‹ L'énigme du monde et sa solution selon Charles SecrétanChapitre 32 sur 124 · IMPUISSANCK DE LA VERTU · texte numérisé non relu

IMPUISSANCK DE LA VERTU

travail. Il vaut mieux lorganiser, le travail, c'està-dire organiser l'esclavage. Les peuples sont las d'être exploités dans l'intérêt d'un petit nombre ; ils ont acquis la conscience de leur force et de leurs droits ; mais ils savent ce qu'ils haïssent, ils ne savent pas ce qu'ils aiment, et leurs mouvements convulsifs menacent tous les biens de la civilisation, toutes les conquêtes de riiumanité !

» Qu'ont fait les enfants pour souffrir des fautes de leurs pères ? Pourquoi les nations expient-elles les torts de chefs qu'elles ne se sont pas toujours donnés ? Quel est le sens moral de cette solidarité qui enchaîne les hommes aux hommes, les peuples aux peuples, les générations aux générations? Tous ces problèmes nous disent assez que l'origine de l'histoire n'est pas dans la lumière, mais dans la nuit.

» Le trait le plus déplorable de notre funeste condition... c'est l'apparente impuissance de la vertu à guérir les maux de l'humanité... Il en est du monde comme d'un estomac si malade qu'il ne saurait supporter d'aliments sains, et ne digérerait que des poisons. Partout l'homme vertueux est un homme impossible.

» La paix amollit les courages, la guerre engendre l'insolence et la cruauté. Le luxe est plus utile que l'aumône ; car un ouvrier vaut mieux qu'un

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mendiant. Si les sociétés de tempérance font leur chemin, la ronce couvrira la colline et le vigneron se fera brigand. Sans les bienfaits de l'hypocrisie, le scandale inonderait la terre. La débauche n'est pas moins indispensable, nous dit-on, car la débauche est stérile, et l'ouvrier n'a pas de pain pour nourrir une famille qui augmenterait la misère commune du poids de sa misère.

» Et quand tous ces maux du corps et de lesprit seraient miraculeusement dissipés, quand tout le monde aurait du pain, du feu, de l'air, du loisir, de l'instruction, laspect de Ihumanité serait plus agréable sans doute ; qu'il serait loin pourtant de répondre encore à l'idée de l'humanité î L'humanité a besoin de bonheur. Eh bien, nous qui possédons quelque peu des trésors dont je parle, nous trouvons-nous heureux, dites-le moi ? Le bonheur est-il pur. est-il vrai sur la terre ? y peut-on voir autre chose qu'un à compte, une indemnité trop faible pour nous faire oublier des biens qui nous furent promis sans doute, car nous les regrettons sans les avoir jamais connus ? Abandonnons la douleur physique et la pitié, faisons abstraction du remords personne!, qui est d'un autre domaine. Libres de toutes ces choses, aurions-nous le sentiment que nous réalisons en plein notre véritable destinée ? Serions-nous véritablement heureux ?

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