MULOT, DÉJANIRE
MULOT. Je crois qne j’aurais mieux fait de passer la nuit dans les orgnesJe la paroisse!... ou plutôt j’aurais mieux fait de ne pas quitter Melun [.., et dès demain.... après l'omee....
dussè-je partir à pied... Allons, couchons-
nous! [Il ôte sa redingote, passe un pet-
en-l'air et se coiffe d'un bonnet de eofon.) Par bonheur encore qu’en payant double...
j’ai pu obtenir cette chambre pour moi tout seul.... il n’anrait pins manqué que.... Ah ! mon Dieu!... mon Dieu!... ce lit est habité!... un chien!... nnchai!... quand j’ai payé pour coucher seul... (Illeslape.) h bas!... i bas!... C’est qu’ils ne bougeraient pas pour cinquante écus!... [Il les prend et ra les jeter sur le lU de Pijanire.) Au diable! au diable!
DÈJANIHE , se riveillant et poussant un cri.) Ah !...
MULOT, effrayé. Hein!...
U court à son lit et s, drape dam les rideaux, ne moDlraoi que »a léie.
DËJANlRE, passant la tile entre sesrideaux.
Qu’cst-ce que ce était ?
MULOT, de même, l'apercevant. Ciel !...
DËJANlRE , apercevant Mulot. Un monsieur masculin !...
Elle ferme lea rideaux.
MULOT. Une femme!
üËJAMRE. Et je étais sans pistolets !
MULOT. Pas la moindre sonnette pour appeler du secours I
DËJANlRE et MULOT.
lia parlent en mdnie temps; Déjanire est cachée.
Monsieur!. .. qu’estce que demandez vos ?...
Vous disez ?...
Sortez dehors !....
sortez dehors... subitement!... bientôt!...
Madame, que faitesvous là dedans ?
Plait-il ?
Qui vous a permis de vous em|)arer de ma chambre ?
DËJANlRE, debout sur son Ut et passant Us tite à travers la couronne. Qn’est-ce que disez vos?
MULOT. Jedis, Alsacienne, que je n’ai point payé le prix exorbitant de 2 francs 50 pour habiter l’arche de Noë !...
DÊJA.MRE , de même. Quoi I. .. vous avez l’audace de dire que cette chambre il était à vos !....
MULOT. Je le dis...
DËJANlRE. oh!... vous avez menti !...
MULOT. Signera!...
DÊJA.MRE. El je allais faire flanquer vous à k porte... tout de suite...
MUi.OT. Moi à la porte... à la porte de mes denx lits... c’est vous qui irez, madame...
DËJANlRE, disparaissant. C’était vous!...
c’était vous !.. .
MULOT, sautant à terre. C’est ce qne nous verrons, par exemple !. . .
DÊJAMRE. Yes... nous allons on petit peu voir... [HIU descend de son lit.) Monsieur l’auberge I. . . monsieur Taiiberg. . . [Apereevant Mulot.) Oh! il était dans le pet-en-l’air!
Elle V, pasMsr ton peignoir.
MAGASIN THÉÂTRAL
ITCLOT , eourant à la porte de gauche).
Garçon !... la fille!...
DÊJANIBE, allant vert la porte de droite.
Monsieur l'auberge !...
lift ftecouent le» portes.
DËJA.MRE, s' efforçant d'ouvrir la porte.
Fermée * !...
MUI.OT, redescendant la seine. Brigandeau de Joseph!... nous sommes bloqués!...
DËJAMRE, descendant la scène. Bloqués!...
Ah!... qii'esl^e qu'il dira Oscar quand il saura que je étais bloquée? Ah î jevoulais éranouir mui I...
Elle chancelle et est prête à tomlier dans les bras de Mulot.
MCLOT, s'éloignant. 5la(lame, je tous défends de vous évanouir sur moi... prenez un siège **.
