‹ L'énigme du monde et sa solution selon Charles SecrétanChapitre 95 sur 124 · L ACHEVEMENT · texte numérisé non relu

L ACHEVEMENT

semblables et ne peut vivre que par elle : l'organisme absolu, constituant la société parfaite, peut seul réaliser le bonheur que rêve l'individu et qui, un secret instinct nous le persuade, n'est pas, malgré tout, irréalisable ; seul il est Vachèvement normal de nos éternels recommencements .

Pour constituer l'Église véritable, celle dont les églises actuelles ne sont que le symbole ou la caricature, il faut que tous les individus appelés à la former passent par la conversion, c'est à dire par une transformation brusque ou lente, qui donne le coup de mort, au plus profond de leur cœur, à la volonté d'égoïsme, et fasse germer en eux la volonté d'amour. La conversion de tous les individus peut seule résoudre l'énigme du monde, peut seule réaliser V achèvement de sa divine destinée.

La conversion serait impossible chez la plupart des individus, et peut-être chez tous, si un homme parfait, Jésus de Nazareth, digne représentant à la fois de notre humanité et de notre divinité, vraiment Fils de l'homme et vraiment Fils de Dieu, l'Homme- Dieu, n'avait

aïO L HOMME-DIEU

ouvert la voie, par le sacrifice volontaire et total de sa vie, au sacrifice total et volontaire que l'humanité, dans la personne de chacun de ses enfants, doit faire d'elle-même à Dieu.

Le problême du Christ se résout de luimême pour qui a compris une fois que ses faibles efforts ne suffisent pas à l'élever vers son Père céleste ; pour qui a contemplé une fois pleinement la figure rayonnante de l'homme parfait, de VHomme-Dieu, et senti l'attraction irrésistible qu'il exerce sur celui qui accepte i d'être son disciple, son imitateur, son frère cadet.

Et nous comprenons alors que l'aspiration de l'humanité entière tende vers cet homme parfait, vers le Désiré des nations, vers celui qui, ressaisissant la vraie destinée, la destinée divine de l'homme, sera vraiment V Homme- Dieu.

L'homme parfait ne serait pas réalisable, si r homme lui-même, si l'individu, malgré ses limitations, ne contenait en soi une étincelle divine, une parcelle d'éternité.

Mais l'individu ne saurait exister pour lui-

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