‹ L'énigme du monde et sa solution selon Charles SecrétanChapitre 42 sur 124 · DU CRÉATEUR ET DE LA CRÉATURE · texte numérisé non relu

DU CRÉATEUR ET DE LA CRÉATURE

quelques-uns seulement arrivent à leur plein développement. Gomment n'être pas étonné de toutes ces malfaçons, de toutes ces maladresses de la puissance créatrice qui s'appellent les monstres ? Existe-t-il, en dehors de la conception que j'essaie d'exposer, un autre moyen de comprendre tout cela? je dis de le comprendre ; le hasard n'explique rien, il n'est que la négation de l'esprit, le contraire de la raison, la destruction de toute intelligibilité. Tous les êtres de la nature semblent porter à la ibis la marque d'un Créateur divinement ingénieux, clairvoyant et bon; et la marque d'une puissance brutale, aveugle et méchante. Si nous admettons avec Secrétan que la Restauration n'est pas l'œuvre de Dieu seul, qu'il ne fait rien sans la collaboration de la Créature sortant peu à peu de sa torpeur et prenant une part toujours plus active à l'œuvre de sa Restauration ; alors seulement nous commencerons à comprendre ce mélange déconcertant de bien et de mal, d'épanouissement et de pourriture, qui est le monde où nous vivons.

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Une dil'ticiilté se présente d'elle-même à l'esprit. Dans le progrès de la Restauration, depuis la nébuleuse et les étoiles qui brillent encore dans notre ciel, jusqu'à la vie des plantes, des animaux, des hommes, au lieu que le mal diminue, il paraît augmenter sans cesse, augmenter démesurément. N'est-ce pas une grave objection à notre hypothèse? Jetez un coup d'œil sur le monde. Regardez d'abord les astres, les astres paisibles et calmes, où nous ne voyons rien que d'iiarmonieux et de beau. Regardez la vie végétale qui paraît, elle aussi, calme et tranquille. Promenez-vous dans une tbrèt, à l'ombre des grands arbres ; couchez-vous sur la mousse verte ; n'est-ce pas l'asile de la paix, de la douce harmonie? Mais si vous pouviez regarder sous terre, vous verriez les racines des arbres, des plantes, des mousses, qui vous paraissent si calmes et si paisibles, vous les verriez se faire la guerre, vous les verriez en train de se disputer chaque molécule de terre végétale. La férocité devient pire encore chez les animaux, et pire enfin que tout le reste chez cet animal qui est, selon Hippolyte ïaine, « un gorille féroce et lubrique ».

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