‹ L'énigme de CharleroiChapitre 2 sur 53 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

mencées dans l'Est, avaient soudain sauté dans l'Ouest; on fut surpris, atterré par le mystérieux communiqué : « ...de la Somme aux Vosges » ; tout s'obscurcit dans l'émotion universelle pour Paris menacé. On ne reconnut pas la vaste tentative d' encerclement de nos armées par les deux ailes (selon les doctrines de von Schlieffen) et l'on suivit à peine la belle parade de Joffre qui, se dérobant dès la première rencontre, prenait du champ et, après avoir refoulé l'aile gauche des Allemands, dans l'Est, rétablissait son propre équilibre vers l'Ouest et attirait l'ennemi dans le piège où il allait le saisir à la Bataille de la Marne.

De cette obscurité résulta l'énigme ; or, c'est la solution de cette énigme militaire — décisive pour l'histoire du monde, — que f essaie d'apporter dans ces pages qui ne sont qu'un court résumé des chapitres plus développés de mon Histoire de la Guerre. Mes éditeurs ont pensé qu'il convenait de rendre le plus possible accessible au public un récit qui établit d'une façon incontestable la supériorité du commandement français. Il est permis, après trois ans, de lui rendre cette justice qui n'est que la constatation de la simple vérité.

Malgré leurs indéniables succès, les Allemands furent battus dès les premières semaines du conflit qu'ils avaient voulu par les raisons qui les avaient portés à le vouloir. L'invasion de la Belgique par la rive gauche de la Meuse, était le secret mûrement médité et savamment élaboré par leur état-major, secret sur lequel ils comptaient comme sur un gage de prompte et décisive victoire.

Or, c'est l'invasion de la Belgique qui les a perdus et qui les perd chaque jour. Par orgueil et pédantisme

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