I06 LE SACRIFICE VOLONTAIRE
ment volontaire des individus à s'employer comme moyens pour la réalisation du but commun. Elle suppose donc chez eux la conscience de la solidarité humaine. Et la solidarité c'est l'unité, la morale et la logique l'exigent également, la morale, parce qu'en dehors de l'unité, toute solidarité n'est qu'arbitraire, c'est-à-dire injustice ; la logique, parce que le but d'un être est sa vérité. Le progrès de la pensée marche parallèlement au progrès des institutions. La morale veut des hommes, des hommes libres ; mais elle demande qu'ils se considèrent eux-mêmes comme des moyens ; elle fortifie donc l'individualité, et cependant, loin de l'exalter, elle la subordonne. Lé sacrifice volontaire d'un seul pour tous sera toujours l'objet de notre admiration. Plus l'individu se perfectionne, plus il devient lui-même, plus étroitement il s'unit à l'humanité. Chacun de nous doit en réfléchir en lui-même les douleurs, les progrès, les espérances. Au terme, chacun de nous retrouvera dans sa propre conscience l'histoire entière de l'humanité. j> Ainsi, dans la nature l'individualité semble être une forme suprême ; dans l'histoire, une transition et un moyen. Elle est la manière de passer de l'unité abstraite, inorganique, purement naturelle, à une unité concrète, organique et libre. L'unité sentie et voulue, l'unité sociale, en un mot,