SCENE XI Les mêmes, moins GRIBOIS THEODULE (buvant
Les recevoir royalement, certes !
Madame GRIBOIS Veux-tu bien ne plus boire de cette façon ?
JULES En effet, tu as des manières !
THEODULE
Mon cher, il ne faut laisser rien perdre de ce qui est bon dans la vie. Or, comme tu ne le sais peut-être pas, le bordeaux, au contact de l'air, tend à tirer à l’aigre. De
là vient le proverbe : Le vin est “tiré”, il faut le boire.
(il boit)
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EEE JULES
Toi, tu es idiot avec tes calembours. Je dois dire cependant qu'ils valent encore mieux que tes vers. Tiens, écoute-moi ce que m'écrit ma fiancée. Ecoute maman. Ça, au moins, c'est de l'esprit, de la poésie, de la grâce.
Madame GRIBOIS (s’asseyant)
J'écoute.
THEODULE
Eh ! bien, lis. Si c'est aussi bier que tu dis, je désarme, et quand ce génie en jupon sera devenu ta femme, je prendrai des leçons d'elle. J'en ferai ma maîtresse.
JULES
Hein ! ta maïtr...
Madame GRIBOIS Théodule ! Que dis-tu ?
THEODULE
Eh bien, quoi ? Est-ce qu'il y a des inconvénients à ce qu’elle devienne mon professeur ? Lis dons ton chef-
d'oeuvre, Othello !
JULES
Avec toi, on ne sait jamais si tu blagues ou si tu es sérieux.
THEODULE
C'est le meilleur moyen de montrer l'esprit qu’«n n’a pas. Lis.
——— JULES Ecoutez. (il lit) M. Jules Gribois, Montréal. Mon tendre ami,
Un mot seulement pour vous annoncer mon arrivée prochaine. Par votre dernière lettre, je vois avec bonheur que vous m'attendez impatiemment, et je n’ai pas besoin de vous dire, n'est-ce pas, que de mon côté, c'est l'âme inondée de joie que je m'en vais vers vous...
THEODULE Oh! oh! (à part) Voilà de la prose qui m'est bien connue !
JULES Quoi, ho, ho ?...L'image ne te plaît pas ?
Madame GRIBOIS
Cette jeune fille a beaucoup de talent...
THEODULE (saluant) Merci ! (à part) Mademoiselle Labossée a acheté
un volume de mes lettres. (haut) (Continue Jules, c’est charmant. C'ist...
JULES (joyeux)
N'est-ce pas ? (il lit) Je serai naturellement accompagner. Hein ! accompagnée avec un r ?
THEODULE
Avec un r ?... ‘“‘Je serai accompagnée” avec un r ? ...Ah! ça, par exemple ce n’est pas de moi.
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Madame GRIBOIS Pas de toi ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
THEODULE
Je veux dire...heu !...Je veux dire que, moi, je n'aurais pas fait cette faute. (à part) Uranie aura voulu ojouter à ma prose, et patatra |
JULES C'est une faute d’inattention sans doute...
THEODULE
C'est ca. Tu sais les fautes d'orthographe, c'est comme les fausses notes dans la musique. On a beau jouer comme un ange, on accroche parfois par-ci, par-là. Continue. Il écrit très bien ce jeune homme.
JULES Qui ça, ce jeune homme ?
Madame GRIBOIS Mais à quoi penses-tu donc, Théodule ?
Oh! pardon...c'est une faute. Une faute d'inattention. Je voulais dire : elle écrit très bien cette jeune
fille.
JULES
Je continue. (lisant) Je serai accompagnée par mon père, comme il était convenu. Mais comme je ne veux pas occasionner—elle a encore mis un r, mais cette fois c'est à
propos—( lisant) il va sans dire qu'après avoir ‘‘payer’’... payer...payer...
THEODULE
Encore un r ? Décidément elle affectionne les infinitifs, mademoiselle Labossée. C'est pour cela sans doute qu'elle a du goût pour toi.
JULES (mal à l'aise) C'est encore une faute d’inattention.
THEODULE
Parbleu ! ‘Tout de même, tu sais, sa lettre -tait mieux au commencement. Dommage que ta fiancée ait eu l'imprudence de quitter son modèle, son guide pour. . . Je veux dire, qu’elle ne se soit pas soutenue. Enfin, lis tou-
jours.
JULES
Non, c’est assez. Cette lettre, ce n’est pas elle qui l'a écrite. J'en jurerais. J'en ai des douzaines là-haut, et pas une—vous entendez—pas une ne contient une seule faute d'ortographe. Et toutes sont des chefs-d’oeuvre.
Madame GRIBOIS Je sais, je les ai lues...
THEODULE (à part)
Moi aussi dans “L'amour à la poste”, mon volume de
lettres.
JULES
Elle aura fait écrire cette lettre par quelqu'un. Tu comprends, elle était occupée, elle partait. Alors. . . (On
LEARN M Drag de 255 or
214 L'AMOUR A LA POSTE p-œnn-aun-ene-e-2n e ee SR SEE potter sonne) Tiens ! on a sonné ! Ce sont eux, sans doute... c'est elle! Théodule ! vite, cache-moi cette bouteille.
Dieu ! mon coeur bat !.
Madame GRIBOIS (s *attifant) J'entends la voix de Justine. Ce sont eux !... JUSTINE (dans la coulisse)
Pardon ! Mais vous devez vous tromper de porte. Vous faites erreur, c’est sûr.
RIFFARD Pantoute ! C’est bien icitte qu'reste m'sieu Boisgris ? JUSTINE Boisgris ? Mais non...
ROSINE Mais non, papa, pas Boisgris : Gribois. .. Gribois ?...C'est ça. C't'icitte qu’reste m'sieu Gribois ? Jules Gribois.
JUSTINE C'est ici que demeure, en effet, M. Gribois. Qu'estce que vous lui voulez à M. Jules ?
RIFFARD
Comment ! c'que j'lui veux ? J'peux ne 2e lui présenter ma fille sans l'connaître un peu c'homme-
enmerrque-vr pannes contes (RÉ Rnest RC NES TETE à pnpeepente
gite: DEEE ETES TEE EE PT Srétéiati RTE sors té rés papein gene ennpartt ri Mr SEM