‹ L'énigme de CharleroiChapitre 25 sur 53 · LE RETARD DE TROIS JOURS · texte numérisé non relu

LE RETARD DE TROIS JOURS

iparer, vers Namur, de l'armée de von Hausen et des îux autres armées opérant dans le Luxembourg. . la manœuvre allemande, il oppose une manœuvre isjnrée par sa volonté constante de briser l'armée lleniande de l'Ouest allongée outre mesure, en l'aritant à gauche et en l'attaquant sur un point faible e son immense développement.

Ainsi, à la date du 20 août au soir, deux grandes rmées, de forces à peu près égales, — dépassant chaîne 500.000 hommes, — s'avancent l'une vers l'au- •e, sur le territoire belge, avec une même volonté 'offensive.

Nous avons dit l'impulsion prodigieuse donnée à armée allemande et sa direction droit à l'Ouest ; lais nous n'avons pas assez dit l'effort imposé aux 'oupes de ces armées et les marches surhumaines ui leur sont ordonnées.

Les étapes de l'infanterie sont, chaque jour, de 5 à 50 kilomètres. Partis tard, il faut que les gros rrivent au but d'un bond. Tous les moyens mécaiques, voies ferrées, automobiles, bicyclettes, sont mployés et multipliés à l'infini. Ces premières jourées de la campagne, sous les ardeurs de la canicule, firent le spectacle d'une course terrible, haletante, ont le soldat allemand accomplit le tour de force, oulu par ses chefs mais qu'il payera plus tard.

L'armée des alliés se présente dans des conditions ifiérentes. Formée un peu tardivement, elle aussi a ubi de dures fatigues ; mais surtout elle souffre du éfaut de coordination dans le haut commandement, hacune des armées, française, anglaise, belge, a es chefs propres ; ils ont peu de rapports entre eux

et ces rapports sont mal définis. Les plans ne sont ni délibérés, ni coordonnés. Il est permis de dire aujourd'hui que le commandement belge, en prenant le parti de retirer son armée dans le camp retranché d'Anvers, obéit à une conception politique et militaire qui n'était déjà plus conforme aux nécessités du moment. De même, l'armée britannique n'appan " dans la région que le 23, tandis que la bataille était engagée depuis deux jours et déjà compromise entre Namur et Charleroi. Le rôle d'aile tournante que l'armée anglaise devait remplir fut ainsi manqué à l'heure décisive.

L'armée Lanrezac était puissante ; elle était rendue sur ^ terrain. Cependant, certaines divisions de réserve, envoyées en renfort, n'étaient pas en place, notamment la 51^ division de réserve, dont le retard tint le i®r corps immobilisé à la défense des ponts de la Meuse.

En général, une sorte de lourdeur dans les mouvements présente un contraste frappant avec l'étonnante vélocité des armées allemandes. Du 19 au 21, trois jours sont perdus d'un côté et combien avantageusement employés de l'autre ! C'est pendant ces journées que les chefs allemands voient se réaliser leur grand dessein.

En marche le 19, s' élançant le 20, débouchant le 21, les armées allemandes prenaient, à l'heure même de la bataille, l'avantage principal, l'initiative.

Cette initiative, elles l'ont gagnée par la résolution initiale de violer la neutralité belge, par le plan prémédité, et si longtemps dissimulé, qui les porte sur la rive gauche de la Meuse ; elles l'obtiennent surtout par la rapidité extraordinaire de leur action.

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