EE
nais de lui montrer comment on allonge un...un “kissing bug’’—c'est un terme de sport—elle m'a riposté par un “side-cut” sur la joue. Voilà.
Madame GRIBOIS Voilà ! Je crois, moi plutôt, que c'est un baiser que tu lui as volé, et que c'est une gifle qu'elle t’a flanquée en
retour.
THEODULE
C'est ce que j'ai dit. Seulement, toi, tu le dis en français. Voilà toute la différence...
Madame GRIBOIS Eh bien, je ne veux pas, tu entends ? Je ne veux pas que tu vienne: agacer Justine à tous propos. . . Laisse cette petite en paix.
THEODULE C'est un sacrifice que tu me demandes-là, mais je veux bien essayer. N'en parlons plus. Et les visiteurs ? Pas encore arrivés ?
Madame GRIBOIS
Non. Mais ça ne tardera guère maintenant. (à Justine) Bien, petite, il n’y a plus rien à faire ici. Va aider monsieur à chercher le. ..(/ustine sort)
SCENE IX Madame GRIBOIS, THEODULE, puis GRIBOIS THEODULE (tandis que Justine sort)
Bah ! puisqu'il est introuvable ! D'ailleurs je vais montrer à papa comment on se passe de tire-bouchon en de
RE De NES
% i aires rcaelariitiisns nee lbéipestinRef Enr eu nid ETAT good he me >
telles circonstances. Justement le voici qui vient, papa.
(à Gribois) Tu as la bouteille ?
GRIBOIS (entrant une bouteille à la main)
Oui. Mais tu sais, ton moyen, je n'y crois guère, moi. Comme si on pouvait tirer ce sans. . .Oh ! . THEODULE. (sentencieux)
La force consiste souvent dans le doigt...
GRIBOIS Dans le droit !...Tu veux dire dans le droit. ..Tu
as fait un lapsus.
THEODULE
Pardon, j'ai bien dit : dans le doigt. Il ne faut pas parler de droit dans l'Ontario...
GRIBOIS Jamais sérieux ce gaillard-là ! Eh bien, ce truc ?
THEODULE Voilà. Passe-moi cette bouteille. C'est du meil-
leur ?
Qu'est-ce que ça peut bien faire ?
THEODULE Comment ? Mais c'est très important. Tu vas voir
(il décachète la bouteille, place son pouce sur le bouchon et pèse) Diable !...ce bouchon, comme dit Musset,
est plus dur à enfoncer qu’une porte !
GRIBOIS (penché sur la bouteille) Oui. Plus on pousse et plus ça...
THEODULE
(Enfonçant le bouchon, le vin jaillit dans les yeux de Gribois)
Tiens ! Et maintenant, à votre santé n'est-ce pas ? Je l'ai bien gagné. (il boit)
Madame GRIBOIS
Ah! mais voyons, Théodule ! en voilà des manières ! Si ton frère te voyait...
THEODULE
Mon frère ? On voit bien que vous ne le connaiss®z pas. S'il me voyait il m'en demanderait sa part. ment le voici mon frère Jules. À ta santé, frérot 1!
boit) SCENE X Les mêmes, JULES
JULES (entrant)
Tiens ! Théodule qui se paye à boire ! Vous avez donc trouvé le...le machin. . .la chose ?
Madame GRIBOIS
Non, mais il parait qu'on peut s’en passer maintenant.
pump sllter ere ve10ne dv RENE 10 PEER TEE ARR
nenpeeromimenn rap ptet Mlle ntss is
cogne
GRIBOIS
En effet, Théodule a trouvé un truc pour déboucher les bouteilles sans. . . (il fait mine de tirer un bouchon)
JULES Bah! Et ce truc ?
THEODULE
C'est un peu compliqué, mais tu vas comprendre quand je t’aurai bien expliqué, Comme je n'ai rien pour tirer le bouchon de cette Rgurslle je l'enfonce. Voilà. Veuxtu me voir expérimenter ? Va me chercher une autre.bou-
teille.
Madame GRIBOIS Ah! mais non, par exemple !
GRIBOIS Tu veux donc te griser, malheureux !
JULES (à Théodule)
Et tu peux enfoncer des bouchons, toi, avec tes doigts? avec ton pouce ?
THEODULE (buvant)
Tu vois ?
JULES
Eh bien, moi je ne peux pas. Il faudra donc que tu nous rendes le service de nous déboucher...
THEODULE
Tu me flattes.
Imbécile !...que tu te charges d'ouvrir toutes les bouteilles que nous avons montées de la cave.
THEODULE (inquiet) Il y en a beaucoup ?
GRIBOIS Une douzaine de bordeaux, six bouteilles de bière, six de Vichy.
THEODULE
Oh! la, la, mon pouce ! Dites-donc ? si nous continuions la chasse au.. machin... au tire...?
Mac me GRIBOIS Mais, à la fin puisqu'il est introuvable ?
THEODULE Eh! bien, eh bien s'il est introuvable, allez en em-
prunter un, alors.
JULES
Tiens ! c’est vrai, on pourrait aller en emprunter un. Madame Lavinette, notre voisine, doit certainement en avoir un. Si tu allais voir, papa ?
GRIBOIS Fichtre ! Et si nos invités arrivaient pendant ce temps-
Madame GRIBOIS
Eh bien >? nous sommes ici pour les recevoir, n'est-ce pas : Ce n'est pas pour toi qu'ils viennent, j'imagine ?
Va donc !
d 119 RE M A PAT RSC LUE. 2 ER TUE Tang PR ©
us seu Le net me
fe ‘1 {8
GRIBOIS
Mais il me semble qu'il serait plus convenable d'envoyer Justine. Ce n'est pas très agréable pour un homme d'aller demander à une femme comme madame Lavinette, si elle a un...un machin. ..un tire-bouchon, enfin. N'est-
ce pas, Théodule ?
THEODULE
Encore si on pouvait le demander en latin.
GRIBOIS
Oui, mais voilà ! il faut le demander en français, et comme je ne veux pas me rendre ridicule, je n'irai pas. Envoie Justine.
Madame GRIBOIS
Justine ne peut quitter son poste : c’est toi qui vas aller chez madame Lavinette.
JULES
Voyons, père ! ce n'est pourtant pas difficile de demander, un...un machin, un...
GRIBOIS
Tu vois ! tu vois ! Toi-même tu n’oses pas le nommer ce machin-là.
THEODULE
Alors, demande-le en anglais. Den..de un ‘“corkscrew’. C'est aussi bête que tire-bouchon, mais c’est la
mode au pays de parler anglais en français, et personne ne t'en voudra.
GRIBOIS Cork-Screw ? C'est vrai! Je n’y pensais pas. J'y vais.
Madame GRIBOIS
Reviens tout de suite afin que nous soyons au complet pour recevoir nos invités.
GRIBOIS
Tout de suite. Ne crains rien, nous allons les recevoir dignement. (‘il sort)