Déjanire tombe assise sur un fauteuil, près de son lit.
l'N VOISIN, à travers la cloison de gauche.
Eh ! Ià-ba.s. .. ça va-t-il durer longtemps?... Quand tn auras fini de Itattre ta femme?
MUI.OT. Ma femme!... ils me prennent pour un mari... je suis compromis. Il faut à tout prix que je sorte de ce repaire!... Il est impossible qu'Isidore Chrysostome Mulot...
apré,s cinquante-trois ans de céliltat. [Prenant xon tac de nuit.) Il me faut une issue quelconque... une trappe... une cheminée... un soupirail... Ah ! celte fenêtre...
ntJASiRE , te levant effrayée. Où allezvous?
MULOT. Je m’en vais... pour mes 2 francs 50... je vais coucher sur un pavé, comme
une sentinelle perdue ou sur un arbre,
comme une poire de bon chrétien. Laissezmoi enjamber ce balcon.
DËJAMRE. Cette balcon ?
MULOT. Oui, madame, on verra cette nuit un célibataire de ciuquantc-troisans se livrer à une immorale gymnastique, que pratiquent seuls les Espagnols dépravés... ou les chats dans l'âge des illusions. Laissez-inoi enjamber.
DÉJAMRE. Mais, malheureux!... Oscar, il était lâ dessous.
MULOT. Oscar?,., serait-ce votre époux?
oÉJAMRF.. C'était le amant de moi.
MULOT. Un amant !
DÊJANiRE. Celui qui avait enlevé moi de London.
MUTAIT. Un enlèvement ! femme enlevée, retrù! Plus que jamais je veux sauter, dusséje tomber sur la tète de Ion Oscar, ou dans une fournaise ardente... (71 ouvre la fenêtre. On entend la pluie. Il la referme.) Grand Dieu ! 1
DÊJANiRE. U faisait la tempête!...
MULOT, refermant la fenêtre. Une aver-
* Déjanire, Mulot.
** Huloip Déjaniro,
sel... un déluge!... un temps 4 ne pas mettre un 'Turc à la porte... Et moi qui ai des rhumatismes. . . et pas de parapluie!
dEjanire. Oscar ne avait pas non plus de rapapluie !
MULOT , tombant assit dans ton fauteuil.
Je me moque pas mal de votre Oscar !... Que faire ? que devenir ?
DÉJAMRE, d part. Le tempête il mettait moi dans lé poltronnerie... et seule... seule... [Allant à Mulot, avec hésitation.) Monsieur, je croyais vous un homme respectable.
MULOT, abattu. Organiste et célibataire...
DÉJAMRE. Je croyais vous tout 4 fait vertueux...
MULOT. Moi, madame... je ne me suis jamais fait enlever...
DÉJAMRE. Tes... Eh bien... je voulais faire 4 vous un petite proposition...
MULOT. Dans quel genre ?
Df;jAMRE. Écoutez bien... puisque celte coquin de monsieur l’auberge il avait mis nous dedans...
MULOT, se levant. Le gueux !
DÉJAMRE. Et qu’il était impossible de aller dedans le dehors...
MULOT. Oui...
DÉJANIRE. Je permettais 4 vous de resta' dedans le dedans...
MULOT, hésitant. Dedans... comme ça...
avec vous ?...
DÉJAMRE. Yes.
MULOT, te levant, et à part, avec accablement. Moi, Chrysostome MuloL.. pas.ser la nuit sous le même plafond qu'une fille d'Eve?
DËJAMRE. Prenez cette paravent...
MUIAJT. Un paravent... vous croyez queça suffit...
Il va la prendre.
DÉJAMRE. Yes!... portez dans le milieu.
MULOT, le traînant au milieu de la chambre. C'est bien mince, madame... une simple ' feuille de papier peint.. Je vous prie de ■ croire que c’est bien la première fois. ..
I DÉJANIRE, l'aidant à placer leparavent.
