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Cela se fait dans quelques localités

LE DROIT Ali TRAVAIL.

quel qu’il soit, à égalité de valeur, est-il moins payé toujours que celui des hommes? Pourquoi ne pas établir pour tout le monde le travail à la tâche, le seul qui mette en rapport vrai le labeur et le profit? Pourquoi, grâce aux nombreux intermédiaires qui séparent l’ouvrière de l’acheteur, le salaire de celle-ci s’évanouit-il aux trois quarts? Pourquoi ne pas organiser partout, comme on l’a essayé à Paris, des associations coopératives munies d’ateliers et de bazars, qui placent le travail de l’ouvrière en relation directe avec la bourse du public?

L’équité ne demande rien moins; la moralité, fortement intéressée au triomphe de la justice, exige tout autant, car l’insuffisance des salaires, l’impossibilité de vivre au moyen d’un gain honnête accumulent devant la jeune fille et la femme des occasions de chute dont nous portons la responsabilité.

Notre responsabilité pas plus que notre devoir ne s’arrête là. Il y a des centres manufacturiers qui sont des centres de corruption; la vie de famille s’y dissout, l’épouse et la mère y disparaissent dans l’abrutissement d’une vie collective où le travail mécanique absorbe tout; les intelligences et les âmes s’en vont, les corps aussi périssent; c’est là un crime social; il faut donc que la société intervienne, il faut qu’elle limite le travail des faibles, qu’elle protège les femmes

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cl les enfants, qu’elle sache vouloir, qu’elle fasse exécuter ce qu’elle veut.

On parle de ligue! Liguons-nous pour flétrir toutes les institutions, toutes les coutumes qui souillent et qui perdent. Chacun sait ce que je veux dire, je n’ai pas à entrer dans le détail. Il est dos tolérances infâmes, il est des provocations dont les agents devraient rencontrer un châtiment sévère. L’opinion publique reste lâche en présence de tels attentats, l’indifférence des honnêtes femmes les encourage; c’est la faute des honnêtes femmes s’ils n’ont pas disparu; elles créent les courants, un courant pur balayerait ces turpitudes, qu’on le sente circuler. Voilà un beau droit à conquérir : le droit de sauver! Voilà un beau droit à exercer : le droit «le mettre le ciel à la place de l’enfer!

Cela vaut peut-être bien le droit de jeter un bulletin dans une urne électorale.

l’autorité

Au surplus, nous avons moins à changer les lois que les cœurs.

Le mal est en nous, dans nos idées et dans nos habitudes. Si la réforme ne commence par nous, elle ne réformera rien : le dedans fait le dehors, toute vraie renaissance est sortie de là.

il y a plus qu’une erreur, il y a de l’enfantillage à demander au droit de vote l’amélioration de la situation des femmes. L’Evangile seul tient ici comme partout les grandes solutions.

Les femmes veulent échapper à la frivolité, à la mondanité, elles veulent devenir autre chose que cet être futile et joli auquel on fait la cour, qui vit d’une vie élégante et vaine, exilé des saines régions, privé

des intérêts sérieux; l’Évangile lui donne sa place, car

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l’Evangile lui révèle son Ame, et met devant cette âme le devoir. Les femmes veulent étendre leur instruction, l’Évangile appelle et favorise tous les développements. Les femmes veulent s’associer aux idées et aux travaux de leurs maris, l’Évangile établit la vraie inti-

mité entre eux. Les femmes veulent abolir d’injustes exclusions quant au travail, l’Évangile seul vaincra les injustices. Les femmes ont à gémir sur l’immoralité • qui abaisse leur sexe, l’Evangile seul aura raison du vice et de la dégradation. Les femmes ont faim et soif de bonheur, l’Evangile leur donnera les tendresses élevées, les communes prières, les communes espérances, et cette intelligence de leur vocation, cet accroissement de la vie de famille en dehors desquels elles chercheraient vainement le progrès.

