‹ L'enjoleuseChapitre 77 sur 111 · NE · texte numérisé non relu

NE

le machin...la chose. . .le tire-bouchon dans ta chambre? ‘as-tu, oui ou non ?...Tu l'as, hein ? Avoue. .

THEODULE Le tire-bouchon ! Moi ? Mais pas du tout.

Alors tu ne bois pas ?

Oh! si...parfois. Mais pas dans ma chambre.

Ah ! fichtre, non ! Il faudrait y boire seul > Merci !

GRIBOIS

Alors il faut de la compagnie à monsieur pour.... (il fait le geste de boire)

THEODULE Voilà ! Et c’est pourquoi je n’ai pas, dans ma chambre le...(il fait le geste de tirer le bouchon d'une bouteille. ) GRIBOIS

Mais en ce cas, où diable peut-on l'avoir mis > I! faut le trouver pourtant, il le faut absolument. Les visiteurs vont arriver et il nous sera impossible de les servir. Voyons, Théodule, aide-nous, fais quelque chose.

THEODULE

Je cherche. (à Justine) Dis-donc ? tu ne l’as pas vu, toi, ce machin-là ?

JUSTINE

Fichez-moi la paix, vous. Je travaille.

THEODULE

Oh! la, la! ne te fâche pas ! Il ne faudrait pas se quereller sur un sujet aussi banal. (à son père) Papa, sais-tu ce que je ferais, moi, si j'étais à ta place ?

GRIBOIS

THEODULE

Quelque chose de génial, en même temps que de très simple. J'irais acheter un tire-bouchon. Pour vingt-cinq sous, tu auras l'embarras du choix.

GRIBOIS

J'y aï bien pensé, mais les magasins sont fermés à cette heure-ci, et tu dois pourtant le savoir.

THEODULE

Alors, je vais te confer, sous le sceau du secret ie plus absolu, un procédé épatant pour déboucher les bouteilles sans tire-bouchon. C'est moi qui, après de multiples recherches, et des mois de labeur, l’ai trouvé, expérimenté et

perfectionné.

GRIBOIS Eh ! bien, ce procédé ?

| THEODULE Va me chercher une bouteille de bordeaux, et je vais te montrer.

Si je le suis ? Regarde ! La statue du Commandeur!

Quoi ?

Es-tu sérieux ?

198 L'AMOUR A LA POSTE STSSFSYSYTTST.STS.STRDEE Ê GRIBOIS

C'est bien : je vais chercher la bouteille. Attendsmoi ici.

THEODULE

N'oublie pas surtout que c'est une bouteille de vin de Bordeaux qu'il faut en premier lieu.

GRIBOIS Bien, bien. (il sort) SCENE VII THEODULE, JUSTINE THEODULE

Mais finis donc de frotter comme ça. Tu m'agaces enfin.

JUSTINE

Si vous croyez que je le fais par plaisir, par exemple! Tout de même on voit bien que vous n'aimez guère ça, travailler, vous.

Moi je n'aime pas travailler ? Où as-tu pris cette idée là ? Mais je suis un colosse du travail, moi, un piocheur, un Atlas ! et j'ai cela de ressemblant avec Balzac que j'écrirais autant de volumes que lui si...si j'en avais le temps, parbleu ! Tiens, justement je termine, en ce mo- : ment même, un volume de vers que je vais publier prochainement.

JUSTINE Des vers > Personne ne les lira.

THEODULE

Oh ! permets, permets ! Si, ils seront lus, et par des gens chics, encore.

JUSTINE Bah ! qui ça ?

THEODULE Moi d’abord : £ JUSTINE (pouffant) Non !

THEODULE

Oui, moi. “Moi dis-je, et c'est assez !”’ Il me semble que ce n’est déjà pas si mal pour le pays. Et puis, il yatoi. Tu lis les vers, n'est-ce pas Justine ?

JUSTINE

Moi ? Mais jamais de la vie ! Je n'ai jamais connu qu'un vers, moi, et c'était. :.

Le ver solitaire ? Ah ! tiens, c’est vrai, j'avais oublié : que tu étais canadienne. En tous cas, tu peux toujours avoir recours à la prose de M. Jourdain qui en faisait sans e savoir. Mais je n'écris pas que des vers, 6 Justine ! J'ai publié l'an dernier un recueil de lettres à l'usage amoureux et des amoureuses qui n’ont pas d'imagination. Inutile de te dire que j’ai eu un succès fou. Pense-donc ?

des lettres d'amour toutes faites, bien tournées, avec ça brûlantes parfois, gentilles toujours ! J'en suis à la deuxième édition, et j'en prépare une autre en ce moment—revue, augmentée et corrigée.

JUSTINE

Et ça s'intitule ce volume ?

THEODULE L'amour à la poste. Joli, n'est-ce pas ?

JUSTINE

Trop joli. (On ne l’achètera pas. (C'est “Le parfait secrétaire des amants” qu'il aurait fallu mettre comme titre.

THEODULE

Je l'ai mis! Je l'ai mis !...Mais en sous-titre. Comme ça, je suis à peu près sûr d'être compris des uns et

des autres... - JUSTINE Et ça rapporte de l’argent ces livres-là ?

Tu parles, ma chère ! C'est-à-dire que je suis en train de m'enrichir tout simplement.

JUSTINE C’est donc pour ça que : ous êtes si gai, si... THEODULE

C'est un peu pour ça...oui...Dame! tu sais :

plus on a de “‘sous”’, plus on rit.

JUSTINE (riant)

Oui. Et personne ne sait ici que vous écrivez et que vous êtes en train de faire fortune ?

THEODULE

Oh ! tu sais, mes parents sont plutôt de ton avis sur la poésie et les poètes... Pour ma mère, des vers, ce sont des ustensiles bien commodes. . .pour boire. Pour mon père ce sont d'excellentes choses pour aller à la pêche, tandis que pour Jules, ce sont des...prépositions. 11 n'y a donc rien à faire avec eux. Quant à mon volume de lettres, ils ignorent naturellement qu'il est de moi.

JUSTINE

Pourquoi naturellement ?

Dame ! si on savait que j'en tire de l’argent, quel beau choeur de demandes et de réclamations ! “Mon fils, dirait mon père, achète-moi donc, toi qui fait tant d’ argent, cette belle pipe sertie d'or qui se trouve dans la vitrine du marchand du coin.” “Mon enfant, dirait ma mère, tu serais bien gentil si tu m’achetais ce manteau de soie, ce chapeau, cette montre, ce bibelot, ce...” Et enfin, j'entends d'ici mon frère Jules me taper à tout instant de dix dollars. Ah ! non, non | Je ne tiens pas à ce choeur-là : je fais de l'argent, n’en parlons pas.

JUSTINE

Alors vous vous cachez de vos parents ?

A EME CUDUP NEA A FA AE ES fig PR fn | 4 Le A SP Toro rm ner er ne coin nn Éou pe Hits FRE GR Pre ON EE RCE era JO ONE MAUR aste neuts

peer ne gt j 15

RE

17 0 LABEL ee INRA, DS DU

Page 1