PREMIÈRE PARTIE
L’HISTOIRE
l’œuvre de dieu, l’œuvre de l’homme
Y a-t-il une histoire de la famille?
La famille n’a-t-elle pas toujours vécu?
N’y a-t-il pas toujours eu des foyers?
Autour des foyers n’a-t-on pas toujours vu ce groupe saint : le mari, la femme et les enfants?
Oui; au début de l’humanité, vous trouvez le couple.
Vous le rencontrez dans sa juvénile beauté. L’ombre transparente des fraîches verdures d’Ëden le voile à peine, il tient levé vers les cierçx son front que caressent les brises de l’aube; ni l’ardeur de midi ne l’a hâlé, ni l’aile du mal ne l’a touché. Contemplez-le bien : l’homme, roi dans la création, enveloppé de lumière; la femme, ce don suprême de Dieu, pareille à l’homme et diverse, la chair de sa
L’HISTOIRE
chair, l’aide semblable, le cœur qui répond au cœur, le rayonnement de toute joie, de toute force, de tout bonheur !
La parole créatrice lui a été adressée, ce : Croissez et multipliez! qui renferme les milliers et les milliers des futures générations*.
Regardez-le, je vous le redis encore; l'heure est bénie ; l'heure ne durera pas.
Un sifflement a retenti. Libre, parce que sa moralité l’exige, parce que sans la liberté sa conscience n’existerait pas; le couple s’est séparé du Père, il a brisé le vase des dilections.
C’est fini.
Bien avant que la sentence ait foudroyé l’homme, le châtiment l’a rencontré, car l’homme a peur de Dieu! « ils se cachèrent /* »
Bien avant que les portes de l’Éden se soient fermées sur lui, l’homme va errant par le désert, car il ment à son Créateur : « J’ai craint parce que j’étais nu ! 5 »
Bien avant que l’assassinat d’Abel ait scellé de sang l’arrêt irrévocable, la mort est entrée, l’horrible mort qui tue les bien-aimés, car les lèvres d’Adam ont accusé son Eve, la sienne, son unique, et l’ont comme