‹ L'ennemi de la familleChapitre 60 sur 67 · LES FACULTÉS SONT ÉGALES, LES PARTS NE LE SONT PAS · texte numérisé non relu

LES FACULTÉS SONT ÉGALES, LES PARTS NE LE SONT PAS

Les facultés sont égales, dit-on, et les parts ne le sont pas!

Entre les deux vocations, entre les deux fonctions si vous voulez, la fonction intérieure et la fonction extérieure, laquelle est la moindre? je n’en sais rien. Entre l’autorité et l’influence, entre le droit de décider et la possession des mille moyens de diriger, lequel est le plus important ? je l’ignore. Ne parlez donc ni d’inégalité ni d’injustice, mais de fondions diverses dans l’unité de l’être humain.

Les capacités sont ici hors de cause. Nul assurément n’aura l’impertinence de supposer une infériorité intellectuelle des femmes. Quand elles ont écrit, elles n’ont été inférieures à qui que ce soit : voyez madame de Sévigné, tant d’autres; quand elles ont gouverné,

DEUXIÈME APPENDICE

clics n’ont etc inférieures à quj que ce soit : voyez nos régentes à partir de Blanche de Castille, voyez la reine Élisabeth d’Angleterre, voyez les sœurs et les tantes de Charles-Quint qui s’y entendait, et qui leur confiait les missions les plus délicates ; quand elles dirigent les alfa ii 'es pratiques, elles s’en tirent mieux que nous : voyez les femmes du commerce parisien; quand elles étudient, elles réussissent comme nous : voyez les jeunes filles de nos écoles, voyez les jeunes filles qui tiennent tète aux jeunes garçons des collèges et des universités d’Amérique, rappelez-vous les femmes qui professaient lors de la Renaissance, rappelez-vous les femmes du xvi c siècle, aussi cultivées que les hommes, sans rien perdre de leur charme! Si vous relisez l’histoire des martyrs, vous trouverez un type de chrétiennes dont la vigueur est admirable; celles-là n’ont pas besoin d’un remaniement des lois pour marcher les égales des plus grands hommes. Et celles de la Réforme ! austères, vaillantes, pleines de grâce et d’humilité, épouses et mères incomparables. Et celles des Dragonnades! ces protestantes qu’on torturait dans les prisons du Dauphiné, qui vieillissaient dans la tour de Constance, qu’on persécutait à coups d’épingle dans les couvents, qui fuyaient à travers les montagnes, sacrifiant tout, famille, fortune, acceptant les amères douleurs de l’exil plutôt que de trahir la foi.

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