Ajoutons que si le cœur de l’homme demande à être remué et régénéré par l’Évangile, l’action de l’Évangile dans le cœur des femmes elles-mêmes n’est pas moins nécessaire au succès de leur cause. Chrétiennes, elles apprendront à aimer, à se dévouer; elles auront du courage; elles prendront leur mission par le grand côté qui est le côté vrai; leur rôle s’élargira dans la mesure de leur foi que pénétrera la charité.

Comparez un intérieur où tout est court, où tout est terne parce qu’il n’y a point de ciel, où les relations entre les parents et les enfants sont sèches, où

L’AUTORITÉ

•elles restent superficielles parce qu’il n’y a point d’inunorlel avenir, comparez-le avec ces familles bienheureuses que réchauffé la piété d’une femme croyante, aimante, qui voit par delà, qui espère par delà, qui met l’éternité dans toutes ses affections, qui saisit Dieu à travers tous ses devoirs, et dites s’il faut chercher ailleurs la suprême émancipation!

émancipation, le mot n’est pas trop grand pour la chose. Il s’agit de retrouver la femme telle que Dieu la créa pour l’achèvement de son œuvre; il s’agit de retrouver pour l’homme « cette aide semblable à lui » que Dieu lui donna dans son amour : autre et semblable, égale et dévouée; et la souveraine dignité de la femme, r’est d’accepter cet ordre divin.

Pas plus que la Dihle nous ne supprimons l’autorité de l’époux. L’Ecriture, admirable en cela comme en tout, établit à la fois l’égalité et l’autorité dans le ménage. L’égalité est proclamée à chaque page du Livre. Le mari et la femme, créatures immortelles, rachetés de Jésus-Christ, enfants du même Dieu, ont le même Père, le môme Sauveur, les mêmes espérances; ils possèdent la même éternité glorieuse, ils rencontrent les mêmes périls, ils supportent les mêmes douleurs, ils offrent les mêmes sacrifices; la femme, sur ce terrain sanglant, n’a pas plus reculé que nous. L’autorité se trouve non moins clairement

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affirmée par l’oracle divin; elle l’est en termes don! la netteté et la force nous étonnent : rappelez-vous ce chapitre de la première épître aux Corinthiens, où l’Apôtre déclare l’homme chef de la femme, où il invite celle-ci à voiler sa tète dans l’Eglise à cause des anges, et du rôle plein de réserve que Dieu lui a destiné !

Il faut remonter à l’histoire de la chute pour en tirer l’explication profonde et vraie de l’autorité de l’homme et de l’assujettissement de la femme

Avant la chute, la famille n’a qu’un maître, qui est Dieu. Faire la volonté de Dieu, c’est le devoir égal et commun de nos premiers parents. Après la chute parait l’organisation nouvelle de la famille : autorité du mari, subordination de la femme. Quand la chute aura été entièrement réparée, c’est-à-dire dans la vie éternelle, l’égalité complète reparaîtra.

Fait remarquable, la discipline paternelle tient bien plus de place que le châtiment dans les institutions qui modifient les rapports des époux bannis d’Eden. Voyez comme elles sont admirablement appropriées, d’un côté à la part que chacun a prise dans la chute, de l’autre au relèvement dont chacun avait besoin!

La chute a montré chez la femme cette prompti-

1. M. le pasleur Espérandieu l’a fait à Genève, dans une suite de «Uscours pleins de vues neuves, délicates et justes.

L’AUTORITÉ

tudc et cette hardiesse qui ne reculent pas devant la désobéissance; une discipline de soumission sera imposée à celle qui ne s’est pas soumise. L’homme a manqué d’énergie, il s’est effacé devant la responsabilité; une discipline d’autorité le contraindra de vouloir, de répondre pour sa famille et pour lui.

