Acte troisième SCENE L
(Scène : Chez le docteur Reynaud. Bureau de médecin. Table de travail encombrée de papiers, de livres et de bouteilles. Sofa, fauteuils, cabinet de pharmacie et bibli-:' que. Porte à droite. Fenêtre au fond. Au lever du nJ:1u, Jacques est assis à sa table de travail et a un livre à la main. Il cause avec Pierre. Celui-ci est debout.)
JACQUES
Mais oui, Pierre, je veux bien que tu entres au service de M. Grandier pour la saison. . . Je peux très bien faire la besogne qu'il y a à faire ici, et d’ailleurs, notre voisine vient tous les jours remettre tout en ordre. Je suis même très content que M. Grand'er ait besoin de toi.
PIERRE
Et moé, donc ! Comme ça j'verrai souvent mamzeïle
=. JACQUES (riant.) Ah ! oui, c'est vrai, c’est toi, l’amoureux de Line... PIERRE.
Et puis, vous v’nez si souvent chez M. Crandier, vous,
m'sieu l'docteur, que ce s’ra quasirnent comme si jvous avais pas quitté pantoute !
JACQUES (même jeu.)
C'est vrai ! Et maintenant laisse-moi, mon garçc=..
j'ai ce livre à lire...
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PIERRE (s'en allant.)
Encore un livre à lire ! (à part) C'qu'y en lit des livres l'docteur ! Y en a dans sa bibliothèque « sont gros .-.Qui sont gros...comment c'que )dirais ...qui sont gros comme mon lit ! Foi de Pierre | (il sort. Jacques se roule en boule sur sa chaise et lit. Moment de silence. Puis on entend une rumeur grandissant, un bruit de course, Puis une galopade effrenée accompagnée de cris et d'appels. Jacques pose son livre et écoute. Le bruit se rapprochant toujours, il va vers la fenêtre ouverte et se penche. La porte de la chambre s'ouvre et se referme brusquement. Jacques se relourne el reste saisi en apercevant Armand Gran-
ier. Silence. Armand pâle, les vêtements en désordre,
‘raidit dans une douleur qu'on devine aisément, reste, li ‘qussi, pétrifié. )