‹ L'enjoleuseChapitre 76 sur 111 · SCENE VI THEODULE, GRIBOIS, JUSTINE · texte numérisé non relu

SCENE VI THEODULE, GRIBOIS, JUSTINE

THEODULE (il entre :n fredonnant) Bonsoir p’pa ! Madame de Sévigné n’est pas encore

arrivée ?

GRIBOIS

Qu'est-ce que tu veux dire avec ta Madame de Sévi-

gné ? Je t’assure que ce n'est pas le temps de rire. THEODULE (allant s'asseoir)

Tiens ! tiens ! Et moi qui m'imaginais qu'on allait rigoler ! Est-ce qu’elle ne vient pas, l’épistolière, pardon . . .je veux dire la personne. . .ma belle-soeur, enfin. ‘Vous aurait-elle fait faux bond ? Je vous préviens que s'il faut >’allonger la mine et pleurer, je n’en suis plus, moi, oh ! mais là, pas du tout ! Je m’habille et je fiche le...

GRIBOIS

Tu parles comme une toupie. Il n’y a rien de changé, et nous attendons toujours ces messieurs et ces dames. THEODULE Ah ! parfait ! Seulement je te ferai observer que je ne peux pas parler comme une toupie, attendu qu'une tou-

pie ronfle mais ne parle pas. Moi je parle, mais ne ronfle pas. N'est-ce pas, Justine ?

JUSTINE

Est-ce que je sais, si vous ronflez, moi.

GRIBOIS (sévère) Laisse Justine en paix, et dis-moi. Où l'as-tu mis ? Est-ce vrai qu'il est dans ta chambre ?

THEODULE

Peut-être que oui, peut-être que non. Ça dépend de ce que tu veux que j'aie dans ma.chambre. Qu'est-ce que c'est que j’ri dans ma chambre ?

GRIBOIS Ne fais donc pas l'innocent ! Tu le sais bien ce que

bi as dans ta chambre, puisque tu en viens, et puisque c'est chez toi, ta chambre.

THEODULE

En effet, je sais très bien, parfaitement bien, ce qui se

trouve dans ma chambre. Il y a, par exemple, un lit, un bureau, un secrétaire, des cadres, des petits et des grands, des portraits, beaucoup de portraits, des accessoires de fumeur, des pipes, un pot...à l’eau, une cuvette, des mouchoirs, dont un de femme, un... ;

JUSTINE

Assez | assez : Ce n'est pas de cela qu'il s’agit. L'as-tu encore une fois ? ?

THEODULE Si tu disais de quoi il s’agit, je le saurais peut-être. GRIBOIS

Mais il n'entend rien ce gars-là ! Comment ? Mais voilà une heure que je te le répète sur tous les tons : as-tu

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