Et moi aussi !
MULOT. Que je cède 4 la force majeure.
DÉJAMRE. Et moi aussi!
MULOT, allant prendre le flambeau sur ta table et redescendant à gauche. Et que si j’a- I vais deux rhumatismes de moins, et un pa- I rapluie de plus...
DÉJAMRE, aussi d gauche du paravent.
Que voulez-vous ? c’était un petit aventure de voyage.
viuLOT. Ils sont gentils les voyages... [Lui offrant te flambeau et lui montrant lecomparttmenfdedroifr. ) Et maintenant madamevoici votre appartement, et voici le mien. Rentrez chez vous,et gardez-vousde franchir cette frontière, sous quelque prétexte que ce soit
L’ENLÈVEMEMT
DËJANIRE. Et VOUS aussi !
MULOT. Encore un mot !... J'esp^ C|ue vous apprécierez tout ce que notre situation a de délicat.. Je vous invite é vous comporter avec la retenue qu’on attribue i votre sexe, i ne pas rêver à haute voix, à ne pas m'adresser la parole, et surtout à ronfler modérément...
DËJANIRE. Et vous anssi I
MULOT. Quant à moi, madame... je suis organiste et célibataire... c’est vous en dire assez. Sitôt que le coq chantera, je fuirai ce lieu d’épreuve et de perdition... Et là dessus, madame... allez vous coucher.
DËJANIRE. Et vous aussi ! [A part. ) C’était bien le vieillard le moins dangereux...
Ah ! quelle diflérencc avec cette fripon de M. Oscar !
MULOT. AhI brigand de Joseph!...
DËIANIRE, étant son ptignoir. Il pleuvait encore.... cette pauvre Oscar il sera mouilié comme un potage.
MULOT, d part. Je vais me coucher tout habillé...
DËJANIRE, écoutant. Non!... il faisait pas le tonnerre!...
MULOT, à lui-miine. Je tombe de sommeil Pourvu que ces alTreux quadrupè-
des n’aient pas colonisé mes draps I..,
DËIANIRE, parlant d ses animaux , qui tant placés sur son lit. Dormez, dormez.,, petit Moustapha...
MULOT, à part. Plalt-ilT elle m’appelle Moustapha...
DËJANIRE, àpart. Ah! Goorl! ils me mordaient! oh! lés malhonnêtes, lés vilains!...
MULOT, de même. Comment! elle m’invective!
DËJANIRE, de même. Vous méritez que je donne à vous le fouet !
MULOT, de même. Le fouet!!!
DËJANIRE, de même ; elle se promène dans la chambre en tenant ses bêtes par ta nuque et cherchant od les poser. Pour puuir vous, vous coucherez pas sur le lit de moi.
MULOT. Ah ça, madame! allez-vous
mettre un terme à cette promenade nocturne?
DËJANIRE, allant vers le paravent. Ah!
monsieur.. . vous êtes coché?... I
MULOT. Comment cocher?... je suis organiste.
DËJANIRE. No!... couché...
MULOT. Et vous ne l’êtes pas encore?
DËJANIRE. C’était pour prier vous de poser lé Moustapha et le Kobiuson sur le fauteuil de vous...
MULOT. Le Moustapha !... le Robinson !...
( Il s'approche et regarde par le coin du paravent.) Sou carlin et son chat...
DËJANIRE, les lui posant sur les bras. Vous êtes le plus complaisant des vieux !...
Elle t’éloigne.
.MULOT, n'osant pas franchir le paravent.
Hein!... ôtez-moi ça.... allez-vous m’ôtez ça ?...
DËJANIRE. Il n’y avait pas de danger.
MULOT. Que voulez-vous que je fasse de ces deux mammifères ?
DËJANIRE. Couchez!... couchez eux !...
MULOT, à part. Me prend elle pour une bonne de cliiens ?
DËJANIRE. Mettez sur le fauteuil de vous les mammifères.
