‹ L'énigme de CharleroiChapitre 26 sur 53 · LES COMBATS S'ENGAGENT · texte numérisé non relu

LES COMBATS S'ENGAGENT

Du 19 au 21, les résultats sont les suivants : la Belgique couverte de la « galopade des uhlans » jusqu'à Tournai ; Namur entourée, assiégée ; l'armée von Bûlow, après avoir bousculé notre cavalerie, se mouvant d'un seul bloc, sa gauche à la Sambre dans la direction de Mons ; l'armée von Kluck, projetée plus loin encore, abordant, par sa gauche, la région de Nivelles, que l'armée anglaise cherche à atteindre, la croyant libre d'ennemis; dans le Luxembourg, von Hausen se mettant en marche pour venir surprendre, entre Fumay et Dinant, les communications de la 56 armée.

En un mot, les armées allemandes ont envahi la Belgique et arrivent les premières sur le terrain quand les armées alliées sont encore en train de se masser. Ainsi, l'initiative du commandement allemand pèse sur la manœuvre des armées alliées.

Observons, toutefois, que les dispositions stratégiques prises par le général Joffre n'ont pas encore rendu tout leur effet. Sa force principale, abritée derrière la Sambre, appuyée sur les places de Namur et de Maubeuge, menace les armées allemandes qui défilent devant elle et une force moindre, mais non négligeable, fait barrage pour s'opposer à leur mouvement tournant et em})êcher leur débouché vers la mer. Si le commandement allemand est prêt à attaquer, le commandement français est prêt à attaquer aussi et il garde la volonté et les moyens de reprendre, à son tour, l'initiative.

Ainsi, s'engagent, le 21 août, les combats de la Sambre, c'est-à-dire l'ensemble des événements militaires connus sous le nom de a Bataille de Charleroi ».

iv. — les combats de la sambre l'ordre de la retraite

Le 21 août, les deux armées se trouvent à proximité l'une de l'autre, mais non pas exactement affrontées. L'armée allemande glisse entre la Sambre et la mer, la droite en avant avec une direction générale obliquée vers l'Ouest et le Sud- Ouest, direction de Valenciennes. L'armée française garde la Sambre, se préparant à déboucher au Nord de la rivière, mais avec une inclinaison légèrement oblique vers le Nord- Est, direction de Namur.

La Sambre sépare les deux armées.

Cette séparation que fait la Sambre n'a pas, en réalité, une portée stratégique considérable. Quoique l'histoire militaire compte, dans cette région, des lieux illustres (Mons, Jemmapes, Fleurus), les proportions et les ressources de la guerre moderne n'y trouvent ni des facilités ni des obstacles pouvant aider ou arrêter sérieusement des opérations de grande envergure. Surtout la nature des lieux s'est si profondément modifiée en raison du développement de l'industrie du charbonnage et des industries annexes que rien ne ressemble moins à un champ de bataille propice aux évolutions de puissantes armées.

Trois régions très différentes se partagent le bassin de la Sambre, si l'on remonte son cours, à partir de Namur. en se dirigeant vers l'Ouest jusqu'à Valenciennes et vers la vallée de l'Escaut. Ce sont: la région industrielle dont Charleroi est la capitale ; le Borinage, ou région minière, groupée autour de Mons ; au delà, sur l'Ouest, la région agricole ou des grandes

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