I . Quatorze ù l’heure qu’il est
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l’école et les élèves; volontiers celui-ci les aide et les patronne; son action s’arrête là; leur indépendance demeure intacte , respectée , et chacune d’elles suit sa carrière, sous sa propre responsabilité.
Si l’on a pu se passer de la direction perpétuelle, condition sine quâ non des corporations de sœurs, on a pu Se passer également, cela va sans dire, du célibat de lait qui non-seulement caractérise les corporations, mais qui en forme l’essence même et l’indispensable nœud.
Les élèves de l’école de Lausanne sont indifféremment célibataires, mariées ou veuves. Chacun des cours, ou peu s’en faut, voit ces trois catégories représentées autour de la table de famille.
Point de costume, ai-je besoin de le répéter? D’assez grandes inégalités sociales se sont plus d’une fois * trouvées côte à côte, durant les cinq mois de vie en commun; le nivellement par l’habit semblait indiqué pour éviter certains froissements, pour effacer certaines différences. Mais ces froissements n’ont jamais existé, mais ces différences font partie de l’existence normale; et la villageoise, et la demoiselle, chacune vêtue proprement , d’une manière conforme à sa position, ont constamment marché de bon accord, en chrétiennes, sans que la grosse robe de l’une ou l’éioffe plus fine, la coupe plus élégante des vêtements
■de l’autre fissent naître le moindre problème social dans leur esprit.
Personne n’a imaginé de donner aux élèves un autre nom que celui de leur belle profession. Elles sont gardes-malades , pas autre chose.
Sœurs! pourquoi sœurs? — Oui, elles sont sœurs dans le sens vraiment scripturaire du mot, dans le sens large et universel. 11 a fallu le système romain avec ses classements contraires à l’Evangile, avec ses divers degrés de sainteté, avec ses clercs et ses moines plus rapprochés de Dieu que les chrétiens de la vie ordinaire, pour enlever à ceux-ci leur nom de famille, le nôtre, le titre qui appartient à tous les membres du corps de Christ, et pour faire de ce titre un monopole spécial, exclusivement réservé aux corporations.
Tout comme les élèves de Lausanne ont répudié le costume, bien persuadées que Celui qui ne veut pas que notre main droite sache ce que fait notre main gauche, ne nous a pas invités à proclamer notre vocation charitable par des signes extérieurs, bien résolues à ne point attirer sur elles l’attention et le respect par un vêtement réglementaire qui sérail l’emblème du dévouement, ces élèves ont apporté la même humilité à se passer du prestige que donne
une apparente gratuité des soins 1 .
1. U est facile de faire soigner gratuitement les pauvres par lu création d’un comité spécial, qui s’assure une ou plusieurs gardes-
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Nos gardes-malades, au sortir de l’école, gagnent simplement leur vie en recevant une modeste rétribution due à leur travail.
Nous vivons tellement sous l'influence de la fausse sainteté créée par l’Église romaine, il nous faut tellement la mise en scène du désintéressement, ipte nous en sommes venus à considérer le salaire sinon comme une flétrissure, du moins comme une chose infime , vulgaire , ignoble, incompatible avec les grands renoncements de la haute consécration.
Les apôtres ignoraient ces raffinements quintes-senciés. Ils étaient trop simples et trop vrais pour en concevoir l’idée : « L’ouvrier, disaient-ils, est digne de son salaire », et ils recommandaient de donner un double honoraire à certaines classes d’anciens.
Nous-mêmes, ne trouvons-nous pas tout naturel, (pie nos magistrats soient salariés, que nos pasleurs soient salariés, que nos missionnaires soient salariés? Mais dès qu’il s’agit des corporations charitables, la tradition romaine reparaît avec cette puissance de ténacité qu’ont les idées fausses, et dans le fait du salaire, humble, légitime, évangélique,
malades, el qui les envoie à ses frais chez les indigents abandonnés. Ce comité existe à Lausanne. Ailleurs, de modestes associations particulières se sont attaché une garde-malade qu’elles emploient de la sorte, suivant les besoins.
