‹ L'enjoleuseChapitre 37 sur 111 · SCENE VI GRANDIER, JACQUES · texte numérisé non relu

SCENE VI GRANDIER, JACQUES

GRANDIER

Que me dit-…a, docteur, que ce M. Hénier, dont j'ai

eu la visite ce soir, vient d’être attaqué sur la grand'route, volé, tué ?

C'est vrai...

GRANDIER

Mais c’est épouvantable !. . . J'ai entendu les coups de feu chez moi et je suis venu aux renseignements . . . j'arrive... Mais je n'ai rien compris aux explications des paysans que j'ai rencontrés. Les uns m'ont montré des taches de sang, des traces de pas dans la boue, et m'ont entraîné jusqu’à votre porte, où j'ai trouvé d’autres paysans qui criaient : “Il est là !.. Il s'est réfugié là !”” Ils voulaient sans doute parler de...de l’homme. Or, à votre invitation, on m'envoie près de vous.. .(avec angoisse) Jacques ? le meurtrier est ici, n'est-ce pas > Vous le cachez, vous voulez le sauver ?. . . Pourquoi ? Il vous est donc connu ? Il vous est donc cher ?

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JACQUES (avec un sourire pâle.)

Il m'est en effet, très connu et très cher. . . Mais je ne le cache pas, cependant...

GRANDIER (se rapprochant.)

Alors, il est ici ?

JACQUES Oui.

GRANDIER Et vous allez le livrer ?

JACQUES

Oui, avec tranquillité...

GRANDIER (avec joie.)

Alors ce n’est donc pas... Ah ! docteur ! Jacques ! mon cher enfant ! (il veut lui prendre la main, mais recule soudain à la vue du sang qui la macule) Vous êtes blessé, Jacques ?

JACQUES

Ecoutez ! le temps passe et les paysans s’impatientent. . . Allez les trouver et dites-leur de venir chercher le coupable. . .Le coupable, c'est moi !

GRANDIER (avec stupéfaction.)

Vous !

JACQUES (allant s'asseoir.)

Moi. . . parfaitement...

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Allons donc ! Mais c'est impossible. . .et personne ne vous croira !...Le docteur Reynaud un assassin, un voleur ! Vous, Jacques, un bandit ! Mais il n'y aura pas de preuve au monde pour m'en convaincre. . .

JACQUES (montrant son bras.)

Eh bien, et ça ? Est-ce que ce n'est pas une preuve écrasante de ma culpabilité que cette blessure ? Je suis blessé, couvert de boue, caché...Vous voyez bien que c'est moi qui ai fait le coup !

GRANDIER Ah ! non ! Cela je ne veux pas le croire...

JACQUES (se relevant.)

Pour l'amour de Dieu, finissons-en ! Appelez ces gens...

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GRANDIER (sans bouger.) | Mais enfin, mon pauvre ami, pourquoi auriez-vous. . . | JACQUES

Non ! Ne me demandez pas pourquoi j'ai fait cette

horrible chose... Tentation, folie, qu'importe le motif...

a (il va à la porte et appelle.) Allons ! venez ! le coupable vous attend !...

GRANDIER (affaissé sur une chaise.)

Mon pauvre Jacques ! Ma pauvre Aline ! 1

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JACQUES

Ah! ne prononcez pas ce nom-là en ce moment l Laissez-moi l'exaspérante souffrance qui me tient lieu d’énergie, et tâchez. . .Oh ! cela je vous le demande à genoux— tâchez qu’Aline.. .que Mademoiselle Grandier n'apprenne pas. . .tout de suite. . .la nouvelle. . . Qu'elle me reste encore quelques heures, aimante et... . Ah ! bah ! puisque je suis maintenant un indigne, un crimin-|, que peut me faire ce qu'on pensera de moi demain ou plus tard? (bruit à la porte; entrée de Pierre qui retient les paysans.)

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