, Andenne, Huy), armée von Kluck (derrière la Cette).

Il est probable que, par cette disposition en demicercle, le grand état-major allemand se préparait à profiter, comme il a été dit déjà (i), d'une faute de ses adversaires. N'ignorant pas que le gouvernement belge avait fait appel au gouvernement français et qu'il avait demandé d'urgence l'envoi d'une armée en Belgique, les Allemands avaient, sans doute, conçu le projet de laisser cette armée s'avancer jusque sur la plaine de Bruxelles- Waterloo, pour l'écraser entre les cinq armées tombant simultanément sur elle.

Le raid de cavalerie du général Sordet qui pénétra !en Belgique jusqu'aux portes de Liège, dut accréditer, lians l'esprit de l'état-major allemand, l'opinion que jl' armée française suivait et que le commandement français, cédant à l'entraînement d'une impétueuse générosité, jetait, en quelque sorte, une armée de iélivrance dans la gueule du loup. Mais, en fait, malgré des instances réitérées et des sollicitations émou- /antes, le haut commandement français ne céda ni lux appels, ni aux conseils. Son plan était tout autre ît il s'y tint fermement.

A partir du i8, les Allemands apprennent par des ictes publics et les communiqués officiels que le gouvernement belge a pris le parti de ramener son armée lans le camp retranché d'Anvers ; dès lors, l'attente st inutile et aussitôt le Kaiser ordonne le déclenhement du grand mouvement tournant.

(i) V. d« S«aza L* DUaUé all*mMHde.

Le piège n'a pas joué : reste la surprise.

Le souci angoissant du commandement français, durant les premières semaines de la guerre fut celuici : par où déboucherait la principale offensive allemande ?

Lui-même avait son plan ; il attaquait par l'Alsace et la Lorraine et manœuvrait pour pénétrer en AllemEigne, sa droite au Rhin. Mais l'exécution d'un tel projet ne pouvait pas ne pas être influencée par le parti que prendraient les Allemands. Nous verrons tout à l'heure par quelle suite de remaniements et de mises au point le haut commandement français dut parer aux initiatives ennemies : on comprend de quel intérêt il était pour les chefs allemands de ne dévoiler leurs desseins que le plus tard possible. Deux lutteurs avant de s'étreindre, multiplient les feintes.

Tant que les armées allemandes étaient immobiles dans le Luxembourg et le Luxembourg belge, installées qu'elles étaient au carrefour des routes conduisant soit en Belgique, soit en France, on pouvait leur attribuer divers projets : soit une contre- attaque de flanc contre notre propre offensive en Lorraine annexée, soit une attaque frontale sur Verdun, soit une offensive de grand style par la vallée de l'Alzette débouchant en France par Rocroi et Mézières, coupant nos armées de l'Est de Reims et de Paris. Les forces opérant en Belgique eussent tout simplement, dans ce dernier cas, fait fonction de flanc-garde ou, tout a plus, eussent coopéré à la manœuvre en prenant L chemin de Paris par l'Oise, comme les alliés l'avaien" fait en 1814.

En présence de ces diverses éventualités, le haui commandement français, tout en engageant son ail

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