Elle te couche.
MULOT. Sur mon fauteuil!... {A part.) Pour que d'un saut ils grimpent sur mon lit!... Si j’avais là une armoire, un placard, un puits... {Apercevant la table de nuit.) Voilà ce que c'est!... (// ouvre la table de nuit.) 11 faut unoiganiste dans ma position pour trouver une aussi horrible idée!... {Il met le chien et le chat dans la table de nuit et la referme. ) Me voilà à l’abri de leurs tentatives. . .
DËJANIRË Je disais à vous : Merci !
MULOT. Il n’y a pas de quoi !
DËJANIRE. Et cette fois, je ne dérangerai plus vous... Je étais dans le lit de moi.
MULOT. Hestez-y!... {A part.) Cette femme dit tout ce qu’elle fait... Enfin, je vais pouvoir goûter !(■ repos... Je crois l’avoir conquis par d’assez rudes épreuves!...
Au mouicoi uû il va muiii.cr sur son lit, les ani-
aiaiix crient dans leur priNun, et la lubic de
nuit te renverse avec fracas.
DËJANIRE. Oh! qu’est-ce qui arrivait?
MULOT, d part. Les bandits!... ils ont tout cassé !...
DËJANIRE. Monsieur!
MULOT. Ne bougez pas... C’est qu’ils sont tomliés de lenr lit.. .
DËJANIRE. Ils s’étaient fait mal?...
MULOT. Au contraire; je vais les calmer!.. .
{Au chien et au chat qu’tl a tirés du meuble, et qu'il tient par la nuque. ) Et vous croyez, méprisables petites créatures, que ça va se passer comme ça?... Vous ne voyez donc pas que je suis exaspéré... que je suis capable d'un crime ?
DËJANIRE. Caressez!... care.ssez !...
MULOT. Laissez-inoi faire ! [Il soulève te matelas, et dit d'une roix earessnnle. ) Ce pauvre petit Monslapha!... v'ian ! {Il le fourre sous le matelas. ) Ce pauvre mignon de Robin.son!.. . v’Ian!... [Même jeu. Il saute dans son lit, se eouche et bondit avec fureur pour les étouffer, en disant d'une roix caressante. ] Là ! là I là !
DËJANIRE, d'une voix caressante. Les pauvres amis!
- MAGASIIf THEATRAL.
fO
«liLOT, de mime. Chéri*!... chéris!...
chéris!... (Som&r». ) Cette anberge devient un coupe-gorge .. Je commets deùi meurtres pour mon débat!... voilà les vov'ages!
DéJAMRE. Ils s’étalent apaisés tout de suite...
MULOT. C’est que j’ai pris le bon moven.
DËJAMKE. Ils dormaient?
MULOT. Profondément. [À part.) Da sommeil éternel I. .. le crime est consommé.
{Haut.) Soufllei votre chandelle, madame.
DÉJANtKE, la faufilant. Monsieur, je disais à vous bonne nuit!
Nait a la rampe, MtiLOT, de même. Merci bien.
DËJANIRE , d part. Cette ht il n’était pas tendre du tout..
ML i.OT, de mime. Pourrai-je reposer sur les mânes de mes victimes... Ils sont borriblemeut durs!...
DËJAMUE, de mime. Oh! bien sûr... celte matelas il était cardé avec des assiettes cassées... {Se mettant sur «on «dont .) Oh ! je sentais moi p.is Itien du tout... {Avec dieeritioii.) Monsieur...
MULOT. Encore elle!
DÈJANIRE. Vous donnez?...
MULOT. Madame , j’ai l’Iiabitiide de me coucher à huit heures du soir... et il en est deux après minuit...
nÊJAiS'iRE. Moi je pouvais pas dormir...
je avais froid dans le pied.
MULOT. Soudiez dans vos doigts...
DÈJANIRE, avec un cri douloureux. Oh!
monsieur !...