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nous ne sommes pas loin de voir un abaissement.
Notez-le d’ailleurs, messieurs, la gratuité du service des malades, remise si fort en honneur par les corporations, n’a, en fait, pas de réalité. Les faibles émoluments que reçoivent nos gardes-malades sont loin d’équivaloir à l’entretien complot, absolu, des sœurs; surtout ils ne sauraient égaler la retraite assurée qui attend celles-ci, leur lèche une fois accomplie, les garantissant contre tous besoins, pourvoyant l toutes chances de maladie, «le fatigue ou d'infirmités, et cela jusqu’à la mort.
Il n’y a donc chez nous qu’un retour à la vérité des habitudes évangéliques, qu’une rupture avec cette charité théâtrale, avec ce renoncement à fracas que Home, qui s’y entend, avait si habilement organisés- ,
\ppellation particulière, costume, gratuite pie-
tendue, tout cela disparait; le dévouement modeste, vrai, sans apparat subsiste; or celui-là nous suffit.
Ajoutons-le en passant. Plusieurs fois, des personnes appartenant aux classes aisées de la société ont figuré parmi les élèves. Elles se sont, leur apprentissage achevé, vouées à soigner les malades, sans accepter, cela va de soi, une rémunération don! elles n’avaient pas besoin. En agissant ainsi, elles n’ont pas un instant imaginé, vous pouvez mVn croire,
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que leur dévouement gratuit surpassât le dévouement rétribué de leurs compagnes, moins favorisées, tout aussi consacrées au Seigneur
1. L’école de Lausanne a pour directeur et pour directrice M. et madame Reymond — un père et une mère — la famille a élargi son aile, voilà tout.
M. Reymond applique au développement des élèves son christianisme solide, ses rares connaissances spéciales (a), l’extrême lucidité de son coup d’œil et ses qualités aimables, qui n’y gâtent rien.
Madame Reymond y met toutes les délicatesses d’une âme essentiellement consciencieuse, toutes les bontés d’un cœur loyal et tendre, toute l’expérience acquise auprès des malades et des indigents.
Enfin l’école possède en la personne de M. le docteur Jain un professeur dont l’enseignement pénétre de savoir, illustré çà et là par les saillies d’un esprit très-original et très-fin, entretenu par l’étude assidue des découvertes que chaque jour amène dans le monde medical, non-seulement captive les élèves en les instruisant, mais attire bon nombre d’externes, heureuses d’acquérir des connaissances qui trouvent un emploi immédiat au service de la charité. .
(<j) Il a donné un cours vivement récié.
Si j’ai mentionné avec quelques détails l’institution des gardes-malades à Lausanne — institution trèsmodeste assurément, — c’est qu’elle fournit l’évidente démonstration de plusieurs vérités contestées.
Elle prouve que le soin des malades se passe parfaitement des formes empruntées à l’Église de Rome; elle prouve que l’Evangile, appliqué tel quel, possède une puissance sur laquelle nous ne comptons pas assez.
Moins d’organisation et plus de vie, appel à l’action libre de l’individu, développement des forces immenses que la foi met au service de la charité, voilà notre programme.
Au lieu de vous parler d’une petite école suisse, j’aurais dû vous parler des grands exemples américains.
Pendant la guerre civile, qui donc s’est chargé des
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blessés et des malades? Qui a créé ces admirables asiles, ces soldiers-h ornes dont les toits bénis marquaient les étapes, de Washington au Texas? Qui a transformé ces asiles en maisons paternelles oii l’on respirait presque l'atmosphère du chez soi? Qui a fondé l’œuvre immense, l’œuvre merveilleuse de la commission sanitaire? Qui a réuni les dons, non-seulement l'argent, le linge, la charpie, mais les vêlements, b 1 vin, les cordiaux, les livres, le papier, les jeux, les fleurs et les fruits dont les parfums et la saveur venaient rappeler le village natal?
