‹ L'enjoleuseChapitre 92 sur 111 · SCENE XX Les mêmes, THEODULE · texte numérisé non relu

SCENE XX Les mêmes, THEODULE

GRIBOIS Mon cher Théodule.

JULES Mon petit Théodule !

THEODULE

Tiens, tiens ! voilà des exclamations qui font prévoir des réclamations. Qu'est-ce que vous lui voulez à ce bon, à cet excellent Théodule ?

JULES ( montrant Desrêves avec détresse)

Regarde !

THEODULE

Uranie ? Ah! diable! elle est plutôt rassie, l’amateur de mes lettres d'amour. Mais qu'est-ce qu'elle a

donc ?

Madame GRIBOIS Ce n'est pas elle.

GRIBOIS (gaillard)

Eh non ! mon vieux, ce n'est pas elle.

JULES (lugubre) Ce n'est pas elle ! Alors tu comprends, n'est-ce pas ? THEODULE

Mais non, j je ne comprends pas. Si ce n'est pas elle, comme vous dites avec ensemble, qui est-ce ? et que vient-

elle faire ici ?

JULES C'est... .c'est encore une. : .une petite correspondante GRIBOIS (furieux)

Ah! ça combien en avais-tu donc, de correspond:n'es ?

| JULES | | | C'était pour m'amuser...me...

|| Madame GRIBOIS | | Eh bien, tu vois si c’est amusant ?

(] GRIBOIS En ce cas, amuse-toi mon petit Moi je file.

THEODULE Attends. ( à Jules) Qu'est-ce que tu me veux, en

somme ?

JULES (le cajolant) Ecoute mon petit Théodule, mon cher Théodule. Tu

sais, je n'étais pas sérieux quand je disais que tu n'avais pas de talent. Du talent, tu en as autant que Victor Hugo en avait. ..autant que...

THEODULE

Tu as dit Hugo? C'est assez. Ne vas pas me donner de l’orgueil. Quel est le danger qui te menace ?

Mile DESREVES (s'agitant)

Oh ne pouvoir vivre sa vie ! sa vie telle qu’on la rêve, et telle qu’on la voit dans les mirages de l’âme ! Ah! les hommes ! les hommes !

He:

| if

JULES . Tu l'entends ?

THEODULE

J'entends et je comprends....La dixième muse ! Quel est son nom ? Sapho ?

JULES Elle s'appelle Desrêves. . . Poétique Desrêves. . = THEODULE Fichtre ! Je comprends ton désespoir !

Mile DESREVES Sexe brutal et trompeur !

GRIBOIS La voilà qui gigote. Je me sauve.

Madame GRIBOIS (le retenant)

Non. ..attenc<.

Mile DESREVES (s'asseyant)

Fiancé ! il est fiancé !...Et je ne savais pas ! Et on ne me le disait pas ! Et moi qui croyais. . . qui espérais...Oh! Oh!...

JULES

Bon! la voilà qui recommence ! Vous allez voir qu'elle va encore perdre connaissance. Mon Dieu ! Mon Dieu ! que c'est donc embêtant !

Madame GRIBOIS (à Jules)

Ne la laisse pas se pâmer encore, voyons ! Dis-lui que c'est faux. ..que tu n'es pas fiancé. Enfin, tâche de réparer ta bêtise. :

JULES

Je vais lui dire, en effet, que ce n'était pas sérieux. Mais il faut que je parle à Théodule auparavant. (allant à Théodule) Qu'est-ce que je vais faire, dis, mon petit Théodule ?

GRIBOIS Sème-la Théodule, emmène-la, jette-la par la fenêtre. Madame GRIBOIS. (à part)

Je m'en vais, moi. Ils sont capables de tout, ces hommes-là. (elle sort sans être vue)

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