SCÈNE X
Ml'LOT, DÉJAMRE, tout dtux endormit.
SAINT-Ol RSIN.
La fenêtre e»l ouverte avec précaution.
SAINT-OUBSIN , avançant la tête et prêtant l'orrilU. Elle dori !... je puis opérer mon entrée clandestine!.., {Il detrend dans' la chambre, /f est tout mouillé et s’essuie en grelottant.) J’en ai assez de ma promenade au clair de la lune... Je suis imbibé comme une éponge. . . sans parler du rhume le plus atroce !.. {Il étouffe un éternuement. Il écoute et entend des ronflements sonorsi.) Elle est de ce côté... Quel sommeil délicat et vaporeux!... (Il va vert la gauche.') Le meuble inhabité doit être par ici... Voilà une dot qni m'aura coûté cher. {Il touche le lit de gauche.) C’eut cela!... ma foi, si elle crie tantôt en m’apercevant , je la laisserai crier. {Il te couche. ) Qu’il fait bon s’étendre sur un lit moelleux !... Ahi !... que diable y a-t-il donc dans ce matelas?
MULOT, s’éceillant. Hein?... je crois que j’ai dormi à un mètre de cette inconvenante anglicane... Elle repose enfin... regagnons ma couche solitaire.
. Il marche à t&tons vers U gauche.
SAINT-OURSIN , à part. Il me semble que l’on marche!... m’aurait-elle entendu 7... elle approche... .Sicile me voit dans ce lit, elle va crier comme un aigle et me flanquer à la porte.
A mesure que Mulot s’avance, Sain(>Oursin se recule vers la ruelle; au moment où Mulot monte aur le lit, Saint-Oursin descend de l’autre cdté et gagne le milieu de la chambre.
MULOT, couché. À part. On dirait qu’il a plu dans ce lit.
SAINT-OUBSIN, d part. Serait-elle somnambule ?... {Il va vers la droite et entend ronfler Déjanirè.) Hein ? déjà de retour !... et dormant profondément!...
MULOT, à part. On a remué !
SAINT-OURSIN, regagnant le lit de gauche .
(.1 part. } Décidément elle est somnambule!. . .
Il va vers le lit.
MULOT, d part. Elle est levée... elle vient ici... {Se reculant vert la ruelle.) A-t-on jamais vu ?... a-t-on jamais vu ?...
A mesure que Saint-Oursin monte sur le lit. Mulot dcsren<i de l'autre côté et gagne le milieu de la cfaauibre.
SAINT-OURSIN, couché. Je suis transi !...
Ah ÇRv mais... il y a quelque chose dans ce niatelas !...
mulot, à part, indiquant U lit de gatteke.
Elle y est !... {Profondément scandalisé.) A-
DE DÉJANIRÈ.
t-on jamais vu?... {Il t’ (proche du lit occupé par Déjanirè et entend ronfler.) Cid! elle est déjh revenue !
DÉJAMRE, rêvant. Moustapha....
MULOT, àparL Je vois la ruse... elle feint de dormir cl de rêver du défunt Voilà donc les femmes, grand Dieuî... les voilà donc!...
SAI^T-OlRSIN. On marche I... ello est levée ! elle vient !... 11 faut que je m’assure. (/f descend du Ht , cherche à tâtons et saisit la main de Mulot *.) Déjanirè chère Déjanire !...
MULOT» criant. Qu: va là?
SAINT-OURSIN « crtanf ausst. lin homme !
MULOT. Qui va là, corbleu !
DÉJANIRÈ, s'éveillant en sursaut. Qo’cslce que c’était., ah!!)...
Elle pousse un grand cri et saute à bas de son lit.
SAINT-OURSIN. Déjaiiirc !
DÉJAMRE. Oscar!
MULOT. Le ravisseur!
ENSEMBL.E.
Àia : D«i Moitionneurt. (Gisellc.)
MDLOT.
Qwei! c'est Oscar! q<iet ncandale elTroyabie t
Ils avaient donc un rendez-vous coupable!
C'est un horreur!
Crsini ma fureur,
Affreux auburneur! infâme séducteur.
SÈIAttlRI.
Quelle aventure affreuüet abominable!
Oscar t Oscar! je n'étais point coupable I Point de fureur ;
Sur mon honoeur,
Cette vieux monsieur n'est pas un séducteur.
SAlHT-OUaSIR.
Un homme ici! quel scandale effroyable!
Elle avait donc un rendez-vous coupable 1 Dieu auello horreur!
Un séauctcur
Voudrait me ravir et sa dot et son cœur!
UNE VOIX, en dekore. Je vous dis qu’elle est ici !...
DËJANIRE. La voix de Bettfort !. ..
SAINT-OURSIN. Le cousin...
DËJANIRE. Oh I je voulais beaucoup évanouir moi !...