Vous le savez comme moi, les femmes américaines — c’est toujours aux femmes qu’appartient le grand
rôle en pareil cas — s’étaient données, elle-mèmes:
elles avaient écarté
la charité par procuration. Elles
écrivaient les lettres des soldats mutilés, elles servaient
les blessés de leurs douces mains, les entourant du bien-être, que dis-je? du luxe et des délicatesses qu’un cœur de femme peut seul inventer.
Mon ami M. Laboulaye a lait connaître à l’Europe — dans un travail que tout le monde a lu - — ces Hospitals Ihnjs, ce journal d’une dune «pii a dirigé pendant la guerre l’établissement sanitaire de Eairf ix, près de Washington *.
1. Je n'ai pas osé nommer miss Jane Sluart Wool-ey. Je me hasarde à mettre son nom dans cette note.
Il nous a parlé do madame Barlow. Le jour mémo do son mariage, madame Barlow part avec son mari pour l’armée. M. Barlow parvient au grade de général. Madame Barlow fait toutes les campagnes dans- les ambulances, et meurt à la peine, devant Pétersburg. Quelle union ! Quelle noble et courte vie à deux! El que c’est bien là le véritable dévouement, la consécration suprême, le soin des malades pratiqué selon la simplicité, dans la puissance de Christ!
Durant ce terrible conflit américain, l’association centrale des femmes pour le secours des blessés a recueilli quatre cent millions. Elle a enrôlé une véritable armée d’infirmières aussi zélées qu’indépendantes.
E’œuvre des femmes ne doit pas nous faire oublier celle des hommes, en particulier l’action partout présente et partout efficace de Y Un ion des jeunes gens.
Je rappelle exprès ces détails qui vous sont bien connus, messieurs. Ils prouvent avec une incomparable clarté que les corporations charitables de sœurs n’ont rien à faire chez vous, qu’elles ne vous apporteraient rien, et que leur absence ne s’est pas fait regretter un instant.
Nos hôpitaux remplis de sœurs ont-ils présenté quelque part des résultats aussi beaux que vos baraques desservies par les volontaires de la charité, que
ces édifices bien aérés où l’on a supprimé le typhus,
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d’où l’on a banni le scorbut, où le nombre des morts a été réduit au delà de toute prévision?
Là, grâce à des prodiges d’intelligence et de bonté, tels que les mécanismes les mieux organisés ne les produiront jamais, on a multiplié les perfectionnements.
La vie est un grand maître; la liberté est un grand inventeur. L’une et l’autre ont remplacé par de petits asiles bien ouverts au soleil les vastes hôpitaux infects qui sont des maisons de mort; elles ont partout introduit des brises salubres, partout planté des jardins, partout cultivé les légumes et fait épanouir les fleurs; elles ont construit des steamers et des wagons spécialement disposés pour le transport des blessés; elles ont, ce qui vaut mieux encore, créé autour d’eux, à force de sollicitude et d’amour, ces douces illusions de la famille sous l’action desquelles le cœur se dilate et le corps se guérit. "
Nous voilà bien loin de la bienfaisance en gros; nous voilà bien loin de cette charité toujours un peu officielle, toujours un peu professionnelle, qui caractérise les corporations jusque dans l’exercice le plus sincère de leur dévouement.
II me semble, messieurs, que les conclusions de cette rapide étude se présentent d’elles-mèmos.
Entre les deux tendances qui se partagent trèsinégalement l’instoire de la chrétienté, nous avons à choisir.
D’un côté se trouvent les mécanismes habilement organisés par le génie administratif du monde latin : beaucoup d’hôpitaux, l’aumône concentrée aux mains des spécialités charitables, les corporations signalées au respect public par le costume, par l’appellation, par le célibat, par l’apparente gratuité du service ; tous les dévouements enrégimentés, réglementés, obéissant à une direction centrale, marchant avec cet ensemble que produit l’abdication de l'individu.
