SCENE IV PIERRE (à la porte
Docteur ! M'sieu l’docteur !...Ils sont entrés malgré moé. . . Ils cherchent dans la maison...
JACQUES (s'arrêtant.)
Il ne faut pas que ces hommes entrent ici maintenant. . tu entends, Pierre ?...ÆEcoute mon ami: va audevant d'eux, emmène-les partout dans les hangars, dans les écuries ... partout. . . Gagne une demie-heure, un quart d'heure. . fait l'impossible, mais empêche les d'#atrer. . .
PIERRE , (Avec un mauvais regard à l adresse d' Armand.)
Vous voulez donc le sauver, lui ?
JACQUES Pas lui, non Pierre, Aline! (plus bas.) Elle en
mourrait si je ne le faisais pas. . .Il ne faut pas qu'elle sache, qu'elle souffre, qu’elle soit déshonorée à cause de lui, et, (avec énergie) elle ne le sera pas | Va, Pierre, aide-
moi...
PIERRE (avec colère.)
Moé, aider à sauver cet homme ? Allons donc ! Je ne ferai rien pour le sauver, rien !.. . Ah ! c'est pour ça, m'sieu l’docteur, que vous n'vouliez pas laisser entrer ces gens, tout à l'heure ? Eh! bien, j'vais les appeler, moé, et j'vais leur jeter l'homme entre les bras avec plaisir !
JACQUES
Tu ne feras pas cela, Pierre...
PIERRE Si...oh! si...
JACQUES
Alors pour te venger, toi qui es seul, tu vas faire le malheur, le désespoir de toute une famille ?...Tu vas tuer une mère, une soeur de douleur... .Eh bien, fais donc ! appelle ces gens !...va |
PIERRE. (revenant.) M'sieu l’docteur !...Mon bon maître...
JACQUES Vite! agis...parle !
PIERRE (montrant la porte.)
Mais ces gens-là qui cherchent ?.. .Y savent que l’assas. . .que celui qui a fait le coup est icitte, qu'y s'y ca et les taches de sang qu'il a laissées derrière { le trahissent, vous trahissent vous-même, docteur, si vous le faites échapper. . . Ÿ leur faut un coupable à ces gars-là, et j'les connais, y n's'en iront pas avant de l'avoir empoigné.
JACQUES (tranquillement. )
Eh! bien, ce coupable, ils le trouveront. . .
PIERRE
Mais si vous l'faites échapper ? .. . Je n'comprends pas. . . Qui donc prendra sa place ?
JACQUES
Moi. ..Mais ce ne sera que pour cette nuit, tu coinprends ? Le temps de le savoir en sûreté...
PIERRE
Vous ? Vous, docteur ? Etes-vous fo.. .j veux dire, vous n'ferez pas ça ?
Si...pour Elle !
PIERRE. (avec désespoir.)
Mais c'est pas possible !... Voyons !.. . Vous, l'docteur Reynaud si doux, si bon...vous qu ‘nous aimons tant au pays—c'est comme si vous étiez notre enfant à tous— vous vous laisseriez prendre, accuser, emmener, et tout ça pour sauver ce voyou, ce bandit, cet assassin ! Ah! tenez (à Armand) Pourquoi n'vous tuez-vous pas, vous l’meurtrier > Vous avez un revolver, pourquoi... (bruit à la porte.) Bon Dieu ! les v'là qui viennent ! Y s'arrêtent à la porte !...Allons ! faites quelque chose : sauvezvous ou tuez-vous |...
ARMAND
| Je crois, en effet, que.ce gars a raison. . . Comme je ne
vois pas la possibilité de fuir maintenant, et que je n’en ai plus d’ailleurs le désir. ..autant en finir tout de suite... (il tire son arme de sa poche et la porte à sa lêle en un geste rapide.)
JACQUES" (lui arrachant l'arme des mains.)
Et moi, je ne veux pas ! Je ne veux pas de cette preuve brutale de votre crime, de cet autre crime ajouté au premier, et puisqu'il en est temps encore, vous allez fuir, vous en aller si loin, si loin que jamais Aline. . .que jamais
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