Longtemps, à l’exemple d’Adam, les théologiens ont durement rejeté le péché sur la femme. Plus d’un sermon — notons en passant les discours d’Adolphe Monod — a froissé dans le cœur féminin un sentiment instinctif de justice; plus d’une âme s’est irritée devant l’arrêt durement présenté, cruellement consenti par l’orgueil masculin, qui se serait apaisée, qui se serait joyeusement résignée devant la correction expliquée par l’humilité et par la charité fraternelles.

Pour apprécier le vrai caractère de l’autorité et de la soumission, il faut donc remonter au vrai caractère du point de départ. Alors et seulement alors on saisit la pensée divine, alors cl seulement alors on comprend cet immense amour qui toujours surmonte le mal par le bien.

Par la soumission, Ève apprendra l’obéissance qu’elle ignorait puisqu’elle s’est révoltée, puisqu’elle a poussé son mari à la révolte; par la soumission, elle apprendra la vie intime et cachée qui lui convient, puisqu’elle a cédé à l’orgueil ; par la soumission,

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d’autant plus touchante qu’il y a chez la femme plus d’énergie et de convictions fortes, Dieu permettra que ‘ la femme amène son mari à la foi.

Par l’autorité, Adam acquerra ces qualités que nous nommons viriles et que les femmes possèdent souvent plus que nous; par l’autorité, il luttera contre cette incurable faiblesse dont il a fait preuve en fléchissant devant la tentation. L’homme, qui craint la responsabilité, sera appelé à les accepter toutes; l’homme, qui calcule volontiers au lieu d’agir, sera contraint de se décider; celui qui a prononcé cette triste parole : La femme que tu m’as donnée ! sera forcé de prendre des résolutions et d’en porter le poids. L’humanité remontera les pentes, fortement aidée par la discipline de Dieu.

On a soutenu que l’autorité de l’époux ne saurait se maintenir, car elle n’est pas le résultat d’une résolution préalable du genre humain !

Cette théorie du contrat social est erronée ici comme partout. Si nous supprimions tout ce qui n’a pas été consenti, nous abolirions l’autorité des parents aussi bien que celle de l’époux. J’ajoute que le consentement donné au commencement du monde me parait avoir une médiocre valeur aujourd’hui; il ne serait pas difficile de soutenir que les femmes ayant fait des progrès dès lors, elles ne peuvent

L’AUTORITÉ

rosier liées par une loi volée il y a quatre mille ans!

La femme libre, j’y reviens, nous amènerait l’enfant. libre; les enfants, secouant le joug, prétendraient faire toutes leurs volontés sous prétexte qu’ils sont égaux à leurs parents, que leur nature intellectuelle et morale vaut celle du père et de la mère, et que s’ils se trompent quelquefois, leurs parents peuvent se tromper aussi!

Ne riez pas. Cette apparition de l’enfant libre n’estelle point un fait? Vous les avez rencontrés, ces jeunes êtres disgracieux, tranchants, prématurément corrompus, sans respect pour les personnes âgées, traitant leur père en camarade ! L’autorité leur a fait défaut, tout s’est écroulé. Au tond, une même tentative d’insurrection attaque la famille par les deux côtés : la mauvaise émancipation des femmes, la mauvaise émancipation des enfants.

On a prétendu que celte parole de l’Apôtre adressée aux femmes: « Soyez soumises à vos maris! » n’avait pas plus de valeur durable que cette autre parole adressée aux esclaves : « Soyez soumis à vos maîtres ! »

Oui, si le mariage était un lait transitoire comme l’esclavage !

Oui, si le mariage était un crime comme l’esclavage !

Oui, si la famille devait cesser sur la terre et si son

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existence n’exigeait pas un chef! Un chef, n’oubliez pas ceci, auquel l’Apôtre recommande l’amour, tout comme il recommande l’obéissance à la femme, établissant par là le vrai tempérament de l’autorité : l’unité morale devant Dieu.

Mais l’autorité du mari subsiste. A défaut de cette autorité-là, vous êtes obligé d’admettre de deux choses l’une, ou l’autorité de la femme, ou l’absence totale d’autorité.