D’un autre côté, l’individu en possession de son indépendance, le soin des malades et des pauvres ■confié à l’action spontanée de l’amour chrétien, chaque
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enfant de Dieu placé en face de son devoir et ne pouvant s’en dispenser sous prétexte de le déléguer à de plus habiles, l’Evangile enfin pour maître unique, l’exemple des apôtres pour unique constitution.
Au surplus, vous l’avez remarqué, cette liberté se concilie parfaitement avec l’ordre. Que l’Eglise complète ses charges, qu’outre les diacres elle ait des diaconesses vivant comme ceux-ci de la vie de tout le inonde, rien de mieux. Qu’on forme des gardesmalades instruites, capables, pratiquant leur nohle profession avec autant d’expérience et de savoir que .d’amour, rien de mieux. Que l’on se concerte, que l’on se distribue le patronage des familles indigentes, que l’on s’arrange pour prévenir les abus, pour établir entre chaque pauvre et son patron ces rapports éclairés et directs qui seuls produisent du bien, rien de mieux. Que dans les grandes crises on crée des services extraordinaires et multipliés, à l’exemple des Etats-Unis pendant leur guerre civile, rien de mieux. -
Mais tout ceci, c’est l’organisation dans l’indépendance, c’est l’ordre dans la liberté.
La liberté ! ne laissons pas amoindrir ce principe vital que nous a donné l’Évangile. L’Evangile a fait plus, il nous a montré nos privilèges. Notre privilège, à nous chrétiens évangéliques, c’est de travailler tous, de combattre tous, de n’avoir aucune dispense pour aucun devoir.
Voyez comme ils s’aiment ! disait l’ancien monde en parlant des disciples du Sauveur. Puisse venir bientôt l’heure où nous contraindrons le monde moderne à s’écrier, en parlant de nous : Voyez comme ils s’aiment !
Messieurs, ne cherchons pas ailleurs la vraie solution du problème de la philanthropie chrétienne; les détails d’application se révéleront à nous l’un après l’autre; la vraie charité, la charité vivante, la charité libre, la charité individuelle saura les découvrir; quelque graves et diverses que puissent naître les circonstances, cette charité-là nous dira ce qu’il faut faire pour répondre aux besoins de chaque jour. L’essentiel est le principe. Il importe d’autant plus de le maintenir, que Rome — personnification des infidélités progressives à l’Évangile — nous tentera toujours par l’imitation, en les modifiant pour notre usage, de ses institutions aumônières, machines commodes, savamment conçues, habilement agencées, qui portent avec elles tout le prestige de la popularité et du succès.
Nous, messieurs, restons fidèles à notre principe. Ayons ce côurage, ayons foi en la puissance de la vérité.
Et si Rome nous montre ses sœurs de charité, nous lui montrerons, nous, nos églises de charité.
En m’acquittant de la tâche délicate qui m’avait été confiée, je me suis conformé, je l’espère, à l’esprit de l’Alliance évangélique, esprit tout pacifique et tout fraternel. Je n’y ai point eu de peine; mon coeur ne renferme que des sentiments affectueux, qu’un profond respect pour les fondateurs des corporations
que je combats.
Loin de chercher à se 1 approcher de Home, ils ont cédé, j’en ai la conviction, à Tardent désir de servir notre Réforme, la disculpant du reproche de dureté, faisant cesser une infériorité positive dont son honneur souffrait.
Sachons le reconnaître, il y avait chez nous une lacune à combler; les soins de l’amour chrétien manquaient parfois à nos malades.
Sachons le constater, bien des êtres souffrants ont rencontré de tendres sollicitudes, bien des âmes in-
quiètes ont trouvé la paix dans les hôpitaux desservis par les soeurs.
