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LE RETARD ALLEMAND ? POURQUOI

revu, avant la déclaration de guerre, l'assurance que des ofi&ciers français, et peut-être aussi des troupes, avaient été envoyés à Liège avec la mission d'instruire les troupes belges sur le service des forts. Avant l'ouverture des hostilités nous n'avions rien à dire de cela. (Vous voyez le raffinement de mensonge et d'hypocrisie ; mais il est nécessaire pour en arriver aux explications qui suivent.) Dès le début de la guerre, cela :x)nstituait une violation de la neutreilité de la France vis-à-vis de la Belgique. Les Allemands devaient agir rapidement. (Donc « le cas de Liège » n'est nullement prémédité ; c'est tout à fait à l'improviste et pour parer à an danger, d'ailleurs inventé à plaisir, que l'Allemagne ;roit devoir se jeter sur cette place, Liège étant remplie 3e Français.) Des régiments non mobilisés furent jetés i la frontière et mis en marche sur Liège. Six faibles brigades avec un peu de cavalerie et d'artillerie prirent la |/ille. Deux autres régiments, qui venaient de terminer eur mobilisation, purent aussi être envoyés. (N'insistons )as sur ces révélations et ces explications aussi fausses qu'embarrassées.) Nos adversaires annoncèrent que, levant Liège, se trouvaient 120.000 Allemands ne pouvant continuer leur marche en avant, en raison des lifficultés du ravitaillement. Ils se trompaient ; car ■ette pause eut d'autres raisons. C'est seulement alors que ommence la marche en avant des Allemands. Nos adveraires auront la preuve que nous ne l'avons entreprise ;ue bien soignés et bien équipés. L'Empereur a tenu a parole de ne pas sacrifier inutilement une goutte du a,ng allemand (cela pour répondre à l'émotion causée !n Allemagne par les pertes devant Liège, 42.000 homaes). L'ennemi ignorait nos puissants moyens d'attaque; 'est pour cela qu'il se croyait en sûreté dans les forts... .a. forteresse de Liège ne servira plus les plans primitifs e nos adversaires, mais sera un point d'appu) pour année allemande.

Nous ne sommes pas obligés de prendre pour argent comptant ces explications alambiquées. Le haut commandement voudrait faire croire (surtout au public allemand) qu'il s'est jeté en hâte sur Liège et qu'il s'est emparé de la ville, au prix d'une cruelle effusion de sang, pour y capturer une garnison française. Fait extraordinaire : une fois la ville prise, cette garnison s'est évanouie. Non, la prise de Liège a un autre sens : cette place est la clef de toute la campagne. On s'empare des ponts tout de suite, et par surprise, pour pouvoir déboucher en Belgique. !Mais, tout d'un coup, stop : le grand mouvement s'est arrêté 1

Pourquoi ? Le communiqué allemand fait allusion aux nécessités de la concentration ; puis il indique que les faits parleront d'eux-mêmes. Les nécessités de la concentration ne motivent pas un tel retard : les Allemands se sont vantés de la rapidité foudroyante j avec laquelle elle s'était achevée, grâce à leur réseau de chemins de fer aux approches de la Belgique et dans l'Eifel. Quant aux faits ultérieurs, ils n'ont rien , révélé du tout : on en est donc réduit aux conjeC' tures.

Il faut admettre que le haut commandement, en\ violant la neutralité belge, entendait commencer laij manœuvre probablement par un piège, mais certai-^, nement par une surprise. Les deux explications,', d'ailleurs, ne sont pas inconciliables. ;

Jusqu'au i8, les armées allemandes qui se sont, massées sur le territoire belge sont, en quelque sorte, h l'affût, dans l'ordre suivant : l'armée du Kronprin (Luxembourg et Luxembourg belge), armée du dw de Wurtemberg (Luxembourg belge), armée vo:

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