L’autorité de la femme avec la soumission du mari ! Je vous délie d’envisager sérieusement un tel renversement des rôles *.

Quant à l'absence totale d’autorité, c’est le chaos. Ce chemin aussi bien que l’autre mène à l’absurde.

Ceux qui ébranlent follement le principe d’autorité oublient ceci : que l’autorité n’est pas moins nécessaire à celui qui obéit qu’à celui qui commande, et que, chaque fois qu’une autorité légitime s'affaiblit, nous nous affaiblissons tous.

; Diminuez l’autorité de Dieu, celle de la Bible; diminuez l’autorité de la conscience, celle du devoir; diminuez l’autorité des lois, celle des gouvernements; retranchez l’ordre, je veux dire l'autorité, dans une armée, à bord d’un vaisseau, dans un pays, dans la

1. Si la soumission pouvait jamais s’imposer à la force, il est permis de croire que la force n'en supporterait pas longtemps le joug et que la révolte deviendrait l'état normal.

L’AUTORITÉ

moindre commune, à l'instant tout fléchira, l'indépendance et la liberté y périront l’une comme l’autre, car l’une pas plus que l’autre ne se passe d’autorité.

Dans de telles conditions, la vie même devient impossible. Vous représentez-vous la famille sans tête, sans conducteur, sans personne qui prononce le mot décisif; chacun visant à cette autorité qui n’existe plus; nul n’obéissant et par conséquent nul n’étant obéi; la femme en révolte rencontrant devant elle des enfants en révolte, des domestiques en révolte; partout la lutte, partout des antagonismes, les affections partout refroidies et nulle part un terrain solide où prendre pied ! L’expérience, du reste, est faite depuis longtemps. Il n’en manque pas, de ces familles à la dérive, dépourvues d’autorité, privées d’obéissance, de ces familles dans lesquelles rien n’appuie parce que l ien ne résiste, types achevés d’impuissance et de mécontentement.

Dès que vous supprimez le chef, vous avez l’anarchie. Elle est dans les sentiments, dans les idées, dans l’éducation, dans le ménage, sur tous les points où viennent se heurter des tentatives de prépondérance contraire.

Eh bien, soit! se soumettre à un homme supérieur, on y consent ; mais à la médiocrité ! Je vaux mieux que lui, j’ai plus de bon sens, plus d’esprit de conduite, plus de conscience, j’y vois plus clair, et il me

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faudrait obéir! Mon mari va, vient, voyage, fait ce qu’il veut, comme il veut, et moi qui ai mes goûts, mes fatigues et mes ennuis, je ne pourrai ni soulager ceux-ci ni satisfaire ceux-là !

Que répondre? Qu’un grand principe, qu’un principe éminemment éducateur et sage a été posé par la Parole de Dieu ; qu’étant une conséquence de notre péché, il froisse nécessairement nos instincts naturels; qu’en le méconnaissant on arrive à des résultats monstrueux; que si l’homme abuse de sa position, ce n’est pas une raison pour la femme de se révolter contre la volonté divine ; et cela dit, ajouter que l’acceptation du devoir constitue ici comme partout la vraie dignité, la vraie grandeur, la vraie royauté.

La dignité du renoncement! C’est une de ces beautés qu’ont entrevues ceux qui cherchent à pratiquer l’Évangile. Les renoncements que Dieu demande n’abaissent pas, ils élèvent. Des injustices peuvent, s’accomplir, l’autorité maritale peut avoir ses excès; mais qui sait si la soumission patiente d’une femme, si les respects qu’elle garde, si les scrupules qu’elle apporte dans l’accomplissement de ses obligations particulières ne sont pas justement la conduite la plus propre à ramener le mari?