Je dis plus, nous les adversaires d’un système que notre conscience nous ordonne de repousser, nous avons reçu, par le fait même de l’erreur qu’il représente et que nous devions désarmer de ses prétextes, nous avons reçu des impulsions qui, sans cela, nous auraient manqué.
Si nous formons des gardes-malades pieuses, n’estce point pour l’honneur de la vérité, de la simplicité qui sont en Christ? N’est-ce pas pour faire éclater aux yeux de tous la suffisance absolue du pur Évangile dans ses applications à la charité comme dans ses décisions en matière de foi ?
N’oublions pas un tel service. L’argument de nécessité sur lequel s’appuyaient les institutions des sœurs s’est écroulé devant les faits. Les faits ont démontré qu’on peut obtenir de vraies vocations, que de saintes et touchantes consécrations aux misères humaines peuvent se produire sans le secours ni des corporations, ni de la direction, ni du costume, ni du célibat.
Messieurs, il fallait au comité qui a préparé le congrès de l’Alliance, il fallait une audace, il fallait une virilité de foi tout américaine, pour poser devant vous
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une question controversée, pour la poser au grand jour, en plein soleil.
Votre comité l’a pensé : notre unité ne craint pas la lumière. 11 a bien fait, messieurs.
L’unité n’est réelle qu’à la condition de n’éviter aucun débat; elle n’est solide que dans la mesure où elle sauvegarde la manifestation de toutes les diversités.
Comparez-Ia, cette unité de notre alliance évangélique, comparez ces libres battements de nos cœurs possédés du même amour de Christ, comparez ces franches évolutions de nos esprits pénétrés du même esprit, comparez-les avec Limité qu’on fabrique à Home !
Rome décrète, selon son bon plaisir, des dogmes imposés à tous : hier l’immaculée conception ; aujourd’hui l’infaillibilité.
Si ces dogmes blessent les consciences, tant pis pour elles : les consciences se tairont.
Si la Bible proteste trop fort, tant pis pour elle : la Bible cessera de s’ouvrir.
Si le bon sens, si les convictions, si la vérité opposent quelque résistance, on écartera le bon sens, on oubliera les convictions, on étouffera la vérité pour marcher yeux fermés, tête baissée, dans cette nuit sans étoiles qui s’appelle Unité romaine.
Chez nous, point d’uniformité factice, point de consciences esclaves; ehez-nous, la liberté, la vérité, les regards fixés sur l'Écriture, les yeux bien ouverts, la conscience bien éveillée.
Ce que nous voulons, c’est le vrai. Ce que nos prières à tous vont implorer de Dieu, c’est le vrai. Ce que nous cherchons par toutes les puissances de notre Ame, par toutes les énergies de notre volonté, c’est le vrai.
Kl les diversités se produisent précisément parce que l’unité n’a rien de faux; parce qu’elle s’alimente de cette ardente, de celte persévérante poursuite du vrai ; parce que chaque élan, parce que chaque aspiration vers le vrai en resserre le nœud. Les diversités se produisent parce que nous avons horreur des mensonges convenus qui violentent, qui obscurcissent le sens moral, et qui, par là même, ruinent l’unité. Les diversités se produisent parce que tous ensemble nous désirons posséder la seule foi digne de ce nom : la foi loyale, intègre, la foi posant de toutes parts sur la bonne foi !
Notre unité, qui n’a rien à cacher, qui ne connaît ni les contraintes ni les réticences, ne perd rien, ce me semble, au contact de la liberté.
Enfants du même Dieu, rachetés du même Sauveur, disciples du même esprit, serviteurs du même Evangile, il me semble que nous voyons approcher l’heure
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où s’accomplira cette prière suprême de Jésus-Christ : « Que tous soient un, comme toi, Père, es en moi, et moi en toi. Qu’eux aussi soient un en moi, et que le monde connaisse que c’est toi qui m’as envoyé. »