.Ml LOT. Ah! ça mais!... sacrebleu!...
Bon !... voilà que je jure. Ah ! tant pisl... Ventrebleu ! milady !
DÈJANIRE, d'un Ion larmoyant. Oh! monsieur. .. je étais malade...
MULOT. Plaît-il?
DÈJAMRF.. Je étais dans lé indisposition.
De l’eau sucrée!... ait! ah!... mon brave monsieur!...
Ml LOT. l'n instant... ony va!... {Àpart.) Il faut y aller... il serait imprudent... [Il faute de son lit.) Y a-t-il seulement du sucre dansrelte caverne?... Il me semble en avoir vu Mir la table.
U cher, be à tâlons et s'approche du lit.
DÈJAMHE. A boire.
Ml LOT, d part. I.a table n'est pas de ce côié !... [Il te heurte contre le paravent, le plie et le porte au fond.) Enlevons ce meuble inuiiie...
DÈJANIRE. Dépêchez... .Mais qu’est-ce faites vos î
Ml LOT. Je cherche du sucre... je joue au colin-maillard avec un sucrier.
DÈJANIRE. A boire !
MULOT. Je le tiens ! {À pari, préparant le verre d'eau sucrée.) Voilà donc où devaient aboutir mescinqiiante-trois ans de célibat!...
DÈJ.VMRE. Mettez de la fleur d’orange...
MULOT. On en met... (A part.) Passer la nuit à éldulTer des chiens .. et à ranfectionner de.s breuvages sucrés... pour une inoonnae iudisirosée... S’il n’y a pas de quoi se tourner le sang... (Il tourne le euere avec raye.) Tomber en apoplexie... en... (Il boit par diitraction l'eau sucrée et pote le verre sur la table de nuit de Déjanire.) .A présent... si elle s’avise d’articuler un son quelconque...
DtlA.MRE. A boire !
MULOT, d part, hors de lui. Encore à boire!... Mais ellcadnnc la pépie!... {Haut.) Vous avez encore soif?...
DÈJANIRE, douloureusement. Ob! ycs!
Mn.OT, outre. Mais dites-moi lout de suite que je suis votre femme de chambre... votre garde-malade... {S'asseyant arec dépit sur le fauteuil.) Dites -moi de m’asseoir à votre cheveL.. et de...
1) veut se lever; on enicnd UD coup de louncrre.
DAjanirc effrayée saisit Mulot par le bras et le
fasl relember assis.
DÈJANIRE, épouvantée. Oh monsienr!...
MULOT. Lâcliez-moi...
DÈJANIRE. Obi no !... oh! no!... je étais capable |H)ur mourir dans le frayeur... {Nouveau coup de tonnerre.) Oh ! oh ’ oh !...
MULOT. Mais, madame... vous foulez aux pieds les plus simples bienséances... vous me foulez le poignet i
Il se dégage.
DÈJANIRE. Ne quittez pas mot., on je courrai après vous.. .
MULOT. Eh bien .. je reste... j’aime encore mieux rester... maisàdislance rcspeclueose... {Apart . reculant le fauteuil.) QovUe. nuit., pour un organiste!... mon Dicn!. et pmir 2 francs cinquante!...
DÈJANIRE. Et pourtant, monsieur... cette temps abominable , il rappelait à moi de bien doux souvenirs.
MULOT, àpart. Je meurs de sommeil I...
DÈJANIRE. Yes!... c’était dans un jour de orage cl de tonnerre que je avais fait le connais.sance de l’Oscar chéri.
MULOT, d part. Esl-cc cpi’elle va me raconter ses fredaines?
DÈJANIRE. Je souviendrai moi toujours...
c’était le soir... j’étais dans le négligé le plus j négligé.
I Elle s'endort,
i MULOT. Veuillez gazer, madame...
j 11 s’endort sur le fauteuil. Woit complète.