Cette soumission d’ailleurs n’est en aucune façon de la faiblesse. Il faut pour y arriver, au contraire, beaucoup de vigueur .Cette soumission-là suppose et

L’ AUTORITÉ

maintient l’égalité fondamentale. Autant la soumission servile et passive est ignoble, autant la soumission volontaire, acceptée, marchant avec l’indépendance de l’Ame, s’associant à la tendresse, se courbant sans s’abaisser, autant cette soumission-là suppose une énergie qui élève singulièrement le rôle de la femme. On s’est beaucoup trop représenté l’épouse modèle comme un souffre-douleur dépourvu d’initiative, comme une Griselidis plovée devant son maître, subissant sa loi, n’intervenant en rien. Cette vieille tradition vit plus aujourd’hui dans notre littérature que dans nos mœurs, cependant notre esprit en a gardé je ne sais quel souvenir aussi éloigné du vrai type féminin que pourrait l’être la femme électeur ou la femme avocat. L’épouse et la mère sont appelées à agir, car elles sont appelées à réaliser l’idéal dans la famille, or on ne réalise pas l’idéal sans vouloir et sans lutter. Combattre le mal, plaider les bonnes causes, avertir, reprendre au besoin, tel est le droit de la femme, bien plus, tel sera souvent son devoir; sa franchise fidèle ne se sépare en aucun cas de l’humilité, et jamais sa dignité n’aura rayonné d’un plus pur éclat que lorsque dans l’affection et la douceur on la verra ainsi dénoncer la justice et respecter l’autorité.

Au sein des bons ménages s’applique la maxime :

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Le roi règne et ne gouverne pas! L’époux règne, c’est le couple uni qui gouverne.

En effet, si l’autorité maritale décide en dernier ressort toutes les fois qu’on ne parvient pas à s’entendre, si elle se montre constamment comme manifestation des intérêts de la famille et comme direction générale de ses affaii ■es, l’unité se poursuit d’un môme cœur, nul ne reste exclu des grandes résolutions; la volonté du mari devient en quelque sorte l’expression de l’accord commun. Et cela n’ empêche pas l’autorité de rester debout. Et. l’autorité est tellement un principe d’ordre, qu’après l’avoir trouvé sur la terre dans la société et dans la famille, nous le retrouvons au ciel où les anges forment des hiérarchies ; nous le rencontrons au cœur môme de la Divinité, dans l’égalité parfaite de l’essence divine où apparaît la subordination du Fils.

l’influence

femmes qui s'insurgent contre l'autorité oublient la valeur de l’influence. L’influence de la lernine est certaine, immense, universelle; cette influence bonne ou mauvaise s’exercera-t-elle pour le bien ou pour le mal? voilà le point important.

La femme domeurc-l-elle l’être frivole que veut la tradition, la femme devient-elle l’être mercantile que crée notre siècle d’argent, condescend-elle à se faire l’être politique et peu féminin (pie cherchent à fabriquer certains réformateurs, cette influence sera fatale. Avec, la femme instruite, capable, aimante et chrétienne, au contraire, l’influence portera des fruits si beaux, qu’en fait de réforme elle ne laissera plus rien à désirer.

L’homme a l’autorité. Parle charme, par lapromp-

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litude intuitive, par la facilité d’élocution, par les délicatesses d’une conscience dont le frottement avec les affaires extérieures n’a pas usé les angles vifs, par l’existence plus recueillie, par un contact plus habituel avec les notions morales, par l’innocente finesse, par l’ardeur, par l’élan, par les tendresses qu’elles inspirent et qu’elles ressentent, par ce grand monopole de l’éducation qui leur appartiendra toujours, les femmes ont l’influence.

Dieu, qui a tout bien fait, a mis l’influence en face du pouvoir; et nous répétons après Vinci : « Si la femme est mécontente de son partage, j’ose dire qu’elle n’y entend rien ! »

Les hommes ont, il est vrai, promulgué les lois, ils ont écrit les livres, de là cet injuste amoindrissement de la mission féminine qu’on signale avec raison aujourd’hui. Mais ni les mœurs, ni les lois, ni les livres ne se font en dehors de l’influence des femmes; elles y travaillent sans le savoir; elles consentent encore plus qu’elles ne subissent.

Une nullité rachetée par des compliments! voilà ce (pii a été proclamé d’une part, et trop accepté de l’autre. C’est donc aux femmes qu’il appartient d’opérer la bonne émancipation des femmes, c’est à elles qu’il appartient de chercher le sérieux des occupations de la vie. Dès qu’elles le voudront réellement, «sitôt que toutes aspireront, à cette égalité qui réside dans

L’INFLUENCE

l’intimité conjugale, dans l’association croissante des pensées et des travaux, la révolution féminine du xix* siècle s’accomplira d’elle-mème.

Les hommes distingués, a-t-on dit, sont toujours les lils do leur mère; ajoutons, pour être justes, qu’ils sont les maris de leurs femmes. Un homme mal marié ne sera jamais complet. Par quoi remplacer cette tendresse, celte conscience en éveil, cette franchise aimante, ce cœur loyal et lidèle, res encouragements, cette atmosphère pénétrée de poésie et de vérité, cette énergie, cette douceur, tout ce pur, tout ce vivifiant Kden au milieu duquel notre être entier se dilate, se fortifie et s’ennoblit?

Où manque la femme avec ses aspirations au bien, avec ce besoin de perfection qu’elle sent pour ceux quelle aime, le mari et les enfants ne rencontrent plus que des complaisances funestes ou que d'hostiles

sincérités. La race des enfants gâtés et des brutaux se forme ainsi; ils n’ont pas connu l’être qui chérit, qui réchauffe, qui résiste en souriant, qui blâme en pleurant, qui soutient, qui console, toujours là, faible et fort, sérieux, gracieux, la vraie moitié de l’âme humaine !

Ce qu’il y a d’admirable dans le relèvement que les femmes ont raison de chercher pour elles-mêmes, c’est qu’il entraînera le relèvement des hommes. L’homme, en reléguant la femme dans la sphère des

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futilités, l’homme s’abaissait aussi ; il abaissait sa famille, son amour, sa vie morale, le cours de ses pensées, l’avenir de ses enfants; il abaissait jusqu’aux inspirations de la poésie; c’était une pauvre compensation de se réserver certains droits et d’accaparer les afîaii 'es. Dès l’instant où l’influence morale remportant sa victoire sur la force, le rôle de la femme remontera à son vrai niveau, tous les niveaux remonteront par le même fait. II y aura un progrès dans les études, dans les affections, dans les éducations, dans les familles, dans les bonheurs. La femme, en reprenant sa place, remettra l’homme à la sienne; l’idéal humain se relèvera pour tous.

Mais qu’elle ne sorte pas du sanctuaire! Lorsque la femme se mêle publiquement de la chose publique, elle se fêle en quelque sorte; la cloche ne rend plus un son juste et pur. Il faut que la femme placée en dehors du détail des affaires, interrogée comme les Gaulois interrogeaient les druidesses, juge au moyen de ce don admirable qu’elle a reçu de Dieu : le don d’intuition. C’est ainsi, non autrement, qu’elle exercera sur la chose publique une influence droite et généreuse, une influence bénie, considérable, et dont on ne se passerait pas impunément. Quand les femmes auront concentré sur l’amélioration de la vie de famille les efforts qu’elles perdent à la poursuite d’un rôle politique, les hommes, retenus au foyer par ce

L’INFLUENCE

charme nouveau, sentiront se resserrer les liens de l’union; l’association des idées naîtra, le cercle étroit de l’existence féminine s’élargira, une forte, une saine action s’exercera; les affaires publiques n’y échapperont pas plus que le reste, et les femmes voteront alors comme elles doivent voter, très-modestement, mais très-réellement. .

Ne font-elles point fait? Qui serait assez naïf pour croire que jusqu’ici les femmes n'ont pas voté? Elles ont voté de la bonne manière, par l’influence discrète et cachée. 11 y a bien plus de votes féminins qu’on ne l’imagine au fond de nos scrutins. Soyez tranquilles, les urnes électorales en renfermeront davantage encore, lorsque l’Évangile, pleinement reçu, aura réalisé entre les époux devenus chrétiens les miracles d’une intimité véritable et sanctifiée.

Vous qui, au nom des femmes, demandez la moitié des votes, vous n’oubliez qu'une chose, c’est que les femmes sont épouses, qu’elles sont mères et qu’elles élèvent la totalité du genre humain! Au lieu de ces éducations relâchées ou livrées à des mains étrangères trop usitées aujourd’hui, que les femmes ressaisissent les rênes, qu’elles reprennent possession de leurs enfants, qu’elles se consacrent à eux, qu’elles leur enseignent le respect, l’obéissance, le devoir, qu’elles obtiennent du père son action directe sur ses lils et sur ses tilles, que dans la maison règne la foi,

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que le Seigneur Jésus y soit aimé, qu’on y serve Dieu, qu’on prie, qu’on sente la valeur des âmes, qu’on jouisse d’un bonheur élevé, et les femmes, j’ose l’affirmer, feront mieux que gouverner le monde, elles le sauveront.

Il y a des hommes grossiers, je le sais; il y a des vies détraquées, il y a des existences et des caractères ipie détruisent les cafés et les cabarets. Le club, qui supprime la vie de famille, règne en maître dans plus d’un pays; la mode — et les honnêtes femmes y ont pris peine' — entoure les femmes déshonnêtes d’une sorte d’auréole qui éblouit; le vice défait les ménages et brise les cœurs. Nos émancipatrices s’inquiètent fort peu.de cela; on dirait que le droit de suffrage répond à tout, suffît à tout, réformera tout !

* Ici encore nous en appelons à l’influence; elle seule peut rendre le logis attrayant, le foyer intime et doux, la modestie plus séduisante que l’effronterie; elle seule a la clef d’or, la clef de la bonne vie, de la belle vie, de l’idéal par les pures amours.

Et ne venez pas dire que préoccupé de la situation normale, le mariage, j’oublie ou je méconnaisse la vocation des femmes célibataires! La femme qui ne s’est pas mariée parce qu’elle avait le cœur haut placé et que ce cœur n’a pas rencontré ce qu’il cherchait; la femme qui ne s’est pas mariée parce que, noble-

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mont loyale, elle n’a pas voulu livrer sa main sans donner ses affections ; la femme qui ne s’esf pas mariée parce que les exigences d’un père, parce que la pauvreté peut-être, parce qu’un devoir de consécration l’ont enchaînée, cette femme a sa mission, n’en doutez nullement : elle exercera son influence, large, directe rt bénie. Voyez l’action de la sœur sur les frères, de la fille sur le père, de l’Ame sympathique sur les amis! Voyez le long cortège des misères et des souffrances, comme il connaît le chemin de ce logis, comme il y rencontre des compassions et des larmes, comme il y trouve ce que ne lui donneraient pas des maisons mieux ensoleillées ou des cœurs plus heureux. Allez, ni cette vie-là ne s’est rétrécie, ni ce cœur ne s’est refroidi, ni cette intelligence ne s’est appauvrie; si tout a souffert, tout a grandi !

Ne dites pas que la jeunesse et que la beauté seules exercent l’influence. La mission de la femme, telle <pic Dieu l’a faite, telle que certains réformateurs voudraient aujourd’hui la défaire, est si grande, qu’elle se maintient absolument indépendante de la jeunesse et de la beauté. Elle a des sources plus profondes. Ne le connaissez-vous point, ce charme de la femme dépourvue d’éclat, mais qu’illumine la flamme intérieure? ne le connaissez-vous point, ce charme de la femme Agée, éternellement naïve et jeune? Ne vous êtes-vous pas senti touché, enlacé? N’avez-vous point

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